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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 02:47

 

Le père Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, écrit dans Valeurs actuelles :

"La justification du “mariage” entre personnes de même sexe et de la filiation peut-elle se résumer à l’égalité des droits pour tous ? Cette affirmation simpliste et compassionnelle se fait aux mépris des logiques sexuelles du mariage et de la filiation, et des enjeux structurels de la vie psychique et des logiques sociales.

À l’occasion du pacs, j’avais déjà eu l’occasion de dire que nous étions au début d’une procédure qui aboutirait au “mariage” homosexuel et à la prise de possession des enfants dans ce contexte. Pire même, qu’on assisterait à une redéfinition de la sexualité, du mariage, de la filiation et de la famille, mais aussi de l’éducation sexuelle imposée de façon autoritaire à l’école à partir de l’homosexualité et de certains concepts du gender.

  Le code civil ferait disparaître les mentions d’homme et de femme, de père et de mère pour des termes indistincts inscrivant dans la loi la négation de la différence sexuelle. La parenté fondée sur le corps sexué reculerait au bénéfice d’une parenté sociale : une façon de désincarner sexuellement la conjugalité et la parenté quand on se situe en dehors de la chair liée à l’altérité sexuelle et que l’on veut décrédibiliser la filiation biologique. Il est vrai que le refus de la différence sexuelle et le repli sur son propre sexe entraînent, chez certains, la négation de la génération au profit de bricolages biologiques insensés.

Le mariage entre un homme et une femme est d’abord le signe de l’alliance de la différence sexuelle et il est associé, en puissance ou de fait, à la filiation. Dissocier l’un de l’autre se fait au mépris de l’enfant qui, dans ce contexte, n’est plus voulu et respecté pour lui-même mais instrumentalisé par les désirs des adultes.

Comme un droit à l’enfant qui viendrait les justifier dans leur posture narcissique. Or un enfant n’a pas à être donné à un adulte quelle que soit sa situation : c’est un homme et une femme, les seuls à former un couple, qui seront donnés comme parents à un enfant, sinon nous risquons de fausser le sens de la filiation.

On prétend, au nom d’un nouvel idéalisme “amoureux”, que la sentimentalité homosexuelle serait parfois plus authentique et plus protectrice des enfants que la relation entre un homme et une femme qui se disputent et divorcent. Malgré cette vision surréaliste, il est plus souhaitable qu’un enfant grandisse entre un homme et une femme même s’ils traversent des crises car il a besoin de cette altérité qui n’est pas présente dans une élection sentimentale unisexuée. L’altérité, c’est toujours l’autre sexe.

[...] Plus précisément, la société ne se divise pas entre hétérosexuels et homosexuels, mais entre hommes et femmes, et jusqu’à présent elle se structure autour de l’identité masculine et de l’identité féminine. On voudrait maintenant l’organiser en fonction des orientations sexuelles qui, elles, sont sur le registre des pulsions et des désirs alors que l’identité est sur le versant de la structure de la personne et du lien social. Un désir n’a jamais fait une identité car, dans le meilleur des cas, les orientations sexuelles sont intégrées dans la cohérence de l’identité sexuelle de la personnalité.

La loi sur le “mariage pour tous” n’est pas un progrès mais une régression. Dès lors, que cherche-t-on à faire si ce n’est à instrumentaliser le mariage pour faciliter l’intégration sociale des personnes homosexuelles ?

Mais les sentiments ne justifient pas tout et l’égalité est souvent un argument utilisé comme une injonction paradoxale, c’est-à-dire en disant une chose et son contraire : on veut mettre de l’égalité là où elle n’existe pas."

 

source

 

 

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Société