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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 01:19

chretiens.jpgLes électeurs chrétiens ont été peu entendus dans cette campagne. Ils sont pourtant directement préoccupés par un certain nombre de questions sociétales : mariage, euthanasie... Un groupe de chrétiens présente sa position à l'approche du second tour.

 

Après avoir entendu les 13 points d’attention que nous a livrée la conférence des évêques de France le 3 octobre 2011 pour éclairer les consciences. Il nous est apparu important de reprendre le témoin pour plus clairement aider les électeurs.

L’Église institutionnelle a joué son rôle en nous proposant des balises sur le chemin de notre réflexion. Nous vous proposons maintenant de prendre plus clairement une décision.

Résistance Éthique est un groupe de réflexion chrétien qui n’a aucune attache idéologique ni appartenance partisane. Nous souhaitons seulement comme nous y invitent beaucoup de médias, qui qualifient souvent les chrétiens comme des citoyens peu engagés voir muets, de porter notre jugement sur cette élection qui nous semble être particulièrement décisive et primordiale pour notre avenir tant économique que moral.

Le second tour de l’élection présidentielle nous propose trois possibilités, exprimer le choix entre les deux candidats qualifiés mais également celui de le refuser.

Voter le 6 mai : une responsabilité

Les chrétiens au second tour de l’élection se trouvent face à deux questions fondamentales pour eux. D’une part, comme aucun des deux candidats ne semble répondre pleinement à leurs aspirations, il y a une interrogation sur la participation au vote tant la tentation de l’objection de conscience est forte. D’autre part la question du choix du mieux possible entre les deux candidats ne semble pas apparaitre clairement.

Depuis quelques mois, les catholiques, particulièrement, se sont attachés aux trois points non négociables que l’Église nous a donnés. Cela a eu l’effet positif de camper des positions fortes et claires, des convictions profondes et identitaires. Mais ces points, fortement relayés par l’épiscopat ont été mis en avant sans être accompagnés de leurs corolaires indispensables, l’inculturation et le principe de réalité. La réalité c’est que nous ne parviendrons pas en un jour, en un vote, à changer la société.

Ce qui compte c’est la finalité, le point d’arrivée où nous voulons conduire la société et donc l’homme. Perdre de vue cette finalité (tenir les points non négociables), c’est s’ouvrir au relativisme et retirer à l’homme toute possibilité d’avancer vers son bonheur véritable. Mais désincarner cette finalité, c’est oublier que l’homme, la société sont en chemin et que des étapes intermédiaires sont nécessaires.

Il ne s’agit pas d’un compromis passif, mais de la pose d’une pierre supplémentaire pour construire le bien commun. Or cette pierre, dans le contexte qui est le nôtre ne sera souvent pas le bien parfait et accompli, il devra être le mieux possible. Et là, il sera moralement bon.

Les chrétiens ont peur de se compromettre en posant des actes intermédiaires et ceci les paralyse.

L’objection de conscience peut être un choix politique visant à déstabiliser le système, dans l’espoir d’en voir émerger un meilleur. Il faut ici bien proportionner les risques. Si François Hollande est élu, les mesures qu’il soutient en matière d’éthique sociale : la remise en question du mariage traditionnel, la remise en cause du principe de parentalité, les nouvelles facilitées d’avortement, l’autorisation de recherche sur les embryons, l’euthanasie ne se déferont pas sans mal, voire, serons sans retour.

 

On peut revenir sur une mauvaise politique économique, sur des choix stratégiques internationaux mal posés, mais on ne reviendra pas facilement sur des orientations de société qui vont durablement marquer la société.

Les électeurs du Front National qui veulent faire tomber Nicolas SARKOZY doivent mesurer avec gravité les conséquences d’une telle attitude et les proportionner aux résultats qu’ils en espèrent. Ceux du Modem qui se posent la question de l’humanisme chrétien qui est attentif au sort des plus fragiles, doivent prendre en compte l’irréversibilité de certains points du programme socialiste qui contreviennent aux valeurs qu’ils défendent.

L’objection de conscience est malheureusement trop souvent une inconsciente démission. Clairement, ceux qui n’iront pas voter le 6 mai porteront la responsabilité morale et politique des actes de celui qu’ils auront laissé élire.

Vote du 6 mai : un choix raisonnable et exigeant

Pour se décider dans un vote entre deux candidats nous avons identifié deux ressorts déterminants, celui des convictions et de la raison.

Effectivement, l’expression d’un vote est avant tout un choix de convictions. Pour cela il faut bien comprendre sur quelles valeurs reposent les programmes des candidats. Il se détache clairement deux visions, l’une que nous pouvons qualifier de relativiste plus ou moins radicale, et une vision réaliste. Pour un chrétien, le choix est assez clair, le principe de réalité est un principe que nous avons totalement intégré dans notre doctrine sociale. Le christianisme n’est pas une idéologie, bien au contraire, il propose un cheminement dans l’existence qui nécessite toute notre attention.

En cela nous refusons toute vision relativiste qui enferme la personne humaine. Ainsi sur les questions morales et d’éthique sociale nous apportons notre soutien au candidat qui défend une vision réaliste sur le modèle familiale, sur le mariage, la parentalité et qui respecte la vie depuis l’embryon jusqu’à la fin de l’existence. En second lieu, l’expression du vote est aussi un choix raisonnable. Dans le sens ou nous nous devons d’étudier les circonstances que nous traversons pour juger de l’opportunité d’un changement.

Notre société occidentale est confrontée à une période de crise majeure. La crise revêt différents aspects, bien sûr économique et social mais également culturel et moral. Notre choix électoral est dans ce sens déterminant pour la préservation de notre modèle de société.

Qui, s’il n’est pas parfait, reste celui qui respecte le mieux la dignité de la personne humaine. Aux français, s'offre aujourd'hui le choix entre un candidat sortant, dont le bilan économique est honorable. (Les chiffres sont très clairs et ils ne sont contestés par personne, même dans l'opposition et à l’étranger. Le chômage tourne en France autour de 10 %, en Espagne autour de 20 %. Le pouvoir d'achat a progressé en cinq ans, légèrement, mais il a progressé.), et un candidat dont la sincérité n'est pas contestable, mais dont les propositions généreuses sont de nature à aggraver les effets des circonstances à venir, sachant qu'elles ne le favoriseront pas davantage. Il s’agit donc de faire un choix entre un risque calculé et un risque hasardeux.

 

Notre choix se portera donc sur la candidature qui respecte nos convictions morales comme notre raison.

MAIS, voter Nicolas SARKOZY ne doit pas être un simple pis-aller. Il faudra que les chrétiens, après le 6 mai, s’engagent fermement dans une posture vigilante pour rappeler sans cesse leurs exigences. Nous avons les moyens de peser dans la balance électorale, nous avons surtout la possibilité de poser une première pierre ce 6 mai !

 

 

source : ATLANTICO

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique