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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 02:32

 

Supprimer les départements ! C’est une des pistes importantes d’économies pour la France, ce n’est pas moi qui le dis mais beaucoup de « conseilleurs avertis », par exemple Jacques Attali. En y réfléchissant c’est une excellente idée, sauf que ces conseils généraux sont les plus grands réservoirs de clientélisme pour les politiciens locaux.

Les « cantonniers », comme les appelaient certains humoristes au temps où ils avaient de l’humour, sont, avec les maires, les élus les plus proches de la population. Ils sont aussi tous ou presque cumulards, mais cela, c’est une autre affaire. Alors cette suppression des départements, l’idée du siècle, a été entreprise par le gouvernement Fillon.

Levée immédiate de boucliers, avec des slogans fusant de toutes parts – « ne touche pas à mon département », « mon département, j’y tiens » –, tous les lobbies se sont mis en route pour faire croire aux Français que ce fameux département était tout ce qu’il y a de plus important. J’en connais même qui ont marché et qui arboraient très visiblement leur fierté d’être « 44 » ou « 59 », rarement « 75 ».

La réforme s’est donc mise en place timidement, pas pour tout de suite mais pour « après 2012 », et là, patatras, François Hollande l’a supprimée. Mais comme les « conseilleurs » sont toujours influents, ils ont insisté pour faire quelque chose. Plus de suppression du département, bien sûr, mais une réduction drastique du nombre de cantons. Un redécoupage digne des plus importants tripatouillages électoraux depuis des lustres. Même Pasqua n’avait pas osé en faire autant.

Les élus montent donc au créneau ; ils veulent bien les économies, mais pas dans leur canton « qui est indispensable à la nation ». Chez le voisin, c’est possible, mais pas chez moi, disent-ils avec un bel ensemble. C’est comme cela qu’on a vu l’ancienne première dame de France, qui ne veut absolument pas perdre sa petite épicerie électorale rurale, monter à Paris pour rappeler à François Hollande « qu’elle a bien voté en 2012 », et même au conseil général, lui rappelant : « Si je n’avais pas voté votre proposition, les élèves de Corrèze n’auraient jamais eu un iPad payé par le conseil général. »

Cette réforme paraît donc difficile à mettre en place, sauf que le redécoupage risque bien de servir la gauche, et là, les élus de droite auront beau crier, le redécoupage se fera. Cette petite guerre ridicule montre bien à quel point de nullité sont arrivés nos élus. Même Borloo est venu défendre devant les médias le « canton de Bernadette », affirmant que la ruralité est importante et que ces cantons ne doivent pas disparaître.

Pourtant, les diverses couches de décision, depuis la commune jusqu’aux conseils régionaux, coûtent des fortunes aux Français. Ces Français qui ne se sont même pas rendu compte que depuis quelques années, en créant les communautés de communes, ils payaient une ligne d’impôts locaux supplémentaire pour alimenter ces communautés.

Payer des organisations qui font double ou triple emploi est devenu un sport national.

Le mille-feuille des collectivités territoriales est un gouffre financier qui n’est pas près de se combler. Les élus locaux, tous plus empressés les uns que les autres à avoir d’autres mandats et d’autres titres (et aussi d’autres impôts), créent en ce moment les métropoles sans préjuger de ce qu’ils vont nous inventer pour continuer à exister.

Les départements ne craignent donc rien, la loi contre le cumul passera, les politiciens cumuleront moins mais les couches de décision continueront à être de plus en plus nombreuses. Les impôts qui vont avec, aussi.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie