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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 01:50

Un vieil homme riche, très riche, a déclaré publiquement : « Nous ne pouvons pas faire de distinction entre les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »

Beaucoup de gens ont dit que ces propos méprisent les femmes, et c’est très vrai. Ce vieil homme riche est pauvre en respect d’autrui.

Ce vieil homme riche croit qu’on peut « louer son ventre » comme on louerait un appartement ou un véhicule. Il croit que le ventre d’une personne est un objet à louer. Il parle comme si louer son corps faisait partie des « libertés ». Il n’a pas compris que c’est tout le contraire : ne pas pouvoir garder son corps pour sa propre vie, pour son propre amour, pour son propre enfant, voilà l’esclavage. A tous les moments de l’histoire et dans toutes les cultures, ce que perd avant tout l’esclave, c’est son corps. Ce vieil homme riche est pauvre en humanité : il est pour l’esclavage.

Ce vieil homme riche met la GPA parmi « les libertés », parmi « les droits ». Les libertés de qui ? Les droits de qui ? Bien évidemment, les libertés de ceux qui ont de l’argent, les droits de ceux qui pourront payer, pas les droits des femmes qui seront trop pauvres pour garder leur ventre pour leur propre enfant. Ce vieil homme riche est sans complexe : il est pour les riches, contre les pauvres ; il est pour les maîtres, contre les esclaves. Vingt siècles de christianisme et deux siècles de mouvement ouvrier ont parfois donné aux riches une certaine mauvaise conscience. Ce vieil homme-là est un intéressant spécimen de riche décomplexé.

Ce vieil homme riche revendique la GPA. Dans GPA, il y a « gestation ». Ce vieil homme riche ne s’intéresse pas beaucoup aux mots. A-t-il remarqué qu’on ne dit « gestation » que pour les animaux ? A-t-il remarqué qu’il emploie des expressions rabaissant les femmes au rang des animaux ? A-t-il remarqué que le vocabulaire de la naissance, comme par hasard, n’est pas le même pour les êtres humains et pour les animaux ? On dit d’une jument qu’elle met bas. On dit d’une femme qu’elle accouche, qu’elle enfante, qu’elle donne le jour, la naissance, la vie à un enfant. Riche, très riche, ce vieil homme-là est pauvre en vocabulaire.

Ce vieil homme riche méprise les ouvriers tout autant qu’il méprise les femmes. C’est même pour cela qu’il les compare. Il les enferme dans un même mépris, dans une même incompréhension. Cela, on ne l’a pas assez vu, parce qu’on était déjà scandalisé – à juste titre – par l’injure faite aux femmes. Or, contrairement à ce que dit ce vieil homme riche, un ouvrier ne « loue » pas « ses bras » ; il ne loue d’ailleurs aucune partie de son corps ; il ne loue pas son corps. Un ouvrier travaille, il transforme de la matière, il produit de la valeur, de la richesse, de l’utilité sociale. Il réalise quelque chose, quelque chose d’objectif, quelque chose de distinct de lui, de distinct de son corps. C’est pour cela qu’il mérite rétribution, et c’est pour cela que son corps ne cesse pas de lui appartenir. On ne le rétribue pas pour son corps, mais pour son travail. C’est très différent, cher Monsieur qui êtes si riche. C’est dans tous les manuels élémentaires de philosophie.

Frères humains, accourez ! Venez, venez, citoyennes et citoyens ! Plaignons ensemble ce vieil homme si riche et si pauvre ! Il est assez riche pour manipuler un journal qui nous dira ce qu’il faut penser ; mais il ne l’est pas assez pour exprimer lui-même une pensée digne de ce nom. Il est assez riche pour payer une soirée clinquante, où des people diront au peuple quelles sont les idées obligatoires ; mais il ne l’est pas assez pour se rendre compte que la sagesse populaire, en accord avec celle des philosophes de tous les temps, ne confond pas l’animal avec l’être humain, ni l’esclavage avec la liberté, ni l’oppression avec le droit, ni la prostitution avec le travail, ni la décadence avec le progrès, ni la régression sociale avec l’émancipation des individus.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Retraites