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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 02:12

mcdo34

 

"I'm loving it", c'est seulement pour les clients : les salariés, eux, ont droit à un boulot ingrat payé au lance-pierres. Du coup, les petites vengeances personnelles sont légions...

Ah, les joies d'être étudiant : aucune ressource, le petit plaisir de sauter les repas à la fin du mois, et les retraits de 10 euros au distributeur. Comme beaucoup de jeunes fauchés, j'ai dû recourir à des petits boulots. J'ai surtout travaillé comme serveur, et ma principale expérience a eu lieu dans un McDonalds franchisé de l'ouest de la France où je suis resté deux ans.

Deux ans chez McDo, c'est connaitre par cœur le fonctionnement de l'enseigne, en connaitre la politique, les enjeux, les intérets... Et il y a beaucoup à raconter.

S'il y a une longue liste de points négatifs à bosser dans un fast-food, il y a aussi quelques avantages. Le premier qui me vient à l'esprit, c'est cette possibilité extraordinaire de rencontrer une cinquantaine de personnes de ta ville, de ton âge, qui vivent le plus souvent dans les mêmes conditions que toi. Evidemment, le turn-over est important : impossible de se souvenir de tous ces visages croisés quelques semaines, quelques jours, parfois un seulaprès-midi.

Derrière ça, il y a le noyau dur : les managers, et quelques équipiers qui font figure d'anciens parce qu'ils ont tenus plus de 3 mois. Ceux-là font toutes leurs soirées ensemble, couchent ensemble, déconnent ensemble. Et parlent tout le temps de McDo : les quelques choses qui leur y plaisent, et tout ce qu'ils y haïssent. 

La malice étant une notion assez répandue chez les étudiants, il n'est pas rare d'assister à du grand n'importe quoi quand on bosse chez McDonalds. 

Certes, ces restaurants restent parmi les plus propres et hygiéniques du monde, là dessus pas de problème. En revanche, les fortes têtes peuvent vraiment s'y donner à cœur-joie : voici le pire de ce que j'ai vu quand j'ai travaillé chez McDonalds.

  

1. Cracher dans les salades

 

 

Chez McDonalds, il n'est pas rare d'être appelé par un manager en fin d'après-midi : "Il me manque deux personnes, tu peux faire la close ?". Et l'employé, qui se voit empocher 5 heures de SMIC supplémentaires, d'arriver dans son uniforme ridicule moins de 60 minutes plus tard.

L'inverse n'est pas valable : il vaut mieux ne pas planter McDonalds au dernier moment, parce que la fille qui s'occupe des plannings se fera un plaisir de vous mettre en livraison chaque semaine le mois suivant (les livraisons ont lieu à 5 heures du matin et consistent à porter des produits d'environ 30 kilos d'un camion aux réserves du restaurant).

Respecter le planning, donc. Pourtant, il y a des cas de forces majeures, et ce matin en était un puisque j'avais une grippe et 39,3° de fièvre.

Appel au restaurant au réveil : "Non, tu viens, il n'est pas question de changer le planning".

Je vais donc faire mon ouverture de forte mauvaise humeur : les McMornings sont servis en nage, le nettoyage de la salle est un calvaire... Puis vient le moment de faire les salades.

Là, je n'ai pas pensé aux clients mais au manager qui m'avait forcé à venir : à chaque éternuement, je dirigeais ostensiblement ma bouche en direction des 6 pots de salade que je concoctais. Sous ses yeux. Et dans ces moments-là, on a tendance à en faire plus que pas assez (zéro lavage main dans la journée).

Le manager n'a jamais signalé mon comportement. Aucun client ne s'est plaint par la suite.

 

 

2. Servir de la nourriture sortie de la poubelle

 

 

On est samedi, il est 00h45, le restaurant ferme dans 15 minutes. C'est toujours à ce moment qu'un groupe de jeunes arrive, visiblement saouls, pour passer une commande frôlant les 100 euros.

En plus d'être ivres, ceux-là étaient particulièrement impolis, et ils ont eu le malheur de commander une boite de 20 Nuggets. Ces batonnets de poulets mettent 4 minutes à cuire, et le manager, qui avait commencé à nettoyer sa cuisine, avait jeté les derniers à la poubelle.

Dieu merci, aucun produit voyant ne les avaient recouverts : ni sauce, ni graisse. Au milieu des morceaux de poulets, il n'y avait que des emballages vides, quelques sopalins sales, et des restes de salades/tomates.

Je suis en train d'assembler les frites des clients : le manager sort sous mes yeux les nuggets de la poubelle pour ne pas avoir à replonger (et salir) son bac à huile. Il me lance un sourire complice, j'explose de rire : la malice est totale.

  

3. Se défoncer dans la salle équipiers

 

 

Pas facile tous les jours de bosser jusqu'à 12 heures debout à surveiller l'heure en haut à droite des tickets de carte bleue.

Beaucoup d'équipiers avaient l'habitude de fumer un pétard avant de se rendre au travail : ça ne se voit pas (la casquette masque les yeux), et ça permet de ne pas trop sentir le temps passer.

Un autre usage s'était installé au moment de la close : lorsque le restaurant ferme ses portes, les équipiers le nettoient de fond en comble pendant que le manager est très concentré à compter les caisses.

Le moment idéal pour descendre dans la salle équipiers et fumer un bang, pratique quotidienne de plusieurs employés dans le restaurant où je travaillais.

Amateur de cannabis, un manager n'avait, lui, rien contre faire tourner un joint dans le restaurant après le travail, lorsqu'on s'asseoit pour la première fois depuis plusieurs heures.

Autre fait lié à la jeunesse des employés de McDonalds : il n'est pas rare que les soirées se terminent tard. Il y a ceux qui ont fait la close et qui ne travaillent pas le lendemain matin, et ceux qui vont faire l'ouverture du restaurant.

Il n'est pas rare que l'employée peu bavarde qui vous sert le café à 9h du matin sorte d'une nuit blanche et dépasse largement le taux d'alcoolémie accepté socialement à cette heure de la journée.

 

4. Voler de la bouffe (et plein d'autres choses)

 

 

Les managers ont souvent une belle histoire à vous raconter : un jour, un SDF a volé de la nourriture dans une poubelle appartenant à McDonalds. Il est tombé malade, a attaqué l'enseigne en justice, et a remporté le procès.

C'est depuis qu'on mettrait des verrous aux poubelles ou qu'on les aspergeraient d'un produit dégueulasse pour décourager les SDF les plus téméraires.

Cette régle, il faut le dire, de nombreux managers reconnaissent en avoir honte. Ainsi, après la fermeture, on sortait systématiquement du restaurant les mains pleines de salades et de gateaux bons pour la poubelle. On les laissait le plus souvent devant le restaurant, les habitués les attendaient.

De la même manière, on ne se gênait pas pour repartir le soir avec des bouteilles d'Evian, jouets Happy Meal, et gobelets remplis de Coca. Du côté de la réserve, les produits les plus recherchés étaient les pailles, les cuillères en plastique, et les gobelets à café.

Impossible, en revanche, de voler de l'argent : il n'y a pas de poches aux pantalons et les prix ne sont jamais ronds (empêchant d'annuler une commande de 10 ou 20 euros, ce qui permettrait de récupérer discrètement le billet du client). 

 

5. Servir des rations disproportionnées aux clients

 


Au bout de deux ans de McDo, quand on sent que le seuil de tolérance approche, on a juste envie d'emmerder la multinationale et ses principes. Et le plus important d'entre-eux, c'est la marge.

Vous le savez, si vous fréquentez ces restaurants : on vous donne une mayo et un ketchup, trois serviettes, etc. Tout est rationné, et ce sont autant de petites économies qui, à l'échelle planétaire, permettent d'économiser des millions de dollars.

Eh bien, dans mon restaurant, on s'amusait à donner une poignée pleine de sauces, on mettait des double doses dans les McFlurry, on triplait celle des sundaes, les frites étaient remplies à mort, et on appuyait sur le bouton pour que le Coca arrive à ras bord du gobelet.

En l'absence de manager, on se permettait même de remplir de sandwichs le sac du mec qui commandait un hamburger. Pourquoi ? Juste pour faire chier une marque qui ruinait nos études sans RIEN nous donner en retour. C'est une limite notoire de l'exploitation humaine au travail.

À ce propos, un petit conseil, si vous êtes client de McDonalds : n'oubliez jamais qu'on faisait l'inverse avec les clients cons, ceux qui ne disent pas "bonjour", "s'il vous plait", ou qui poursuivent leur conversation téléphonique en passant commande.

Frites froides, boisson radine, sandwich périmé, oubli des pailles/serviettes, etc. Nous, équipiers de McDonalds, on n'avait pas beaucoup de pouvoirs, mais celui de vous servir le repas le plus dégueulasse possible en faisait partie, et croyez-moi on ne s'en est jamais privé.

Note importante : 

Cet article rapporte des faits tirés d'une expérience personnelle.

L'auteur ne décrit en aucun cas ces pratiques comme étant courantes ou habituelles dans les restaurants McDonalds.

Mathieu Géniole

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Faits Divers