Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : CITOYENS ET FRANCAIS
  • CITOYENS ET FRANCAIS
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Société Emploi Economie Géostratégie-INTERNATIONAL PRESS REVIEW ------ ОБЗОР МЕЖДУНАРОДНОЙ ПРЕССЫ
  • Contact

Rechercher

translator


 

En direct Flux de trafic

Flag Counter

mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 01:51

En 732, Charles Martel et les Francs ont remporté la bataille de Poitiers face aux musulmans.Atlantico : Une soixantaine de manifestants du mouvement d'extrême droite Génération identitaire ont occupé pendant quelques heures samedi matin le chantier d'une mosquée en construction à Buxerolles, à côté de Poitiers. Cette action traduit-elle une radicalisation des mouvements identitaires en France ?

Jean-Yves Camus : Derrière l'intitulé "Génération identitaire", il s'agit en fait d'une action du Bloc identitaire qui ne compte que quelques centaines d'adhérents dans toute la France. On est loin d'un mouvement de masse et les résultats électoraux du bloc sont assez modestes. Mais il faut noter que lors de la convention du 3 et 4 novembre 2012 qui fêtera les dix ans du Bloc identitaire et se déroulera à Orange dans le Vaucluse, le député maire Jacques Bompard sera présent ainsi que l'ancien député UMP du Nord Christian Vanneste. On ne peut donc pas parler de radicalisation ou de montée en puissance du bloc identitaire, mais plutôt d'une banalisation de ses idées.

 Venez à Orange..." Il faut laisser au bloc identitaire, la responsabilité de leur accroche. Mais cela prouve bien que le mouvement veut essayer d'avoir une longueur d'avance sur les politiques pour toutes les questions qui concernent l'identité nationale, la place de l'islam en France ou le "racisme anti-blanc". Ils estiment que certaines de leurs idées peuvent faire leur chemin : par exemple l'idée que l'islam est incompatible avec la civilisation française. Il sont dans une optique ethno-différentialiste d'arrêt totale de l'immigration. Ils espèrent que leur vision progressera, pas seulement avec le FN avec lequel ils n'ont jamais réussi à trouver d'accord, mais aussi avec une parti de la droite.

Leur intervention de samedi n'arrive pas à n'importe quel moment, elle n'arrive pas non plus partout : la référence à Charles Martel et à la bataille de Poitiers en 732 n'est pas innocente.

Stéphane François : Non, du tout. Le refus de l’islam est une composante importante de la mouvance identitaire depuis son apparition, c’est-à-dire depuis la fin des années 1990/début des années 2000. Le lancement de cette thématique est à chercher dans un ouvrage, qui a eu un gros succès dans ces milieux, La colonisation de l’Europe. Discours vrai sur l’immigration et l’Islam écrit par Guillaume Faye en 2000. Les premières campagnes du Bloc Identitaire développaient déjà cette thématique. Il ne faut pas oublier que dès 2003 les Identitaires français mettaient en place les fameuses et médiatiques « soupes au cochon »…

Les militants de "Génération identitaire" sont très jeunes. Ces mouvements attirent-t-ils particulièrement les jeunes ?

Jean-Yves Camus : Les militants dont la garde à vue a été prolongée avaient entre 23 et 26 ans. Ce n'est pas exactement le même mouvement qu'Unité radicale" , qui était l'ancêtre du Bloc. Lorsque ce mouvement a été dissout en 2002, les militants avaient entre 13 et 16 ans.

Stéphane François : La France n’est pas un cas particulier : effectivement, on observe une recrudescence, voire un développement des thèses et discours identitaires un peu partout en Europe, de l’Espagne à la Russie, en passant par l’Italie. Comme ces structures regroupent peu de monde (environ 500/1000 personnes), à l’exception de la Ligue padane en Italie qui a un effectif beaucoup plus important, je ne pense pas qu’ils puissent déstabiliser les démocraties. En outre, la mouvance identitaire est trop éclatée en fractions ennemies pour pouvoir faire une action commune d’envergure, et cela malgré leur volonté récurrente de mettre en place des synergies. Par contre, ces groupes peuvent influencer les discours politiques, ainsi que les médias.

 N’oublions pas que les opérations « saucissons pinards » sont une invention du Bloc Identitaire, qui a été reprise non seulement par d’autres groupes d’extrême droite, mais aussi par la frange la plus réactionnaire de l’UMP.

Comment expliquez-vous ce phénomène ? Est-ce lié à la mondialisation ?  

Les identitaires ont une conception de la nationalité française culturaliste, ethno-différentialiste qui repose sur la conviction qu'un Français est quelqu'un qui partage par des racines très profondes l'ensemble de l'Histoire et de la culture de notre pays. Par rapport au christianisme par exemple, ils ne sont pas nécessairement très axés sur la pratique culturelle, mais considèrent que le catholicisme fait partie intégrante de l'identité nationale, voire en est le pivot. Ils estiment que la France est sociologiquement et culturellement chrétienne. 

Stéphane François : Clairement : oui. Il s’agit d’une réaction aux ravages de la mondialisation, et aux dérèglements qu’elle implique. Il s’agit à la fois de s’accrocher aux origines (d’où l’appellation identitaire), et une volonté de développer un discours antimondialiste, afin de répondre aux peurs nées de la mondialisation : peur de perdre son emploi à cause des délocalisations ou pour des raisons financières, peur de se faire envahir à cause de mouvements importants de population, peur de perdre son identité et ses pratiques régionales, etc. Le discours identitaire surfe sur les inquiétudes des populations européennes… Et propose en retour un repli sur soi, mais contrairement aux partis néo-jacobins comme le Front national non pas au niveau national, mais au niveau local et régional.

Parallèlement, à cette montée des mouvements identitaires, on constate aussi une progression de l’Islam radical. Les mouvements d’extrême droite et l’islamisme radical sont-ils les deux faces d’une même pièce ?

Jean-Yves Camus : Je ne dirais pas que ce sont les deux faces d'un même pièce car la thèse des identitaires, c'est l'incompatibilité des valeurs européennes avec l'islam et non pas avec l'islamisme.

Mais, Il faut pas perdre de vu, lorsqu'on dresse le panorama des périls qui menacent la société française, qu'il n' y a rien de comparable entre l'action de Mohammed Merah et les militants du bloc identitaire. Il y a une hiérarchie dans les périls. Cette hiérarchie, aujourd'hui, est claire.

Stéphane François : Oui : il s’agit d’une réaction à la fois à la mondialisation et à l’américanisation des sociétés… Les deux, qui sont en fait une même chose pour eux, sont des instruments de destructions des identités locales et des ères civilisationnelles. Il s’agit pour les uns et les autres de les combattre. Seulement, il y a une différence de taille entre l’islamisme et la mouvance identitaire : le premier est un mouvement offensif, agressif, et le second est un mouvement, au contraire, de défense : nous ne verrons pas d’identitaires faire des attentats suicides.

D’ailleurs, une bonne partie de leur rhétorique est basée sur la peur de la 5ème colonne intégriste sur le sol européen. Ceci dit, il faut être honnête : les extrémistes de tous poils ne voient dans le camp adverse que ceux qui leur ressemble…

 

source

Partager cet article

Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Immigration