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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 01:09
Le Crédit Agricole a pris des risques inconsidérés à l’étranger, notamment en Grèce, où il a perdu plus de 10 milliards d’euros.

Le Crédit Agricole a pris des risques inconsidérés à l’étranger, notamment en Grèce, où il a perdu plus de 10 milliards d’euros. Crédit Reuters

Longtemps, les banques françaises ont été les principales sources de revenus pour la presse papier. Grâce à leurs budgets publicitaires, elles ont pu acheter le silence des grands médias non seulement sur leurs turpitudes, mais aussi sur leurs difficultés. Elles ont pris l’habitude de considérer que l’information leur appartenait et qu’elles pouvaient disposer comment elles le souhaitaient de ce qui était dit ou tu au public.

>>>>>>> A lire également : Les banques européennes sont-elles vraiment sous capitalisées ? La réponse est non 

C’est de cette façon que les Français n’ont jamais su quels profits les banques dégageaient grâce à la surfacturation de l’assurance emprunteur qu’elles imposaient aux accédants à la propriété. Il s’agissait pourtant de plusieurs milliards chaque année, pris sur le prix de l’immobilier, à l’abri de toute véritable concurrence.

Peu de Français savent que l’un des principaux acteurs de ce marché captif est le Crédit Agricole, qui avait même envisagé à une époque de délocaliser sa filiale au Luxembourg pour des raisons d’optimisation fiscale. Fort de cette rente, le Crédit Agricole a pris des risques inconsidérés à l’étranger, notamment en Grèce, où il a perdu plus de 10 milliards d’euros.

Avec la publication, en janvier, d’une étude menée pour le compte de l’OCDE par deux économistes néerlandais, selon laquelle le Crédit Agricole était sous-capitalisé à hauteur de 31 milliards et la polémique qui s’en est suivie avec Marine Le Pen, les Français ont reçu une information cruciale à nouveau démentie d’un arrogant revers de main par les dirigeants de l’entreprise. Jusqu’ici, le Crédit Agricole a toujours mené une guerre féroce contre tous ceux qui le soupçonnaient d’être en difficulté. Mais cette fois, les informateurs sont un peu trop puissants pour être intimidés, même si la banque continue à agiter le spectre de la poursuite judiciaire à tout crin.

Ce spectre n’est d’ailleurs pas que fantasme. Le blogueur Jean-Pierre Chevallier en a personnellement fait les frais en recalculant les fonds propres de la Société Générale. Il a constaté de fortes différences avec les chiffres officiels et l’Autorité des Marchés Financiers l’a condamné à 10.000 euros d’amende.

C’est bien la manie des banquiers de croire que, parce qu’ils ont l’argent, ils ont le pouvoir de communiquer ou d’interdire la liberté d’expression.

On comprend cette nervosité. L’Allemagne a imposé un superviseur bancaire unique, qui va mener des tests auprès des principales banques européennes pour vérifier leur solidité. Pour le premier exercice du genre conduit par ce nouvel acteur de l’Union, l’engagement est de tester sans concession et sans aménité. L’opération doit commencer en mai. Elle suscite beaucoup d’inquiétudes.

Pour aller vite, on sait que les banques françaises seront à la peine, tout particulièrement le Crédit Agricole et la Société Générale. Il leur manque, à tous deux, des fonds propres. Le problème est qu’on voit mal comment sortir de l’impasse, car une augmentation de capital se traduirait par une perte de contrôle de ces banques.

Dans le même temps, les banques françaises sont rattrapées par des réglementations qu’elles sont parvenues à canaliser en France. On se souvient que François Hollande avait promis de séparer les activités bancaires. Il en est sorti une appendicectomie quand on attendait une amputation en bonne et due forme. Du coup, c’est le commissaire Barnier qui propose une réforme européenne bien plus drastique et qui déplait souverainement aux banques françaises.

De façon assez curieuse, plus personne dans la classe politique française ne semble ni s’en soucier, ni y comprendre un traître mot. Alors que, partout, on parle du retour des risques systémiques, les élus français s’occupent comme d’habitude des micro-problèmes qu’ils imaginent maîtriser, comme les lois sur la famille, et demeurent désespérément muets sur les questions économiques qui déterminent l’avenir du pays.

Face à ce silence des élus, ce sont les fonctionnaires qui prennent la parole en outrepassant allègrement leur rôle. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a tenu des propos sur la réforme Barnier, qui ne sont pas ceux d’un commis de l’Etat. Ils sont d’ailleurs presque injurieux pour la Commission Européenne. Certains s’en sont émus et ont lancé une pétition pour protester contre ce débordement.

Nous touchons ici au visage le plus caractéristique du mal français. La classe politique fait profession de quelque chose, mais de quoi ? Certainement pas d’économie ni de droit bancaire. Dès que le sujet est abordé, il est donc confié à une technocratie conservatrice qui réclame que rien ne bouge, que rien ne contrecarre l’avis des banquiers. Les technocrates ont une bonne raison à se montrer serviles: ils espèrent tous être recrutés par une banque.

Ce qui manque à la France pour s’adapter au monde de demain, qui commence aujourd’hui, c’est une technostructure imaginative, ouverte, intelligente, innovante, qui renonce à cette langue de bois et à cette pensée unique qui étouffe le pays. Esprit critique, liberté d’expression, impertinence, devraient être les valeurs les mieux chéries de l’élite française. Seules ces valeurs garantissent une adaptation sans heurts aux nouvelles conditions mondiales.

Notre technostructure est l’exact contraire ce ce portrait-robot : endogamique, conformiste, obsédée par le formalisme, par l’étiquette de la Cour, l’élite française persécute la différence et adore la platitude et la soumission. Faute de lanceurs d’alerte, d’éveilleurs et de novateurs, il ne faudra pas se plaindre si la catastrophe annoncée se réalise


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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie