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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 01:40

Le marché du travail est un marché qui est fortement réglementé partout dans le monde. L’ampleur de cette réglementation varie d’un pays à l’autre, mais en général on y retrouve certains des éléments suivants :

  • Salaire minimum
  • Nécessité d’obtenir un permis de travail
  • Avantages sociaux obligatoires
  • Indemnités de licenciement
  • Restrictions sur les mises à pied et délais d’avis
  • Adhésion forcée à un syndicat
  • Limitations des heures d’ouvertures des commerces
  • Assurance-chômage et autres indemnités.

Sans nécessairement m’opposer à ces lois, il faut réaliser que celles-ci augmentent considérablement le coût de la main d’oeuvre. Si on prend le Brésil par exemple, un pays qui se situe en milieu de peloton quant à la flexibilité de son marché du travail, les avantages sociaux atteignent en moyenne 66% du salaire. Lorsque le coût de quelque chose augmente, la demande diminue. Le travail n’échappe pas à cette loi, c’est pourquoi ces mesures contribuent au chômage.

 L’effet pervers du salaire minimum

Par exemple, le salaire minimum agit comme un prix plancher; c’est-à-dire qu’il force un certain type de travailleurs, en l’occurrence ceux ayant un faible niveau de compétence, à demander un salaire plus élevé que ce qu’on serait prêt à leur payer pour leur travail.

Les prix planchers font en sorte de faire augmenter l’offre et de faire réduire la demande, créant ainsi un surplus. Étant plus élevé que le salaire du marché pour un travailleur sans compétence ni expérience, le salaire minimum fait en sorte d’attirer certaines personnes sur le marché du travail (par exemple des décrocheurs scolaires), mais il fait aussi en sorte de faire augmenter les coûts des entreprises qui emploient ces travailleurs, qui par conséquent en embaucheront moins. Donc, le salaire minimum augmente l’offre de travailleurs de ce type, tout en en réduisant la demande. Cette situation crée un surplus; et sur le marché du travail, un surplus se traduit par une augmentation du chômage. Le salaire minimum peut donc faire augmenter le chômage.

À l’été 2007, le salaire minimum a augmenté de $0.70 aux États-Unis pour atteindre $5.85/heure. L’été suivant, il a augmenté à $6.55 and et en juillet 2010 à $7.25. Je ne m’oppose pas à ce que ces gens puissent avoir de meilleurs revenus et un niveau de vie plus décent (bien que j’aimerais qu’ils le fassent en suivant de la formation, en améliorant leurs compétences et en acquérant de l’expérience), il n’en demeure pas moins que le prix de la main d’oeuvre non-qualifiée a augmenté de +41% en deux ans. Le taux de chômage total a presque atteint 20% par la suite. Un part de cette augmentation est attribuable au marasme économique qui prévalait à l’époque, mais il n’en demeure pas moins que ces augmentations ont nuit à l’emploi.

Lorsque le prix de quelque chose augmente autant, il est normal qu’on en utilise moins, surtout durant une récession. Lorsque le prix demandé pour un bien est plus élevé que ce que vous pouvez vous permettre, vous ne l’achetez pas. Le salaire minimum a donc forcé ces gens à augmenter le prix auquel ils offrent leur travail et les employeurs n’ont pas pu suivre. Devrions-nous êtres surpris du taux de chômage élevé qui a prévalut par la suite aux États-Unis?

D’ailleurs, le salaire minimum, réservé aux emplois à faible compétence, n’est généralement qu’une situation temporaire dans la vie d’un individu. Aux États-Unis, environ 66% des travailleurs au salaire minimum en vienne à gagner plus que le salaire minimum après un an. Environ 38% des travailleurs au salaire minimum sont des adolescents vivant chez leurs parents. Plus de 97% de tous les travailleurs américains gagnent plus que le salaire minimum dès l’âge de 30 ans.

Il y a des études qui tentent de démontrer que le salaire minimum n’a pas d’effet négatifs sur l’emploi, voire même qu’il a des effets positifs. Étrangement, ces études concluent qu’une hausse du salaire minimum attire plus de gens sur le marché du travail ce qui permet aux entreprises de combler des pénuries de main d’oeuvre et permet aux entreprises de réduire leurs coûts en abaissant leur taux de roulement de personnel.

Cette hypothèse impliquerait que le salaire optimal pour les profits serait parfois plus élevé que le salaire minimum, mais que l’employeur préfère s’en tenir au salaire minimum, qui crée une sorte de balise ou d’ancre (« anchor bias »). L’employeur se retrouve donc à sous-payer ses employés comparativement à ce qu’ils valent sur le marché ce qui lui cause des manques de main d’oeuvre et un taux de roulement élevé. Ce biais est un phénomène souvent attribué au salaire minimum et aux contrôles de prix en général. Donc, dans ce cas, la hausse du salaire minimum vient en quelque sorte atténuer ce biais en rapprochant le salaire minimum du salaire de marché… Autrement dit, cet ajustement corrige une faille causée par l’existence même du salaire minimum! Sans le salaire minimum, les employeurs offriraient des salaires plus élevés qui leur permettraient de combler tous les postes vacants et d’obtenir un taux de roulement satisfaisant, sans être influencés par cette balise et sans s’imaginer (faussement) que cela diminuerait leur compétitivité.

En général, il n’est pas surprenant de voir que le salaire minimum a un effet limité sur l’emploi dans la mesure où il est suffisamment bas. La plupart des gens seront d’accord pour dire que si le salaire minimum était relevé à $50/heure au Québec, les effets sur l’emploi seraient significativement négatifs. Mais augmenter le salaire minimum de $9.50 à $10.45 par exemple, soit 10%, ne changerait pas grand chose aux coûts d’opération de la plupart des entreprises et donc n’aurait pas de conséquences significatives sur l’emploi. Pour une entreprise dont 40% des coûts sont de la main d’œuvre et dont 30% de la main d’œuvre est au salaire minimum, cela représente une hausse de seulement 1.2% des coûts totaux…pas de quoi déclencher une restructuration.

Il y a cependant deux questions importantes à considérer quant au salaire minimum qui ne sont couvertes par aucune étude à ce jour :

1) Est-ce qu’un salaire minimum plus élevé favorise le décrochage scolaire plus hâtif?

2) Est-ce que l’abolition ou la baisse du salaire minimum permettrait à certains emplois d’exister ou de sortir du marché noir?

… mais il est pratiquement impossible de le mesurer à défaut d’avoir accès à un univers parallèle.

L’effet pervers des indemnités de licenciement

Dans le même ordre d’idée, les indemnités de licenciement élevées et les longs délais d’avis requis avant les mises à pied rendent le congédiement d’un employé plus difficile et plus coûteux. Dans ce contexte, l’employeur est réticent à embaucher de nouveaux employés puisqu’il sait que si les affaires prennent une mauvaise tournure, il aura de la difficulté à licencier des employés pour éviter la faillite. Il utilisera davantage d’employés temporaires et à temps partiel. Ces règlements contribuent donc aussi au chômage. Cette réticence à embaucher sera d’autant plus accentuée si les coûts d’embauche sont élevés.

Dans la plupart des pays industrialisés, une assurance-santé est offerte par l’employeur et constitue une forme de rémunération. La raison de cette situation est qu’à une certaine époque, les contrôles de prix imposés par le gouvernement empêchaient les employeurs d’augmenter les salaires. Les assurances devinrent donc une manière de contourner la loi pour arriver à conserver ou à attirer des employés parmi les plus compétents. Ces avantages sociaux devinrent une manière de bonifier le salaire et ce système perdure encore aujourd’hui. De nos jours, les travailleurs auraient peut-être avantage à désarrimer leur assurance-santé de leur emploi car une telle façon de faire réduit énormément la flexibilité du marché du travail et le dynamisme de l’économie. Pourquoi ? Parce que certaines personnes hésiteraient moins à quitter leur emploi (perdant ainsi leur assurance-santé) pour démarrer une entreprise en raison de l’incertitude ainsi occasionnée (surtout aux États-Unis où de telles assurances couvrent la majorité des coûts de soins de santé).

Effet de latence et flexibilité

Le graphique suivant présente le taux de chômage de 30 pays industrialisés (OCDE) classés en deux groupes : l’un est composé des pays ayant un marché du travail flexible alors que l’autre comprend les pays avec un marché du travail non-flexible. Le classement a été élaboré selon le Rapport 2012-2013 sur la Compétitivité Globale du Forum Économique Mondial et est basé sur la flexibilité des salaires, la rigidité du travail, la libéralité des pratiques d’embauche et de mise-à-pied, ainsi que les coûts de mise-à-pied.

On peut voir que les pays avec un marché du travail non-flexible ont un taux de chômage constamment plus élevé que ceux qui ont un marché du travail plus flexible. L’écart moyen sur 22 ans est de 1.6%.

Flexibilité1

Et si on ne prend que le premier et le dernier quintile quant à la flexibilité du marché du travail, on obtient un résultat encore plus probant, soit que l’écart moyen de taux de chômage sur 22 ans est de 2.7%. C’est énorme !

Flexibilité2

Ainsi, plus le marché du travail est flexible (c’est-à-dire moins règlementé), moins le chômage sera élevé.

En novembre 2009, l’hebdomadaire The Economist a publié un article intéressant qui faisait un lien entre l’augmentation du taux de chômage et la flexibilité du marché du travail dans différents pays. L’article visait à démontrer l’efficacité des « stabilisateurs économiques », tels que l’assurance-chômage, durant les récession.

Les chiffres démontrent effectivement que les pays Européens, où le marché du travail est moins flexible et où l’assurance-chômage est plus généreuse, ont vu leur taux de chômage augmenter moins que les pays où le marché du travail est plus flexible, c’est-à-dire où il est plus facile et moins coûteux de mettre les gens à pied, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne (voir graphique ci-bas).

L’un des mécanismes utilisés, notamment par l’Allemagne, consiste à subventionner les salaires des employés qui ont vu leurs heures coupées à cause de la récession, ce qui incite les entreprises à couper des heures plutôt qu’à renvoyer leurs employés. D’autres, comme la Suède, permettent aux firmes de différer le paiement de sécurité sociale à plus tard, ce qui leur permet d’améliorer leurs flux monétaires temporairement. Les autres pays reconnus pour ce genre d’interventions sur le marché du travail sont la France et les Pays-Bas.

Ainsi, durant la récession qui a suivi la crise financière de 2008 allant jusqu’en novembre 2009, le taux de chômage de la Zone-Euro n’a augmenté que de +2.6%, relativement à +5.4% pour les États-Unis et +2.7% pour la Grande-Bretagne. En apparence, la formule européenne semble avoir mieux fonctionné durant la récession.

Ce qu’il faut observer par contre est que le taux de chômage d’avant la crise aux États-Unis était de 4.4%, en Grande-Bretagne il était de 5.2% , alors qu’en Zone-Euro il était de 7.1%. Le taux de chômage actuel (au moment de la parution) était de 9.8% aux États-Unis, 7.9% en Grande-Bretagne et 9.7% en Zone-Euro (8.1% en Allemagne, 8.3% en Suède et 10.0% en France).

Ainsi, il semble que durant les périodes de croissance, le taux de chômage soit significativement supérieur dans les pays où le marché du travail est inflexible et où il y a des stabilizateurs économiques, et que durant les récessions, les taux de chômages sont similaires pour les deux…

Cette situation fut aussi observée au Canada. Entre 2007 et 2010, les provinces ayant le marché du travail le moins flexible (Québec et Maritimes) ont vu leur taux de chômage augmenter moins que les autres (Alberta, Colombie-Britannique), même si celles-ci ont augmenté leur salaire minimum davantage entre temps.

Il est vrai que ces stabilisateurs amortissent le choc de la récession, mais ils empêchent la récession de faire son travail. Ils font en sorte de faire perdurer les causes fondamentales de la récession. Ils bloquent le flux de ressources humaines entre les industries où il y a de la sous-capacité et celles où il y a de la surcapacité; des industries mourantes vers les industries naissantes et prometteuses. Ils font en sorte d’allonger la période de marasme économique et de ralentir la reprise; c’est pourquoi ces pays qui ont des stabilisateurs économiques accrus et un marché du travail inflexible se retrouvent avec une économie qui croît moins vite et qui maintient un taux de chômage plus élevé tout au long du cycle économique. D’ailleurs, le taux de chômage européen a continuer d’augmenter par la suite, alors que celui des États-Unis s’est stabilisé et a commencé à diminuer.

En somme, il est vrai que ces interventions sur le marché du travail stabilisent quelque peu le taux de chômage durant les récessions, mais le coût économique à long terme de cette stabilité est très élevé.

Les pays Nordiques

Au niveau de la flexibilité du marché du travail, il y a d’énormes différences entre le Danemark et les autres pays Scandinaves. Le Danemark se classe 10e sur 144 pays (par le World Economic Forum), alors que la Norvège se classe 63e, la Finlande 68e et la Suède 92e. Les États-Unis sont 13e et le Canada 9e.

Pourquoi une telle différence entre le Danemark et les autres? À cause de la « flexi-sécurité ». Cette politique permet une grande facilité de licenciement pour les entreprises (volet flexibilité) et des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés (volet sécurité). Les chômeurs ont aussi de fortes incitations à reprendre un emploi (obligations de formation, suivi, sanctions financières, etc). En dix ans, le Danemark a réussi à diviser son taux de chômage de moitié et le temps de chômage est très court (ces réformes ont été introduites entre 1994 et 1996). Entre 1994 et 2011, l’écart entre le taux de chômage du Danemark et celui de la Suède et de la Finlande a été en moyenne de 3.1%.

Au niveau de l’assurance-chômage, pour avoir accès à des revenus décents en cas de perte d’emploi, les Suédois doivent souscrire à un fonds autonome d’assurance chômage privé, on en compte une trentaine en Suède. L’adhésion à ces fonds d’assurance privés se fait sur une base volontaire. La prime payée varie en fonction du risque que vous avez de perdre votre emploi.  Ces fonds d’assurance chômage se concurrencent les uns les autres et  il est possible d’augmenter la qualité de sa couverture.

Par ailleurs, plusieurs de ces pays n’ont pas de code du travail, ni de salaire minimum, ni de durée légale du travail. Les pays Scandinaves encouragent les départs à la retraite tardifs; en Suède, les aides de l’État sont supprimées pour les retraites avant 65 ans. De plus, les pays Scandinaves affichent des taux de syndicalisation très élevés, mais les pouvoirs des syndicats y sont plus limités qu’au Québec. Leur attitude est plus collaboratrice et les grèves sont très rares.

Lorsqu’on regarde les chiffres, on constate trois choses : 1) en raison de la rigidité de leur marché du travail, les pays Scandinaves ont souffert de taux de chômage nettement supérieurs au reste de l’OCDE; 2) ce sont surtout la Finlande et la Suède qui sont les moins flexibles et qui ont eu les taux de chômages les plus élevés; 3) le Danemark quant à lui, grâce à sa flexi-sécurité, a bénéficié de taux de chômage très inférieurs à la moyenne de l’OCDE.

Leur marché du travail inflexible est donc l’un des principaux défauts du modèle Scandinave, sauf pour le Danemark.

Chomage scandinave

Cependant, on note que les taux de participation de la main d’oeuvre sont plus élevés que la moyenne de l’OCDE pour tous les pays Scandinaves. Pourquoi? Il semblerait que le modèle Scandinave fait en sorte que les chômeurs ont moins tendance à se décourager et à sortir de la population active. Peut-être que le taux de participation des femmes est aussi plus élevé en Scandinavie (c’est le cas pour la Suède comparativement au G8, mais celui du Canada est plus élevé).

Conclusion

Les observations empiriques démontrent sans contredit que plus un marché du travail est flexible, plus le chômage sera bas. Plus il est coûteux et difficile de mettre des gens à pied lorsque les choses tournent mal, moins un employeur sera tenté d’embaucher des gens. Un marché du travail rigide freine donc les perspectives de croissance des entrepreneurs et ralentit donc l’investissement et la création de richesse. Donc, un marché du travail inflexible nuit non seulement à l’emploi présent, mais aussi à la croissance de l’emploi futur.

La principale justification de la réglementation du marché du travail est de fournir un certain filet de sécurité en cas de mise à pied. Ceci dit, certains pays comme le Danemark montrent la voie à cet égard en garantissant un filet de sécurité sans trop nuire à la flexibilité de leur marché du travail, bénéficiant par le fait même d’un taux de chômage inférieur.

Le Minarchiste

 

source

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie