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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 23:04

Évidemment, ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour l’or (à court terme j’entends), ni pour les actions quelle que soit leur place de cotation, ni pour les obligations !

La mauvaise nouvelle ? Les taux explosent à la hausse !

Avant de commencer à disserter sur ce sujet essentiel, voici quelques chiffres juste pour illustrer ce mouvement massif de hausse des taux :

- Emprunt à 10 ans USA 2,62 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,38 % ;

- Emprunt à 10 ans France 2,45 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,65 % ;

- Emprunt à 10 ans Allemagne 1,82 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,13 % ;

- Emprunt à 10 ans Italie 4,82 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 3,64 % ;

- Emprunt à 10 ans Espagne 5,05 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 3,94 %.

Plusieurs constats peuvent être tirés à l’appui de ces quelques exemples chiffrés:

 

1/ La France, qui est un pays en faillite, reste tout de même moins considérée comme un pays en faillite que les États-Unis d’Amérique puisque les USA empruntent plus cher que la France. Cela ne nous sera d’aucune utilité pour le reste des événements et pour le futur, mais en attendant ça fait toujours plaisir !

2/ L’Espagne et L’Italie se rapprochent dangereusement, malgré le silence assourdissant des médias et de notre Président – pour qui je le rappelle la crise est finie –, d’un niveau de taux insupportable nécessitant l’activation des mécanismes d’aides européens.
Pour mémoire, n’oubliez pas le principe magique qui préside au fonctionnement de ces machins européens. Ce sont des pays surendettés qui empruntent de l’argent qu’ils n’ont pas pour le redonner à des pays carrément en faillite.

3/ C’est en Allemagne que les taux montent le moins, ce qui signifie pour les marchés et les « zinvestisseurs » que c’est ce pays qui a le moins de chance de faire faillite. La différence commence à devenir très conséquente avec les taux français mais encore plus avec les taux américains !

Les effets d’une hausse des taux d’intérêt !

Maintenant, essayons de débroussailler un peu tout cela et voir où ça peut nous mener par la suite. Je vous propose de lister les principaux effets secondaires d’une hausse des taux. Cette liste n’est pas exhaustive, mais vous aurez une bonne idée de ce qui va arriver si ce mouvement se poursuit.

Lorsque les taux augmentent, l’argent emprunté par les agents économiques devient plus cher. Un crédit immobilier devient beaucoup plus cher (actuellement ils sont au plus bas et ceux parmi vous qui n’auraient pas encore renégocié leur prêt immobilier sur 30 ans ont intérêt à courir à la banque et vite). Logiquement, la capacité d’emprunt des acquéreurs va diminuer d’autant. Le marché immobilier risque donc de s’effondrer puisqu’il a une très forte sensibilité aux taux d’intérêt.

Si le marché immobilier a autant monté ces dernières années, c’est parce que les prix au départ de la bulle il y a 13 ans étaient bas et que les taux étaient en baisse. Avec des prix très hauts (comme actuellement) et des taux qui montent, vous aurez un krach immobilier.

Si l’immobilier s’effondre, les banques qui financent ces acquisitions – puisque 97 % des achats donnent lieu à un crédit – vont connaître quelques difficultés. Regardez ce qu’il se passe pour les banques espagnoles…

Il ne faut pas oublier non plus que le marché immobilier américain est convalescent et qu’il se remet difficilement de la précédente… hausse des taux d’intérêt de 2007 !

Mais il n’y a pas que le crédit immobilier qui va augmenter. Ce même phénomène se produira pour les entreprises qui financent leurs investissements à crédit. Imaginez une société qui peut avoir du crédit à 3 % et une machine à acheter qui va lui rapporter du 6 %… Elle peut encore faire l’investissement car c’est rentable. Mais si son taux d’emprunt passe à 6 %… alors son investissement ne lui rapportera plus rien. Elle n’a plus aucun intérêt à investir… ni à recruter.

Des taux en hausse sur une économie fragile, c’est la certitude de faire rentrer un pays en récession. Léger problème : nous sommes déjà en récession. Si les taux montent encore, cela ne fera qu’aggraver les choses.

Enfin, vous aurez la même logique à l’œuvre pour tous les crédits à la consommation qui vont devenir plus onéreux. Résultat ? Les consommateurs dépenseront moins, moins de consommation = moins de production = encore plus de récession et de chômage.

Voilà pour les aspects crédits, mais ce n’est pas tout. Des taux d’intérêt en forte hausse vont directement influer sur d’autres grands paramètres comme les actions, les obligations, l’or, la capacité de financement des États… Et les banques !

Les actions :

Pour gagner de l’argent en Bourse, il n’y a que deux possibilités. Soit le titre monte, soit les dividendes versés finissent par vous rapporter plus que le prix payé pour l’action… Par nature, les actions sont risquées et volatiles. Pourquoi prendre le risque de devenir actionnaire d’une entreprise si vous pouvez placer « sans risque » (ça c’est la théorie car ce n’est évidemment plus vrai, mais tout continue comme avant…) sur des obligations d’États dont le rendement est en hausse ?

Résultat ? Lorsque les taux montent, traditionnellement les investisseurs se détournent totalement des marchés boursiers pour tout placer en obligations d’États. Les marchés boursiers s’effondrent. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Les marchés actions comme le marché immobilier sont très sensibles aux taux. Disons simplement que le marché boursier réagit beaucoup plus vite (presque instantanément) que le marché immobilier.

Les obligations :

Une remontée trop forte des taux d’intérêt peut entraîner un krach obligataire (toujours très douloureux), puisque que toutes les obligations achetées il y 1 an à 1,38 % ne rapportent plus rien par rapport aux obligations émises aujourd’hui ou qui seront émises demain.
Souvenez-vous du tableau plus haut : « Emprunt à 10 ans USA 2,62 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,38 %. »

Résultat ? Le cours des obligations s’effondre. Or encore une fois, souvenez-vous de l’édito d’hier dans lequel je vous montrais que les fonds propres de BNP Paribas (qui n’est qu’un exemple car c’est la même chose pour toutes les banques) étaient investis en obligations d’État à 100 % ! Si les obligations perdent 30 %, cela veut dire que la banque perd 30 % de ses fonds propres… Au sens des règles prudentielles, elle est déjà en faillite et doit se recapitaliser d’urgence… Il n’y aura aucun investisseur pour le faire. Les États devront donc payer… ou les banques faire faillite… à ce moment-là, ce sont les épargnants qui paieront… En perdant leur sous !

L’or :

Logiquement, l’or ne rapporte rien, comme vous le savez tous. Si les taux montent et que l’avenir d’une monnaie semble assuré, il n’y a plus aucune raison de détenir de l’or… Sauf qu’il ne faut pas oublier que ce raisonnement est valable… lorsque lesdits États ne sont pas surendettés ni en pleine récession – pour ne pas parler de déflation et pour éviter de vous faire peur avec le mot…. DÉPRESSION !!

L’or va donc probablement baisser gentiment au fur et à mesure que les taux montent jusqu’à ce que les zinvestisseurs finissent par admettre qu’à ce rythme, les banques vont s’effondrer, les États vont s’effondrer, et que l’économie toute entière va s’effondrer… sauf… l’or ! À ce moment-là, ils comprendront que l’or ne protège pas seulement de l’inflation mais également de l’insolvabilité !

Capacité de financement des États et des banques:

Justement à propos d’insolvabilité, et nous touchons là le nœud du problème de la montée très forte des taux d’intérêt.

Vous avez normalement, à ce stade de la démonstration, compris à quel point une montée des taux allait être ravageuse pour les banques. Leurs fonds propres sont investis en obligations d’États qui vont perdre de la valeur en raison de l’augmentation des taux. Les banques ne se prêteront plus entres elles ou à des taux prohibitifs.

On assistera à un nouveau gel du marché interbancaire. C’est exactement ce qui s’est passé en 2008 avec la faillite d’une seule banque… Lehman Brothers ! Ce sera un bis repitita, encore plus grave puisqu’il ne serait plus possible d’après les dernières déclarations de Ben Bernanke le mamamouchi en chef de la planche à billets américaine… justement d’imprimer autant de monnaie que nécessaire.

Concernant les États, le processus est également assez simple. On va résumer et simplifier les choses de la façon suivante.
Soit le PIB de la France 2 000 milliards d’euros.
Soit la dette de la France (bientôt 100 % du PIB, ce n’est qu’une question de temps) 2 000 milliards d’euros.
Soit le plus gros budget de l’état 60 milliards d’euros pour l’Éducation nationale !
Soit un taux d’intérêt d’emprunt de 2,5 % (actuellement) et vous obtenez un coût des intérêts de la dette de 2,5 % de 2 000 milliards soit environ 50 milliards d’euros à sortir chaque année.
Soit un taux moyen qui passerait à 5 % (comme c’est le cas en Espagne actuellement, voir tableau en haut de ce texte) et les intérêts de la dette s’élèveront à 100 milliards d’euros chaque année… sur un budget total de 380 milliards d’euros (côté recettes).

Résultat ? Game Over ! System Failure. Faillite ! The End

Alors que penser de tout ça ?

Économiquement parlant, et quoi qu’en dise Ben Bernanke et la FED, la raison pour laquelle du Japon au Royaume-Uni en passant par les USA tout le monde imprime autant de billets que possible, c’est justement pour maintenir les taux d’intérêt au plus bas et de sauver le marché immobilier, le marché du crédit à la consommation, les bilans des banques et permettre aux États de faire face à leurs dettes… Enfin aux intérêts de celles-ci. Au bout du compte, c’est la seule façon de sauver l’économie en tout cas à court terme, à défaut de sauver la monnaie !

Annoncer l’arrêt des injections de monnaie revient à dire aux marchés que les taux peuvent reprendre leur niveaux naturel. Mais le niveau naturel sera très élevé dans la mesure où il n’y a plus beaucoup d’épargne disponible par rapport à des besoins de financement des États qui n’ont jamais été aussi grands, auxquels il convient d’ajouter une prime de risque liée à des niveaux de dettes/PIB records partout à travers la planète.

Résultat : si les autorités monétaires laissent monter les taux… les taux vont monter. Beaucoup. Précipitant l’ensemble du monde dans l’insolvabilité. C’est une évidence. C’est tellement une évidence qu’encore une fois c’est la raison pour laquelle nous avons fait l’inverse jusqu’à présent.

Alors de deux choses l’une. Soit cette annonce de l’arrêt des quantitative easing est une intox destinée à gagner du temps (c’est ce que je pense, comme Trichet en 2011 qui a augmenté les taux en indiquant qu’il allait poursuivre le mouvement de hausse pour lutter contre l’inflation), soit les autorités monétaires ont décidé que l’effondrement économique du monde entier ne devait plus être retardé plus longtemps (ce que je ne veux pas croire puisque depuis 5 ans ils font tout pour soutenir le système économique et financier y compris l’impensable).

Encore une fois, je pense que nous reprendrons rapidement la planche à billets car sinon la catastrophe sera rapide et la mort douloureuse.

L’ensemble du monde est dépendant à l’argent gratuit. Nous sommes tous tombés dans le piège des taux bas et l’on ne peut pas en sortir.

Dans tous les cas, rien n’a changé. Soit l’économie s’effondrera étouffée par des taux élevés (récession, déflation, dépression, insolvabilité), soit l’économie s’effondrera par hyperinflation suite à des injections de liquidités toujours plus massives et importantes.

Au final, il ne peut en rester qu’un!… L’or !

Tout le reste ne sera que ruine, destruction et désolation.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie