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11 avril 2016 02:10

EPINGLEE - Retards de paiements, épargne nulle, sous budgétisation… Un audit de la nouvelle région Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes (ALPC) a mis au jour la "situation financière alarmante" de la région Poitou-Charentes, tandis que l'opposition de droite a émis "un sérieux doute" sur la sincérité des comptes et demandé à son ex-présidente PS, Ségolène Royal, alors aux manettes, de "s'expliquer. La Chambre régionale des comptes est saisie.

C’est sans doute une conséquence de la fusion des régions : il a fallu mettre son nez dans les comptes. Et parfois, des petites surprises apparaissent. Ainsi, un audit de la nouvelle région Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes (ALPC) a mis au jour la "situation financière alarmante" d'une des mariées, l'ex-Poitou-Charentes, tandis que l'opposition de droite a émis "un sérieux doute" sur la sincérité des comptes et demandé à son ex-présidente PS, Ségolène Royal, de "s'expliquer".

L'audit a été commandé par le président PS de la grande région Alain Rousset. Il a souligné les ratios financiers "performants" de la nouvelle région ALPC à la veille de la fusion (31 décembre 2015), mais masquant des "hétérogénéités", en particulier une "forte dégradation" de la situation de Poitou-Charentes. Au point que, sans la fusion des trois régions, "nous serions vraisemblablement en train de constater la faillite et la banqueroute de la région" Poitou-Charentes, a affirmé le président de la commission des Finances d'ALPC, Olivier Chartier (Les Républicains), en présentant à la presse les résultats de l'audit mené par Ernst & Young.

 

 

Epargne nulle, retards de paiements, dépenses pas inscrites

"Points noirs" de l'audit concernant le Poitou-Charentes: des retards de paiements s'élevant à 132 millions d'euros, et qui avaient déjà été révélés en février par Alain Rousset. Mais aussi une épargne "quasi-nulle" avec un taux net de 0,05%, une sous-budgétisation, "des dépenses qui ne sont pas inscrites au budget en fonction de la réalité des besoins", a énuméré pour sa part le vice-président de cette commission de Finances, le PS Florent Boudié.

Le cabinet relève aussi, parmi les emprunts, "56 millions d'euros à très haut risque" qui nécessiteront un plan de désengagement, et 46 millions d'euros d'emprunts "à risque". Pèsent, enfin, deux crédits-bails pour le renouvellement de TER, obérant la capacité de désendettement. 
"C'est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte" depuis 2013, a résumé Florent Boudié. Olivier Chartier a déploré un "volontarisme politique" en forme de "fuite en avant, un tas de sable de dépenses reportées à des années ultérieures pour éventuel financement". Il a émis "un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l'époque".

La Chambre régionale des comptes, saisie, devrait rendre un rapport à l'automne. C'est au juge des comptes, qu'il reviendra d'apprécier "d'éventuelles responsabilités", et d'engager le cas échéant des procédures, ont indiqué les élus.
Un complément d’audit va également être réalisé. L'ancien premier-vice président PS de Poitou-Charentes et proche de Ségolène Royal, Yves Debien, a dans un communiqué jeudi rappelé que l'étude d'Ernst & Young est un simple "audit flash réalisé en quelques semaines", qui "ne peut donner une appréciation sur la gestion" de la région.
(...)

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