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8 août 2017 16:40

 

 

 

Depuis plusieurs jours, les femmes turques sont dans la rue pour réclamer la liberté de s’habiller comme elles l’entendent. Deux femmes ont été agressées dans les transports publics par des hommes qui jugeaient le port d’un débardeur ou d’un short « provocant ».

Sophie Bessis est une historienne franco-tunisienne et chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Elle est également l’auteure de plusieurs ouvrages traitant de la condition des femmes dans les pays arabo-musulmans, du Maghreb et du monde arabe. Elle livre son point de vue sur la situation en Turquie, où le conservatisme patriarcal tend à s’imposer progressivement, avec l’assentiment du pouvoir en place.

Concernant les droits des femmes, peut-on parler de virage idéologique au sein du pouvoir turc ?

Il ne s’agit pas de virage et les choses se sont faites de façon assez lente. L’AKP [Parti de la justice et du développement] est au pouvoir depuis quinze ans maintenant. Dans les dix premières années, son chef a fait part de son souhait d’entrer dans l’Europe et a cherché à satisfaire aux exigences de l’Union européenne en matière de droits humains. Mais le refus de l’UE d’envisager une adhésion turque et les fondements idéologiques de l’islam politique qui sont ceux de l’AKP ont fait revenir le balancier vers une réislamisation de la société.

Pour ce faire, le pouvoir dispose d’une base sociale en Turquie centrale et orientale notamment, et dans les grandes villes de l’Ouest, vers lesquelles l’émigration d’origine rurale a été importante. Dans ce contexte, la restriction des droits des femmes est une obsession pour le président turc, Recep Tayyip Erdoan. C’est très clair sur l’avortement et la contraception. Il a aussi affirmé à plusieurs reprises que le rôle naturel des femmes était au foyer et a qualifié de « traîtres » celles qui n’auraient pas au minimum trois enfants.

Est-ce que les hommes turcs soutiennent les manifestantes ?

La question des droits des femmes est une ligne de clivage fondamentale entre les modernistes et les conservateurs dans les pays musulmans. En 2011, après la révolution, la Tunisie a été gouvernée par les islamistes, pendant trois ans, qui souhaitaient aussi réduire les droits des femmes. Les modernistes sont conscients que les avancées pour les femmes sont centrales dans un projet de société démocratique. Donc il y a aussi des hommes, les femmes ne sont pas seules. Mais seul leur combat permettra d’avancer.

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