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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 00:24

bouteflika
Le comité central du parti du Front de libération nationale (FLN) a proposé, samedi à Alger, la candidature de M. Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle prévue en 2014. Alors que les ennuis de santé avaient fragilisé l’hypothèse d’un quatrième mandat du président, cette décision est-elle une surprise ?
Ahmed Rouadjia : Rien n’est surprenant dans un pays où les paradoxes, les contradictions, voire même l’irrationnel et l’absurde paraissent comme étant choses « normales », et partant conformes au caractère opaque et quasi indéchiffrable du « système politique » qui préside au destin de l’Algérie, cette nation à la fois rebelle et conformiste, rieuse et goguenarde, pessimiste et sceptique… Comme tout le monde sait que rien n’est impossible dans ce pays de contrastes et de contradictions « violentes », voilà cette décision du Comité central Bis du FLN.

Car il y en a bel bien deux comités centraux et deux FLN, depuis le coup d’Etat du 29 août dernier fomenté par le clan présidentiel qui a porté à la tête du vieux Parti un certain Amar Saadani, après l’éviction de Abdelaziz Belkhadem, qui était pourtant le conseiller spécial de Bouteflika et le propagandiste intéressé à la fois en faveur du quatrième mandat et en faveur des confréries religieuses dont il se faisait l’apologiste intéressé et retors au point qu’il aimait à imiter leur costume, leur pose et leur mysticisme… [...]

Le quatrième mandat brigué par Bouteflika sous la pression constante de ses partisans plutôt intéressés que convaincus « philosophiquement » de sa « probité » ou de ses facultés intellectuelles et politique à sortir le pays de l’immobilisme politique dans lequel il s’enfonce jour après jour, obéit à la seule logique des intérêts à courte vue de ceux qui pensent l’Algérie non pas comme une nation à développer, à construire et à élever à la dignité des grandes nations industrieuses et imaginatives, mais comme une source d’enrichissement, une manne leur permettant de se remplir à ras- le bord les poches et le ventre…

Abdelaziz Bouteflika a-t-il la capacité physique (ou tout simplement la volonté) de mener un quatrième mandat ?

Il n’ a ni les capacités physiques et psychique ni la volonté de briguer un quatrième mandat. Bouteflika lui-même l’avait implicitement déclaré lors de son discours de mai 2011 à Sétif lorsqu’il avait lancé : « ajnânnâ tâb ! » (nous sommes foutus, nous avons atteint notre seuil limite…). En disant cela, le président avait voulu témoigné de manière métaphorique de son « usure  » et donc de son incapacité à aller au-delà de son troisième mandat. [..]

M. Bouteflika est à la tête de l’Algérie depuis 14 ans. Cette décision du FLN démontre-t-elle un blocage absolu des institutions démocratiques dans le pays ?

Oui, il est au pouvoir depuis 14 ans. S’il le pouvait, s’il avait la capacité physique, la force et l’enthousiasme de la jeunesse, il pourrait ne pas quitter le pouvoir jusqu’à la fin de ses jours. Comme tous les chefs d’Etat et monarques arabes « drogués » par le pouvoir absolu et l’amour de commander et de régner sans partage, le président Bouteflika aurait certainement aimé, s’il n’était affaibli par la maladie et l’âge, de proroger son mandat pour cinquante ans encore !!

Mais je voudrais rectifier ici une erreur : la décision de reconduire le président n’est pas le fait du FLN comme s’il était monolithique, mais d’une partie du FLN gagnée corps et âme au président. Comme je l’ai dit, le FLN est brisé comme un atome en deux parties antagoniques, irréconciliables… L’éclatement de ce vieux parti, qui fut naguère le fer de lance de la guerre de libération nationale, le chef de fil des révolutionnaires du Tiers Monde, et la fierté et la dignité retrouvées du peuple algérien, est la conséquence de « ce blocage absolu des institutions démocratiques » dont vous faites état ; et ce blocage est le résultat inévitable de l’affaissement des valeurs éthiques du patriotisme algérien, et du sens de l’Etat-nation… Cet affaissement des valeurs patriotiques envisagées au sens positif d’amour pour les intérêts collectifs au détriment de l’égoïsme individuel, a eu pour effet de faire naître au sein de la société algérienne, politique et civile, une foule de corrompus qui parasitent tous les rouages de l’édifice étatique et qui en bouchent tous les pores…

[...]
Encore une fois, je répète que le FLN n’a plus de « direction » mais deux : celle qui a été « réinventée » de toutes pièces et imposée par le clan présidentiel comme « représentative » du FLN et dont la figure de proue, imposée elle aussi d’en « haut », est représentée par Amar Saadani que d’aucuns vouent aux gémonies en raison de ses pratiques supposées à tort ou à raison de « corrompues » ; l’autre est représentée par le coordonnateur du mouvement de redressement, Abdelkrim Abada , qui accuse Amar Saadani et ses acolytes de « détourner le parti et la volonté de ses militants pour servir des desseins sordides ».

[...]
Abdelkrim Abada, Abderrahmane Belayat et leurs pairs du comité central qui s’opposent à ce diktat en appellent déjà aux militants du FLN pour qu’ils remettent « le parti sur les rails de la légitimité » et pour dénoncer enfin le coup de force fomenté par les tenants de « la corruption, le népotisme et le clientélisme » et qui sont « à l’opposé des valeurs de Novembre ». [...]

La lettre critique envoyée il y a quelque jours par l’ex-chef du groupe parlementaire à Bouteflika s’inscrit justement dans le contexte de cette crise multidimensionnelle de l’Etat, du vieux parti et de la société civile tout entière dont les repères s’effilochent en même temps que s’obscurcirent les perspectives de l’avenir.

Ahmed Rouadjia
Propos recueillis par Morgan Bourven
http://www.atlantico.fr/decryptage/vers-quatrieme-mandat-pour-bouteflika-algerie-est-elle-democratiquement-au-point-mort-ahmed-rouadjia-900765.html#DLPeAhiXy39eSG0G.99

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans International