Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : CITOYENS ET FRANCAIS
  • CITOYENS ET FRANCAIS
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Société Emploi Economie Géostratégie-INTERNATIONAL PRESS REVIEW ------ ОБЗОР МЕЖДУНАРОДНОЙ ПРЕССЫ
  • Contact

Rechercher

translator


 

En direct Flux de trafic

Flag Counter

mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 23:32

[extraits choisis] L’incroyable virulence d’une frange significative des partisans du multiculturalisme et leur fanatisme idéologique en dit beaucoup sur la singularité de la doctrine à laquelle ils adhèrent.

Les idéologues du multiculturalisme ont l’insulte facile et diabolisent aisément ceux qui ne partagent pas leur vision du progrès. Convaincus de porter une cause absolument juste, ils n’hésitent pas à jouer du «qui n’est pas avec nous est contre nous» et à transformer la politique en croisade qui doit conduire à la défaite complète de leurs adversaires.

Leur fanatisme est d’autant plus dangereux qu’il prétend s’avancer sous l’étendard de la vertu.

(…) Le multiculturalisme repose sur une révélation, ou si on préfère, sur une vérité révélée : l’heure serait venue, dans les sociétés occidentales, de «l’ouverture à l’autre» s’accompagnant de la reconnaissance du «droit à la différence».

Étrange slogan qui en est venu à dominer la politique contemporaine et qui  ne tolère pas la discussion ou l’examen tant il se présente comme la plus évidente de toute les évidences.

Cette révélation devrait changer intérieurement les êtres qui ont illuminés par elle (ils devraient désormais «accueillir la différence») et changer les sociétés qui devraient se transformer profondément en poussant le plus loin la «valorisation de la diversité».

Mais qui est «l’autre» ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette «ouverture à l’autre», ce slogan qu’il suffit trop souvent de répéter pour se donner l’impression de réfléchir tout en s’installant bien confortablement dans le camp du bien ?

Cette révélation apparait dans la deuxième moitié des années 1960, quand la civilisation occidentale commence à développer une profonde crise de confiance (…). Elle clive profondément l’histoire entre un «avant» et un «après». Avant elle, les sociétés occidentales auraient été caractérisées par la discrimination, la xénophobie, le racisme et plus largement, par l’intolérance.

Cette révélation distingue ceux qui ont été illuminés par elle et ceux qui sont encore dans les ténèbres. On travaillera alors à les convertir (d’où l’importance de «l’éducation à la diversité») ou à les combattre (il s’agit alors de les stigmatiser socialement).

C’est ainsi que la grande alternative politico-idéologique que le multiculturalisme propose a une portée religieuse.

Nous devrions passer d’une vision de l’être humain à une autre, et le multiculturalisme n’est pas étranger à la mystique de l’homme nouveau, que l’on définira comme l’homme sans préjugés, délivré de toute appartenance historico-culturelle particulière, et prêt à s’ouvrir à toutes les différences, quelles qu’elles soient.

Il s’agit alors de se délivrer du mal, que l’on nommera désormais «intolérance», terme vaste et imprécis et couvrant un territoire de plus en plus vaste, comme en témoigne la multiplication des «phobies», mais servant généralement à désigner toute opposition au multiculturalisme.

Le multiculturalisme conduit ainsi à une société segmentée qui perçoit de moins en moins ce qu’elle a en commun, sinon une «culture des droits», qui se réduit finalement au culte de la diversité pour elle-même. (…)

L’excommunication multiculturaliste

La société parfaite ne tolère par ses contradicteurs, évidemment, et ceux qui se croient en possession de la vérité quant à la définition du progrès endurent bien mal l’idée qu’on puisse exprimer publiquement un désaccord avec eux. (…)

Car comment peut-on sérieusement s’opposer à l’idéal enfin révélé d’une société réconciliant parfaitement l’humanité dans sa diversité et son unité?

Si le multiculturalisme représente un progrès dans l’histoire humaine, comment peut-on s’y opposer sans témoigner de sombres pensées ou de troubles inclinaisons?

L’opposition au multiculturalisme s’expliquera alors par le dérèglement psychiatrique (par exemple, la «peur de la différence») ou par un dérèglement sociologique (par exemple une société en crise cherchant chez «l’autre» un bouc-émissaire à persécuter).

Il ne faut pas oublier non plus ceux qui seraient simplement de mauvais humains, animés comme on dit souvent, par la «haine de l’autre».

Dans tous les cas, la contradiction en profondeur du multiculturalisme est irrecevable.

 

On pourrait en nommer d’autres, évidemment. Mais on ne les entendra pas : on invite plutôt à se méfier d’eux, en cherchant à mettre en lumière les sentiments haineux qui les animeraient.

Il n’est pas permis de remettre en question la révélation multiculturaliste et le dogme qui la consigne politiquement.

Ceux qui le feront seront considérés comme de dangereux personnages, animés par des sentiments et des émotions condamnables, dont la simple présence dans la cité et l’espace public témoignerait du fait qu’il resterait «beaucoup de chemin à faire» sur la voie de l’acceptation universelle des différences.

Les idéologues du multiculturalisme reconstituent ainsi un «nous» et un «eux» infiniment plus dangereux que celui naissant des frontières nationales et culturelles (…) : le «nous» et le «eux» des multiculturalistes distingue ceux qui auraient été illuminés par sa révélation et les autres.

C’est le «nous» du parti de l’inclusion, qui prétend avoir le monopole de l’humanité de l’ouverture, et le «eux» du parti de l’intolérance, ce qui donne au premier le droit d’exclure du débat public le second, en l’accusant d’œuvrer contre l’humanité.

Il s’agira d’exclure les douteurs hors de l’espace public à travers de sophistiquées et brutales méthodes d’excommunication. On les censurera implicitement ou explicitement ou alors, on ne parlera d’eux qu’en leur associant les pires étiquettes, comme s’il fallait régulièrement prévenir la population de la présence du démon de l’intolérance dans la cité, pour éviter qu’il ne les contamine. (…)

On accusera ainsi régulièrement de racisme ceux qui critiquent le multiculturalisme, ce qui peut même sembler relever de l’exorcisme, le vocabulaire utilisé pour en parler faisant régulièrement référence aux odeurs «nauséabondes» qu’ils dégageraient, comme s’ils puisaient dans les passions les plus basses et les plus honteuses du genre humain.

L’idéologie multiculturaliste suspectera particulièrement ceux qui entendent fonder l’identité nationale sur l’histoire. (…) L’histoire est dangereuse, parce qu’en cherchant à tisser un lien fructueux entre le passé et le présent, on chercherait à faire survivre dans la société multiculturelle des formes identitaires et des valeurs qui n’auraient pas été filtrés par la révélation diversitaire.

Dans la perspective multiculturaliste, la seule manière d’évoquer l’histoire consistera à la présenter comme un musée des horreurs, en racontent la lutte pour l’émancipation des différentes «minorités» exclues jusqu’à tout récemment du «nous».

Si le multiculturalisme tolère et valorise la diversité des styles de vie, il ne tolère pas la diversité des opinions politiques en ce qui a trait à ses principes fondamentaux.

S’il peut envisager qu’on applique avec des nuances distinctes son programme, il ne tolère pas qu’on examine et qu’on critique en elle-même la révélation sur laquelle il repose.

La démocratie cause problème, évidemment, dans la mesure où elle repose justement sur la valorisation de la pluralité des points de vue sur la chose commune. Mais surtout, la démocratie cause problème parce qu’elle repose sur la souveraineté populaire. Cette dernière ne masquerait-elle pas tout bonnement la «tyrannie de la majorité»? De ce point de vue, il faudrait s’en déprendre le plus complètement possible.

On favorisera donc le développement du gouvernement des juges à la manière d’un despotisme éclairé, gardien du consensus multiculturaliste.

Quant au peuple, il devra être "rééduqué" par de grandes campagnes de sensibilisation visant à développer chez lui un «nouveau rapport à la diversité».

Car on constate régulièrement, évidemment, que la majorité de la population exprime de profondes réserves envers une idéologie politique en train de devenir religion d’État.

Le multiculturalisme contre l’identité nationale

On comprend donc une chose : les idéologues du multiculturalisme ne veulent pas seulement approfondir et étendre le sens de l’hospitalité occidentale, mais ils veulent abolir l’idée de société d’accueil, à moins de réduire celle-ci à de simples règles de droit universellement valables et seulement bonnes à encadrer la libre expression de la diversité.

L’idée qu’une citoyenneté soit liée à un substrat historico-culturel leur est absolument intolérable.

Ils ne veulent pas seulement que l’intégration des nouveaux arrivants soit facilitée par des mesures conciliatrices : ils veulent inverser le devoir d’intégration en vidant la citoyenneté de sa charge historique pour mieux réduire la communauté politique à un ensemble de principes abstraits, généralement associés à la «philosophie des droits».

Ce que les idéologues du multiculturalisme rejettent, fondamentalement, c’est l’idée qu’un «nous» historique et culturellement consistant soit fondateur d’une communauté politique. Et que les nouveaux arrivants doivent en prendre le pli pour s’y intégrer.

La citoyenneté devrait plutôt se recomposer en s’extrayant de l’identité nationale – elle devrait, à plusieurs égards, se dénationaliser. C’est un programme sans fin, bien évidemment, qui ne tolère pas les compromis historiques et qui cherche toujours à pousser plus loin la valorisation de la «diversité».

Derrière l’idée d’une culture substantielle, les idéologues du multiculturalisme croient généralement repérer le racisme, comme si la seule alternative possible était entre une citoyenneté fondée sur les droits de l’homme et une citoyenneté fondée sur la race.

Ils oublient, ou feignent d’oublier, que le génie de la culture, c’est qu’elle est une réalité historique et sociologique. (…)

Un piège idéologique

Le multiculturalisme désire donc refonder l’État sur de nouvelles croyances collectives et contraindre la société à s’y convertir. Le multiculturalisme instaure un nouveau régime politique avec une religion d’État. De ce point de vue, nous sommes parfaitement en droit de parler du multiculturalisme de droit divin.

Nous sommes en droit de nous demander ce qui peut survivre de la démocratie dans une société où une foi conquérante transforme de plus en plus notre rapport à l’État.(…)

Évidemment, dans la société contemporaine, qui valorise la courtoisie et le dialogue, plusieurs sont piégés par leurs bons sentiments. Ils ne voient jamais les «demandes d’accommodement» que de manière individuelle, sans comprendre qu’elles ont souvent une signification politique.

Ils s’imaginent qu’il suffit de faire preuve d’un peu de bon «voisinage» ou de bonne foi pour résoudre les problèmes qu’elles pourraient soulever.

Il y en a d’autres qui se laissent tout simplement intimider par le politiquement correct qui met en place un dispositif inhibiteur. Ils sont conscients que leur bonne réputation médiatique ou professionnelle peut souffrir d’une dissidence trop affichée avec la nouvelle foi. Ils préfèrent donc se taire et afficher un cosmopolitisme sophistiqué de bon aloi qui est garant de bonne compagnie mondaine.

(…) L’idée qu’un pays ne se laisse pas exclusivement définir comme un espace juridique ou comme un espace administratif ne fait finalement scandale que chez ceux qui refusent l’idée même de pays, et qui n’ont plus une idée de la profondeur de chaque culture par lesquelles s’exprime la diversité humaine.

Si l’hospitalité est une valeur fondamentale, elle suppose quand même la reconnaissance des us et des coutumes de la société d’accueil. Sa culture ne saurait être qu’une culture parmi d’autres dans un grand bazar.(…)

Le multiculturalisme n’a aucunement le monopole de l’hospitalité, de l’ouverture, de l’universalité ou de la tolérance. Il en propose une vision déformée qui déstructure progressivement les conditions mêmes d’une vie en commun dans la cité.

Si on veut répondre au multiculturalisme, il faudra éviter de se contenter de réponses strictement gestionnaires et timorées. Et s’opposer clairement à la vision de la société et de l’expérience historique occidentale qu’il met en avant. 

Cela implique de renouer avec une conception plus riche et plus nuancée de l’histoire de la civilisation occidentale (…)

Cela implique d’en revenir à l’État-nation, qui en est le fondement indispensable et qui associe intimement la citoyenneté démocratique et l’identité nationale.(…)

blogues.journaldemontreal.com

source

Partager cet article

Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Immigration