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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 01:53

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Sans tambour ni trompette, les autorités sanitaires ont annoncé, par un bref communiqué du ministère de la santé, jeudi 9 janvier, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France du Sativex, décidée la veille par l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM).

Certes, il n’est de coutume de communiquer sur une AMM. Mais ce spray buccal est un rien particulier. Il est fabriqué à base de cannabis. Une plante bannie de la pharmacopée française en 1953. Un tabou est brisé. L’utilisation sera cependant extrêmement restreinte.

 

C’est une première en France, où jamais un médicament à base de cannabis n’a été commercialisé. « Il ne s’agit pas de légalisation du cannabis thérapeutique », insiste le ministère de la santé, juste d’une autorisation accordée à un médicament. Utiliser la plante dans des préparations magistrales reste interdit, tout comme fumer de l’herbe pour soulager des douleurs, ou à usage récréatif.

 

« C’est une bonne nouvelle pour les patients français qui étaient quasiment les derniers en Europe à ne pas pouvoir bénéficier du Sativex, se réjouit Christophe Vandeputte, le patron France du laboratoire Almirall qui commercialise le Sativex en Europe. Cette AMM est l’aboutissement de trois ans de discussions. C’était un dossier délicat dans un environnement explosif, mais l’issue est très positive ».

 EN VENTE EN PHARMACIE


 

 


 

Pour les renouvellements, entre deux rendez-vous de suivi à l’hôpital, le patient pourra se tourner vers son généraliste. Une bonne formule pour ces patients qui ont souvent du mal à se déplacer.

Pour la distribution, ils pourront pour les mêmes raisons se procurer le Sativex dans les pharmacies de ville, et non pas dans celles des hôpitaux – la question s’était posée. Les pharmaciens vont cependant devoir s’organiser, car le produit doit être conservé au frais, mais aussi, comme tout médicament à base de stupéfiants, en coffre.

 

 

Le risque de détournement à usage récréatif paraît limité. Le cannabis arrivant plus vite dans le sang s’il est fumé que par spray, le Sativex n’est pas intéressant pour les amateurs de joints.

Cette autorisation offre un espoir nouveau pour les patients. « Cela apporte enfin une solution à ceux qui ne répondaient aux traitements existants et dont les symptômes altèrent la vie de manière importante, estime Patrick Vermersch, neurologue au CHRU de Lille, qui a suivi une vingtaine de patients dans le cadre des essais sur le Sativex. Mais il faudra être vigilant sur les effets psychologiques du médicament, sur des malades déjà fragiles. »

 

LE PRODUIT AUTORISÉ DANS 17 PAYS D’EUROPE  

 

C’est en juin 2013 que la ministre de la santé Marisol Touraine, par décret, avait ouvert la possibilité que les laboratoires sollicitent une demande de commercialisation de médicaments dérivés du cannabis. Elle y tenait, mais la France subissait aussi la pression d’un recours devant le Conseil d’Etat, saisi par le distributeur dont le produit est déjà autorisé dans 17 pays d’Europe.

Lire aussi : L’un des spécialistes anti-drogues les plus connus appelle à la légalisation de la marijuana!

Une fois la volonté politique affichée, les choses sont allées vite. Almirall ne pense cependant pas lancer son Sativex avant début 2015, car l’AMM n’est qu’une première étape. Il doit maintenant soumettre le dossier à la Haute autorité de santé et au Comité économique des produits de santé pour discuter du prix de son médicament et des modalités de son remboursement. « En moyenne en Europe, le traitement coûte entre 400 et 440 euros par an », indique son directeur.

 

Le médicament est remboursé dans la quasi totalité des pays où il est autorisé. Pour l’heure, aucun autre laboratoire n’a déposé de dossier de demande d’AMM.

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Santé - Science