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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 00:52
Revendication politique pour une Kabylie autonome

Revendication politique pour une Kabylie autonome

Kabylie : Plaidoyer pour une autonomie de fait (II)

La revendication politique d’une Kabylie autonome pour nous doter des instruments politiques afin de sauvegarder notre identité et gérer nos spécificités, reste une condition nécessaire mais non suffisante à la construction d’une autonomie et d’une moindre dépendance au pouvoir central. C’est une erreur de croire et de faire croire que l’autonomie politique obtenue, nous nagerons automatiquement dans l’opulence et que tous nos problèmes seront résolus.

Contrairement à l’autonomie politique qui mettra du temps à se concrétiser, compte tenu de la réalité algérienne, il y a lieu de réfléchir sur les marges de manœuvre qui nous restent et sur les conditions permettant d’établir une autonomie de fait, laquelle peut être mise en train dès maintenant, car cela dépendra uniquement de notre bon vouloir, de notre capacité de travail et surtout de la sortie de notre condition d’assistés pour adopter un comportement de personnes responsables et désireuses de se prendre en charge. Les peuples qui ont réussi leur autonomie sont ceux qui sont sortis de leur attitude victimaire et qui ont montré leur capacité d’organisation et leur puissance économique. Sans aller très loin chercher des exemples, la communauté mozabite qui, elle, n’est pas dans la revendication politique, est très en avance sur nous dans la concrétisation d’une autonomie réelle préparant éventuellement l’avènement d’une solution politique si tel était son souhait.

Je pense qu’il faut sortir de la revendication politique exclusive. Le combat pour l’autonomie doit être mené à mon sens sur deux tableaux qui interagissent l’un sur l’autre. L’un est celui de la lutte politique qui doit être basée sur un projet pertinent et crédible. À ce propos, on note ces dernières années une régression de la pensée autonomiste. Il nous faudra un saut qualitatif pour rehausser le niveau du débat et aider à la clarification des concepts en faisant le choix du débat et du respect de l’éthique politique. L’autre volet, autre face de la même médaille, n’est pas moins important, c’est la construction d’une autonomie de fait pour créer les assises d’une autonomie politique et rendre ainsi celle-ci crédible et possible.

Ayant perdu son autonomie en 1857, la Kabylie, après avoir été colonisée et dépossédée de ses meilleures terres par la France, subit depuis l’indépendance une continuité de cette politique de dépossession par le système politique algérien de tout ce qui fait son identité et de son potentiel économique. Cette politique s’est accélérée ces dernières années avec l’installation durable d’une insécurité voulue et maintenue pour empêcher tout progrès et tout investissement économique, situation aggravée par les incendies du patrimoine forestier, des oliveraies et des figueraies et par le quasi détournement des ressources hydrauliques.

Face à ce rouleau compresseur, les villages où vit une bonne partie de la population kabyle de Kabylie, vraisemblablement plus de la moitié encore actuellement, résistent comme ils peuvent. Forgeurs de notre identité, lieu de transmission de la langue, de la culture, des valeurs et des savoirs ancestraux, les villages sont l’âme de la Kabylie.

Tous ceux qui veulent détruire la Kabylie le savent et ciblent les institutions villageoises. La déstructuration de celles-ci entamée par la France, a été poursuivie par le pouvoir post- colonial avec l’introduction au cœur des villages d’autres valeurs et référents tels que le fondamentalisme religieux. En effet, on a vu ces dernières années la quasi-totalité des villages atteints par des conflits quant à la construction de mosquées (ajout de mosquée ou reconstruction dans un style étranger wahhabite), financée de l’extérieur et constituant des lieux d’endoctrinement des jeunes préparés par ailleurs à cela par l’école algérienne.

Il est heureux que ce séminaire ait consacré une séance importante aux villages. On a entendu le village de Taqerbust communiquer à propos des problèmes communs aux villages de Kabylie, des maux menaçant la société kabyle et de la volonté de sauvegarder leur corpus de valeurs appelée taqerbusit. Le village de Zubga est venu démontrer qu’une bonne organisation est possible malgré un environnement hostile. Organisé comme une petite république autour d’un texte de lois régissant la vie du village et comportant des sortes de ministères dévolus à la gestion des affaires dans tous les domaines : jeunesse, économie emploi, santé, enseignement, crèches, environnement, sécurité. Ce village s’efforce ainsi d’apporter du bien être aux habitants tout en sauvegardant les valeurs qui maintiennent la cohésion du groupe.

L’élément fondamental est que dans la plupart des villages, l’autorité du village reste supérieure encore à l’autorité des pouvoirs publics, concernant l’organisation de la vie villageoise. À cet égard, je viens d’apprendre que la fermeture récente d’un marché public à Azazga, ville où existe encore une institution villageoise, a été décidée et exécutée par celle-ci (pour des raisons de sécurité semble-t-il), et ce contre l’avis de l’administration étatique restée impuissante devant l’application de cette décision.

Il existe donc des zones relativement autonomes et où la souveraineté villageoise peut en partie s’exercer. Ces zones sont à renforcer, à préserver et à étendre et surtout à fédérer et là, on arrive au cœur de la problématique actuelle de la société kabyle, la difficulté voire l’impossibilité de créer des structures pérennes supra-villageoises.

A suivre

Malika Baraka

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans International