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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 00:39

Sans-papiers, sans ressources, des tuberculeux venus de l’Est sont pris en charge gratuitement à l’hôpital. Un phénomène nouveau et inquiétant. Interview.

Le Figaro du jour contient une petite bombe. En page 2, le quotidien affirme que de plus en plus de personnes en provenance de pays de l’Est, Russie, Géorgie, Tchétchénie, arrivent à l’hôpital atteintes d’une forme sévère et très résistante de la tuberculose, la XDR (extensively drug resistant). Cette maladie nécessite une prise en charge très lourde et coûteuse : l’article avance le chiffre de 1.050 euros par jour pour un lit dans une chambre à pression négative pour éviter la contagion.

Les autorités sanitaires et le Quai d’Orsay prendraient très au sérieux l’hypothèse d’une nouvelle filière d’immigration clandestine qui orienterait ces malades vers la France, le seul pays à offrir une aide médicale gratuite et sans condition à tout malade dont le pronostic vital est engagé.

En première ligne face à ce phénomène inédit et inquiétant, les services des maladies infectieuses des grands hôpitaux parisiens, et notamment celui de la Pitié-Salpêtrière, dirigé par le Pr François Bricaire. Son service accueille actuellement six malades dans ce cas, dont deux arrivés récemment.

Le Point.fr : Quelle est, pour vous, la première source d’inquiétude ?

Pr François Bricaire : Il s’agit d’abord d’un problème médical. Ce sont des malades multirésistants - certains disent même « totorésistants » puisque les bacilles dont ils sont porteurs résistent à tous les traitements actuels -, ce qui nous oblige à faire des cocktails thérapeutiques très compliqués et dont l’efficacité reste, malgré tout, incertaine. Heureusement nous n’avons pas eu de mortalité, car nous nous battons de toutes nos forces, soit avec des médicaments classiques, soit avec de vieux produits que nous réutilisons. Nous en donnons plusieurs simultanément, jusqu’à huit d’un coup. Parfois même nous prescrivons de nouveaux médicaments qui ne sont pas encore totalement validés. Mais soyons clairs, il n’y a pas de problème de décès parce qu’ils sont en France. Sinon ils seraient déjà morts.

Quel est le prix de ces traitements ?

Il est élevé. Il y a celui de l’hospitalisation, celui des antituberculeux et celui de la chirurgie, qui est souvent nécessaire. Elle consiste à retirer une partie du poumon, quand il y a trop de dégâts liés à une très grande concentration en bacilles. L’intervention accélère la guérison, mais elle transforme ces malades tuberculeux en insuffisants respiratoires. L’hospitalisation de ces personnes dure en général plusieurs mois.

Et que se passerait-il en cas de grosse épidémie de grippe, par exemple, nécessitant des lits pour de nombreux malades ? Les Français auraient-ils à en pâtir ?

Je ne le crois pas. On pourra toujours s’arranger, mon service étant spécialisé dans tout ce qui est émergent, il peut s’adapter aux nécessités et gérer les accueils. En cas de besoin, on a à la Pitié-Salpêtrière un plan de libération d’un certain nombre de lits pour faire face aux problèmes infectieux épidémiques, quitte à déplacer des patients et à les transférer dans d’autres services. On peut s’organiser pour que les malades les plus infectés soient accueillis dans le service de maladies infectieuses et que les moins contagieux soient hébergés dans d’autres secteurs de l’hôpital.

Croyez-vous qu’il y ait une filière organisée pour amener ces malades en France ?

En tout cas, les patients se donnent le mot. Dans leur pays d’origine, on leur dit que la France est le seul pays où ils pourront être traités.

Le dernier problème concerne la santé publique. Vous dites que ces malades ne respectent pas la mise à l’isolement, qu’ils sortent et risquent donc de contaminer d’autres personnes...

C’est vrai qu’ils ne sont pas très faciles. Mais il faut se mettre à la place de types qui ont été maltraités dans leur pays d’origine, dans tous les sens du terme, qui arrivent sans parler français ni anglais, et que l’on colle dans une chambre en leur demandant de rester avec un masque. C’est difficile pour eux. Alors nous sommes obligés de sévir.

Par l’intermédiaire de l’interprète russe, il m’est arrivé de leur dire : si vous ne voulez pas respecter les consignes, je vais être obligé de prévenir mes autorités de tutelle. Ça veut dire que vous allez passer sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Ce qui ne sera sans doute pas l’idéal dans votre situation. Donc mieux vaut accepter nos consignes légères, d’être nourris, logés, blanchis et traités, plutôt que d’être reconduits à la frontière. C’est évidemment un discours qu’ils comprennent...

Par Anne JeanblancLe Point

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Santé - Science