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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 01:31

Le pouvoir d'achat a connu un recul historique en 2012.

Les chiffres de l'INSEE sont tombés mercredi : le pouvoir d'achat des Français se contracte légèrement (-0,4%), une première depuis... 1984. Une réalité maintenant chiffrée que beaucoup de Français pressentaient depuis longtemps. Mais cette mauvaise nouvelle n'est-elle pas le début d'un processus irréversible ?

Atlantico : L'INSEE recense une baisse du pouvoir d'achat dans l'Hexagone (0,4%), chose que l'on n'avait plus observé depuis 1984. Cette baisse est-elle révélatrice d'une tendance lourde, à savoir le déclin continu de l'économie française, où s'agit-il d'un simple phénomène conjoncturel ?

Rémy Prudhomme : C'est un phénomène durable. Ce qui est frappant c'est que les choses se sont nettement aggravées au cours du quatrième trimestre 2012. L'année fut mauvaise, mais la fin de l'année a vu une diminution du revenu disponible des ménages de 0,8%. Le quatrième trimestre n'est pas le seul responsable, mais la tendance est remarquable. Cependant, il n'y a pas que le revenu disponible des ménages qui a baissé, les exportations et les investissements affichent aussi des résultats très mauvais. La baisse du pouvoir d'achat est donc une nouvelle importante car c'est la première fois depuis trente ans, mais ça ne tombe pas du ciel, c'est la résultante d'une évolution économique globale qui est négative. Depuis des années, la France consommait plus qu'elle ne produisait, et la dette augmentait. Il y a un moment où on ne peut plus augmenter la dette, on est donc obligé de freiner et ça se traduit tout naturellement par une baisse du niveau de vie.

Comment expliquer que l'INSEE ne recense cette baisse que maintenant alors que les Français sont bien conscient de la dégradation de ce pouvoir d'achat depuis plusieurs années ? 

Traditionnellement, les ménages exagèrent beaucoup leur perte du pouvoir d'achat. Depuis des années il y avait un tassement, mais ces dernières années, le pouvoir d'achat augmentait encore, notamment car le PIB continuait de croître un peu. Mais en 2012, il n'a pas augmenté du tout, alors que la population, elle, a grimpé. Il y a donc eu mécaniquement une baisse du PIB par habitant en France.

La campagne présidentielle de 2007 s'est en partie jouée sur le pouvoir d'achat, mais il n'y avait pas de problèmes de ce type à l'époque. Il y avait peut-être une aggravation des inégalités, avec des gens qui perdaient et d'autres qui gagnaient, mais il y avait une tendance à voir la situation plus noire qu'elle n'était en réalité, alors qu'à l'époque la situation était seulement "grise". Maintenant, c'est certain, elle est noire.

Quels sont les Français les plus touchés et les plus épargnés par le phénomène ?

L'INSEE met en cause textuellement l'augmentation des impôts sur les ménages. Cela veut dire que ça a touché principalement les plus riches, puisque la moitié la plus pauvre ne paie pas d'impôts directs. Par contre, les classes moins aisées sont elles touchées par la montée du chômage, puisque même si vous donnez plus d'allocations, le revenu baisse forcément avec la perte d'un emploi.

Il faudrait faire des analyses plus pointues pour savoir quelles sont les catégories sociales qui souffrent de la situation, mais l'augmentation des impôts est, selon l'INSEE, ce qui a le plus marqué le quatrième trimestre 2012 qui a été très mauvais.

Des solutions existent pourtant pour relancer le pouvoir d'achat. Comment expliquer qu'elles ne soient pas appliquées ?

Il n'y a pas de solution miracle. Une augmentation du pouvoir d'achat ne peut venir que d'une hausse de la production, donc du PIB, il faut par conséquent un meilleur climat économique avec plus d'investissements, de productivité et des entreprises qui embauchent. Les solutions de type augmentation du SMIC, des salaires ou blocage des prix, personne n'y croit sérieusement, c'est même plutôt contre-productif car cela risque d'exclure encore plus certaines catégories de personnes du marché du travail. On pourrait bien sûr augmenter la dette, mais on se rend bien compte qu'il s'agit toujours de reculer pour mieux sauter, et que depuis deux ou trois ans, cette solution devient impossible.

Les seules solutions sont des réformes structurelles pour desserrer l'économie, mais il n'existe pas de solutions à court terme. On ne peut pas savoir de quoi demain sera fait, mais je pense que pour les trois ou quatre années à venir il n'y aura de décisions politiques magiques qui inversera la situation.


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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie