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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 01:26
Samia Ghali, sénatrice socialiste et maire des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille, dans le sud-est de la France, a proposé de recourir aux services de l’armée pour enrayer les règlements de compte sur fond de trafic de drogue qui ensanglantent la ville. Tollé général et cris d’orfraies, à droite comme à gauche... comme si ce n'était pas déjà prévu !
 

Marseille a besoin et envie qu'on lui prête une attention toute particulière. Avec 850 000 habitants, c'est la deuxième ville de France et les chiffres de la criminalité n’y sont pas bons, depuis plusieurs années déjà. Aujourd'hui, le préfet Alain Gardère défend ses troupes et la ville où il a été nommé il y a tout juste un an par le précédent gouvernement en disant que « Marseille n'est ni à feu ni à sang ». Il n'a pas tort, et selon lui, les derniers indicateurs sont même en train de s'améliorer « en ce qui concerne les vols à main armée, les vols avec violence et même les cambriolages ».

Pour autant, ce n'est pas un hasard si Manuel Valls a réservé son premier déplacement à la cité phocéenne, en mai dernier, quatre jours après avoir investi la Place Beauvau. Ce n'est pas un hasard non plus si Samia Ghali s'est exprimée juste après un énième règlement de compte sur place. Il n’y a pas de hasard en politique !

Il y a dans les quartiers nord une véritable guerre de territoires entre dealers de drogue, entre clans et entre familles, qui se règle à coups d'armes lourdes. Très peu chères (entre 500 et 2 000 euros la kalachnikov) et très faciles à se procurer depuis la fin du conflit dans l'ex-Yougoslavie.
Ces dernières années, le banditisme a donc changé de visage et s'est radicalisé, sans doute un cran au-dessus de ce que l'on trouve ailleurs. L'appel au secours de Samia Ghali, c'était en fait une façon de mettre les pieds dans le plat et de pousser le gouvernement socialiste à provoquer un conseil interministériel. Ce qu'il a fait, avec une semaine d'avance sur le calendrier prévu. Ici, ça sent l’orchestration à plein nez !

HYPOCRISIE OU MENSONGE : DES UNITÉS MILITAIRES SONT DÉJÀ PRÉVUES ET ENTRAINÉES
« On ne voit vraiment pas ce que l'armée pourrait faire dans les quartiers… Ce n'est pas son rôle, ce n'est pas sa mission, et ses contingents ne sont pas formés pour cela… Comme s'il y avait un ennemi intérieur invisible, une forme de guerre civile larvée… », entend-on dire par tous ceux qui baignent en plein déni de réalité.
Cela dit, l'idée de Samia Ghali n'était pas tout à fait farfelue puisqu'il y a déjà des militaires susceptibles d'intervenir dans les quartiers sensibles dans des circonstances bien précises (en cas d'émeutes urbaines par exemple). Ces militaires, ce sont des gendarmes qui ont suivi un entraînement spécifique et qui sont censés travailler, en cas de besoin, main dans la main avec des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC). Ce sont des unités mobilisables en toute urgence, entraînées et opérationnelles dans ces terrains difficiles que sont les cités en ébullition. Il y en a par exemple à Grenoble, dans l'Isère.

Même s’il ne s’agit pas des Paras ou de la Légion, ce sont quand même bien des militaires et il faudrait arrêter de se cacher derrière son doigt et de jouer avec les mots. Quoi qu’en disent les politiciens de tous poils, l’intervention d’unités militaires est donc bien envisagée et prévue. Reste à savoir quels types d'armes elles seront autorisées à utiliser. Dire le contraire relève donc de l’hypocrisie ou du simple mensonge dans la crainte de stigmatiser des populations qu’il n’y a pas besoin de désigner du doigt pour les reconnaître !
LE « PLAN D’ACTION » DU GOUVERNEMENT
D’une certaine façon, avec ses fameuses « zones de sécurité prioritaires », qu'il dévoilera dans le détail vers le 10 septembre, Manuel Valls s'inspire du savoir-faire et de l'expérience des unités conjointes décrites ci-dessus. Sauf qu'aux policiers et aux gendarmes, le ministre de l'Intérieur voudrait ajouter des responsables du renseignement, des agents du fisc, des assistants sociaux etc, pour lutter en profondeur contre les trafics en tous genres.
On en saura plus d'ici quelques jours mais Marseille fait partie depuis le premier jour des 15 premières « zones de sécurité prioritaires » annoncées, et plusieurs élus locaux s'attendent à ce que le périmètre prévu soit étendu à de nouveaux arrondissements.
Par ailleurs, il y aura donc un conseil interministériel le 6 septembre, dédié à la deuxième ville de France avec autour du Premier ministre, les ministres de l'Intérieur bien sûr, de la Justice, de la Ville, de l'Éducation, de l'Économie et des Finances, et de la Lutte contre l'exclusion.
Histoire de frapper un grand coup… médiatique !

LE GOUVERNEMENT S’APPRÊTE ENCORE À DÉBOURSER L’ARGENT PUBLIC À FONDS PERDUS
Si tout le monde est sur le pont, c'est bien sûr parce que la réponse ne peut pas être que sécuritaire. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, considère lui-même que « certains quartiers de Marseille ont été laissés totalement à l'abandon, avec un taux de chômage de 70% parmi les jeunes, des logements dégradés, etc. »
Ainsi, Pascal Lamy, le ministre de la Ville, s'est rendu en toute discrétion au mois de juillet dans les quartiers nord, il fera sans doute des propositions concrètes en matière de rénovation urbaine. En attendant, le préfet de la région
Paca a été prié d'envoyer des notes chiffrées aux ministères : le rééquilibrage des budgets sera un axe central des discussions, la communauté urbaine étant la moins bien dotée de l'Hexagone. On parlera aussi, par exemple, d'ouvrir des écoles maternelles aux enfants de deux ans ne parlant pas le français.
Il y a en fait beaucoup de choses à faire, soit !... Comme des retours au pays, par exemple ?...

LE RAS-LE-BOL DES MARSEILLAIS
Évidemment, les Marseillais en ont assez. Ils sont ulcérés, à chaque règlement de compte, de voir débarquer des journalistes parisiens, venus réaliser le énième reportage sensationnaliste sur la « cité de la drogue ».
Ils en ont assez d'être stigmatisés et qu'on ignore toutes les richesses, souvent méconnues, de la ville qu'ils adorent. Mais ils en ont aussi assez de devoir cacher leurs bijoux quand ils marchent dans la rue, de rentrer plus tôt que prévu à la maison pour éviter les rencontres fortuites, de contourner les allées où ils ne sont pas les bienvenus...
C'est toute l'ambiguïté d'une ville dont les habitants de souche se sentent de plus en plus mal aimés.

Avec RFI

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Faits Divers