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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 01:03


Dans les pays riches, le coût des réfugiés fait l’objet de polémiques. En France, 520 millions d’euros ont été dépensés sur l’asile par le gouvernement en 2011 pour 60.000 demandeurs (le budget initialement prévu était de 327,55 millions d’euros), soit 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile.

Là encore, ce calcul est purement théorique, et ne prend pas en compte les aides aux personnes qui ont obtenu l’asile, ni le budget des associations qui travaillent en parallèle du gouvernement.

Cela varie grandement en fonction de sa situation. Un réfugié sri-lankais qui habite en région parisienne n’a pas les mêmes besoins que l’un des 400.000 réfugiés somaliens qui habitent dans les camps géants du nord-est du Kenya.

Sur ce budget, 334 millions d’euros (soit 64%) sont dédiés à l’hébergement. En comparaison, le logement ne représente que 4,7% de l’aide internationale prévue pour les réfugiés syriens de Jordanie.

En Australie, où le débat sur les immigrés illégaux est passionné, chacun y va de son calcul. Le pays a dépensé en 2011-2012 800 millions de dollars pour son système de rétention des demandeurs d’asile pour environ 7.000 personnes prises en charge, soit un coût de 110.000 dollars par demandeur d’asile.

Mais cette somme ne prend pas en compte le coût de la procédure, des interceptions de bateaux ou encore de l’aide légale ou médicale fournie aux détenus en attente de décision.

Si les réfugiés représentent indéniablement un coût important pour les pays qui les accueillent, ils peuvent également être une source de revenu, en payant des impôts et en travaillant par exemple, même si cela peut être compliqué.

Dans plusieurs pays européens, les demandeurs d’asile n’ont pas le droit de travailler, et sont donc légalement obligés de dépendre entièrement de l’aide publique, à moins de travailler au noir, en attendant l’éventuelle obtention du statut de réfugié. En France, ils le peuvent sous certaines conditions. C’est pourquoi le HCR et de nombreuses autres organisations militent pour le droit au travail des demandeurs d’asile.

Les réfugiés somaliens, comme les réfugiés syriens qui affluent en Jordanie ou les Soudanais partis du Darfour pour le Tchad, arrivent en grand nombre dans des camps sans aucune ressource et ont besoin de tout: eau, nourriture, éducation, santé, etc.

La Jordanie a lancé lundi 3 septembre un appel aux donateurs internationaux pour tenter de réunir 700 millions de dollars (un peu plus de 550 millions d’euros) pour venir en aide aux 240.000 Syriens du pays, dont 185.000 sont des réfugiés, soit 2.917 dollars pour chaque Syrien du pays.

Peut-on calculer le coût d’un réfugié aussi simplement? Et qu’est-ce qui coûte le plus cher dans la prise en charge de ces populations? Un Sud-soudanais vivant par ses propres moyens en Ouganda coûte moins cher qu’un Syrien dans un camp de Jordanie.

Pour évaluer le coût que représente leur prise en charge dans les camps, le Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) s’appuie d’abord sur l’enregistrement: si l’on sait combien de familles sont présentes dans un camp, on peut calculer en gros le nombre d’écoles ou encore la quantité de nourriture nécessaire. Mais le processus est forcément approximatif.

L’ONU recense actuellement plus de 200.000 réfugiés syriens répartis entre la Turquie, la Jordanie, l’Irak et le Liban, mais concède que ce chiffre est en-deçà de la réalité, tandis que la Jordanie estime à 185.000 le nombre de réfugiés syriens sur son territoire.

Pour les réfugiés syriens, le HCR a lancé avec les organisations d’aide humanitaire un premier appel de 84,1 millions de dollars en mars 2012, une somme qui a été revue à la hausse à cause de l’afflux massif de personnes fuyant le conflit. En juin, le HCR avait estimé que la situation nécessitait désormais un financement de 193 millions de dollars au bénéfice d’environ 100.000 réfugiés syriens, un chiffre qui a encore doublé dans les deux mois qui ont suivi.

Cela revient à 1.930 dollars par réfugié, un chiffre purement théorique qui ne prend pas en compte la durée de séjour des réfugiés, qui atteint parfois plusieurs décennies.

Hébergement, nourriture, santé, éducation…

Tout réfugié a besoin d’un logement, de manger, de recevoir des soins ou encore d’aller à l’école pour les enfants. Mais la répartition de l’aide entre ces différents domaines dépend beaucoup de la situation du pays qui le reçoit. Les réfugiés syriens par exemple sont logés en majorité chez des familles d’accueil au Liban, tandis qu’en Turquie ils habitent dans des camps de réfugiés. 18,6% du budget prévu par l’ONU pour les réfugiés syriens en Jordanie est dédié à la santé, contre seulement 8,3% de celui prévu pour l’Irak, tandis que le budget «nourriture» représente 21,8% de l’aide destinée au Liban, contre 16,7% de celle pour la Jordanie.

Le coût des réfugiés plus autonomes qui vivent en ville est en principe moins important. Dans le meilleur des cas, ils ont un travail et parviennent à subvenir à leurs besoins, payent leur propre nourriture et louent leur propre appartement, même s’ils peuvent continuer à toucher des aides.

De nombreux réfugiés du Sud Soudan vivant en Ouganda ont ainsi choisi d’éviter les camps et de vivre de leurs propres moyens sans aucune aide. Dans une telle situation, le réfugié coûte forcément moins cher qu’une personne bloquée dans un camp et dépendante à 100% de l’aide qu’on lui apporte.

Un réfugié «intégré» utilise les services publics (santé, éducation etc.) de sa ville d’accueil et représente donc un coût pour son pays hôte, surtout quand celui-ci est pauvre. La plupart des deux à trois millions de réfugiés afghans au Pakistan habitent ainsi dans des villes et non dans des camps.

C’est pourquoi les pays aux économies fragiles qui accueillent des réfugiés de pays voisins préfèrent souvent que ceux-ci restent dans des camps où ils dépendent entièrement de l’aide internationale plutôt que de les voir vivre dans leurs villes et de devoir supporter tout ou partie de leur coût.

Dans certaines régions où les réfugiés sont mélangés avec la population locale, les programmes d’aide des organisations humanitaires ou de l’ONU profitent à toute la population. Quand le HCR construit une école pour des réfugiés colombiens en Équateur, les enfants équatoriens la fréquentent également et sont donc eux aussi bénéficiaires de l’aide.

Slate

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Immigration