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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 01:00

La liberté et la démocratie ne sont pas des abstractions. Ce sont des réalités vécues 
au quotidien.

♦ Les Suisses ont une égale liberté de choisir ce que la Suisse doit faire, lorsqu’ils
 participent aux référendums régulièrement organisés. Le 9 février, ils ont eu à se 
prononcer sur l’immigration. Les Français n’osent même pas en rêver. 

La France ressemble de plus en plus au « nouveau despotisme » décrit dans 
De la démocratie en Amérique : « Une foule innombrables d’hommes semblables 
et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits 
et vulgaires plaisirs… Au-dessus…un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul 
d’assurer leur jouissance.
 (*) »


La confusion généralisée entre les sexes, les cultures, le citoyen et l’étranger efface les identités tandis que la dépense publique asphyxie le corps social et que les libertés fondamentales de penser, de s’exprimer, de circuler, d’enseigner sont écornées jour après jour.

Alexis de Tocqueville par Théodore Chassériau (1850)

Alexis de Tocqueville par Théodore Chassériau (1850)

La vraie démocratie repose sur la liberté de personnes capables de faire des choix rationnels à chaque niveau de subsidiarité, de la commune à l’État en sachant s’abstraire de toute préoccupation individualiste ou communautaire pour ne retenir que l’intérêt général ou, mieux, le bien commun.

Ces personnes ne peuvent être des individus égoïstes, ni des « ego » sartriens, détachés de tout et capables du pire. Inscrits dans une famille, dans une nation, ils doivent pouvoir adhérer à la formule de Montesquieu : « Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime.(**) »

Seules des nations formées de ces citoyens responsables sont également libres de conduire leur destin, si elles demeurent souveraines, et non soumises à des oligarchies technocratiques.

Aux deux niveaux, de l’individu comme de l’État, l’identité fonde la liberté, parce qu’elle dessine les limites : celle de la personne qui s’accepte et s’affirme pour ce qu’elle est, celle de l’État à l’intérieur de ses frontières. La liberté de l’homme ne peut être sans limite, fondée sur la transgression des traditions ou de la nature. La liberté d’une nation, de même, a besoin de frontières qui garantissent son autonomie comme celle de ses voisins. Jean-Louis de Lolme disait que le Parlement britannique pouvait tout faire, sauf changer une femme en homme. La folie actuelle envisage que des lois puissent autoriser de satisfaire le fantasme du changement de sexe. Mais on ne sait plus très bien quel Parlement le décidera, ni qui il représentera, ni à quel groupe de pression il sera soumis. 

Portrait de Montequieu dans sa trente-neuvième année. Portrait anonyme (chateau de Versailles)

Portrait de Montequieu dans sa trente-neuvième année. Portrait anonyme (chateau de Versailles)

La démesure, l’hybris des Grecs, détruit la liberté par les deux bouts : en bas, l’individu déresponsabilisé, ivre de droits et ignorant de ses devoirs, en haut, la tyrannie exercée par une caste agrippée au pouvoir et à ses privilèges, démagogue et dénuée de courage.

La perte de l’identité, celle de la personne, celle de la nation, dissout le lien entre un citoyen structuré et une démocratie nationale forte : à la place de la première règne l’individu qui « s’éclate » en émotions, en pulsions justificatives, en besoins immédiats ; la disparition du sentiment d’appartenance à la seconde fait s’évaporer le patriotisme dans d’absurdes engagements dans des idéologies du lointain.

La liberté et la démocratie ne sont pas des abstractions. Ce sont des réalités vécues au quotidien, et qui ne peuvent l’être que par des acteurs en chair et en os, qui affirment ce qu’ils sont, comme ils reconnaissent l’identité des autres, ce qui est le plus sûr moyen de la réciprocité et de l’échange.

 Christian Vanneste
13/02/2014

Notes :

(*) Alexis de Tocqueville, Démocratie comme despotisme, extrait de De la Démocratie en Amérique, vol II (Quatrième Partie : Chapitre VI) (1840)
(**) Montesquieu, Pensées diverses, Portrait de Montesquieu par lui-même.)

Source : Boulevard Voltaire

Correspondance Polémia – http://www.polemia.com/la-france-ce-nouveau-despotisme-ou-la-democratie-totalitaire/

Image : La Brède est le domaine où naquit Montesquieu et où il séjourna régulièrement.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique