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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 02:10

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Vous avez critiqué l’hypocrisie de la classe politique qui est devenue « Charlie » une fois qu’il était trop tard… Pourquoi cette hypocrisie est-elle dangereuse ?

L’expression « Je suis Charlie » ne me plaît pas du tout. C’est une manière de s’attribuer un mérite que l’on n’a pas eu. Ce sont les journalistes, dessinateurs et plus largement ceux qui travaillaient àCharlie Hebdo qui ont mis leur vie dans la balance. Ils l’ont payé cher, pas nous.

Par ailleurs, c’est aussi une façon malsaine de s’offrir comme cible aux islamistes qui, déjà, ne manquent pas d’idées. C’est malsain car cela ne nous prépare guère à mener le combat qui doit l’être contre ces derniers. Les manifestations de communions collectives en Occident n’émeuvent ni n’impressionnent les terroristes islamistes. Comme ils n’ont guère été émus par les appels « Bring Back Our Girls ».

La manifestation n’aura pas manqué de leur apparaître comme une formidable manifestation d’impuissance : si tout ce que l’on trouve à faire est de descendre dans la rue avec ceux qui nous gouvernent, c’est à l’évidence un motif de satisfaction pour tous les islamistes de la planète.

On ne demande pas à nos dirigeants d’« être Charlie ». On leur demande de faire en sorte que la liberté d’expression soit respectée, sans restriction autre que l’incitation à la haine condamnée par les tribunaux, dans un sens le plus étroit possible. Sans inverser le sens à donner à l’incitation à la haine et en venir à considérer que, puisque tout propos hostile ou moquant l’islam déclenche des réactions violentes, cela devient une preuve que le propos est une incitation à la haine.

Nos dirigeants étaient plus discrets quand les caricatures enflammaient précédemment le monde musulman…

Tous les dirigeants occidentaux, sans parler des autres, n’ont pas défendu hardiment la liberté d’expression lorsque le petit Danemark était « sous la mitraille » et que quelques journaux français, dont Charlie Hebdo, ont republié les caricatures. C’est vrai en France si l’on se rappelle la réaction « molle du genou »du gouvernement Chirac-Villepin, mais aussi des Européens. Javier Solana avait été dépêché par l’Union européenne pour tenter d’apaiser la fureur des dirigeants musulmans.

Il était prêt à signer avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI, qui avait participé à allumer l’incendie après la parution des caricatures) un accord appelant au bannissement de la diffamation des religions lors d’une réunion prévue au Qatar en février 2006. Finalement, des oppositions internes à l’Union européenne ont empêché qu’elle soit représentée à cette réunion et nous ont, en quelque sorte, épargné le déshonneur.

Par ailleurs, il avait fallu que des ambassades brûlent pour que les États-Unis se bougent un peu. Le Département d’État américain avait, dans un premier temps, désapprouvé « l’incitation à la haine religieuse et ethnique », validant ainsi l’interprétation des islamistes. Alors que l’affaire des caricatures battait son plein, Tony Blair avait essayé de faire passer une loi visant à pénaliser la critique des religions, assimilant des propos insultants ou offensants à des actes menaçants. Or, si l’on admet l’argument de l’offense, c’en est fini de la liberté d’expression.

Cette classe politique défend des caricatures mais interdit toute critique (sérieuse) de l’islam… N’est-ce pas autrement plus grave ?

 

Comme lors du 11 septembre, la première réaction a été de lancer l’alerte à l’amalgame. On craignait par-dessus tout une réaction violente à l’égard des musulmans. C’est dire la méfiance qu’ont les élites politiques, intellectuelles et médiatiques à l’égard des gens ordinaires.

Certes, il y a eu des agressions contre des lieux de culte musulmans et des musulmans absolument condamnables. Mais certains s’en sont emparés immédiatement pour les mettre en équivalence avec les attentats – c’est le cas du MRAP –, pour se retrouver, en quelque sorte, en terrain connu et dénoncer toutes-les-formes-de-racisme dont, évidemment,« l’islamophobie ».

Le Premier ministre a parlé de guerre contre l’islamisme radical, mais on a quand même l’impression générale que ces attentats n’ont pas complètement ébranlé le système de pensée ambiant. Tout est de la faute des Occidentaux, tout le temps (sans parler d’Israël).

On va donc ressasser nos fautes, nos échecs, car les terroristes islamistes ne peuvent être que notre fabrication, même si l’on en trouve aux quatre coins de la planète : davantage d’action sociale dans « les quartiers », davantage d’écoute, de moyens… Puisque l’islam n’est pour rien, on est bien obligé d’aller chercher ailleurs des moyens d’action.

Daniel Sibony, dans un article en ligne sur son blog, explique que ceux qui sont morts ont été tués en raison de l’application en France de la charia (qui punit ceux qui parlent mal de l’islam), alors que l’on croit encore que seul le droit républicain s’applique.
Mais comme la charia est censée ne pas même exister, on ne risque pas d’en parler :« Dire [que l’islam] comporte la charia et le djihad, c’est une critique. La charia consiste donc à empêcher qu’on la nomme. »

Entretien réalisé par Charlotte d’Ornellas

 

vu sur : http://www.bvoltaire.fr/micheletribalat/ne-demande-pas-nos-dirigeants-detre-charlie-mais-de-proteger-la-liberte-dexpression,153293?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=86e019e183-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-86e019e183-30494613&mc_cid=86e019e183&mc_eid=3bbbfa4636

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Religions