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20 octobre 2017 12:02

Pour le politologue bulgare, cette crise marque un tournant dans la dynamique du projet européen. Elle sera au cœur du Conseil européen qui s’ouvre ce jeudi. (…)

–Comment expliquez-vous la division provoquée par la crise des migrants entre l’est et l’ouest de l’Europe?

C’est la première fois que cette division revient depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme. Les pays de l’Est ressentent une sorte de panique démographique. Après la chute de l’URSS, leurs habitants étaient massivement partis à l’ouest. La Bulgarie a perdu par exemple deux millions de personnes.

Résultat: ceux qui restent sont considérés comme des perdants. Ils sont souvent âgés et se demandent si la société dans laquelle ils vivent va survivre.— Ils ont peur d’une «disparition ethnique—. Et puis, les pays de l’Est n’ont jamais été des puissances coloniales. Non seulement ils ne connaissent par «l’autre».

Mais ils n’ont vis-à-vis des pays d’Afrique et du Moyen-Orient aucun sentiment de culpabilité. Ils se considèrent en outre eux-mêmes comme des victimes, celles de la guerre froide. Mais au-delà, tous les pays occidentaux ont leur «est», leurs zones dans lesquelles des populations se sentent abandonnées. C’est le paradoxe de la globalisation. Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté mais de moins en moins universel.

–Le changement de politique migratoire de l’Allemagne peut-il selon vous réduire ces fractures?

La politique migratoire va sans doute faire l’objet de plus de consensus dans les années qui viennent, avec le renforcement annoncé du contrôle des frontières de l’Europe. Mais il ne faut pas s’attendre à voir s’effacer la différence entre l’Est et l’Ouest.

L’Europe orientale reproche deux choses à l’Allemagne. Sur la forme, elle rejette la manière autoritaire avec laquelle Berlin a imposé sa politique migratoire, forçant les autres pays à obéir. Sur le fond, elle récuse le discours consistant à vanter les avantages et les mérites des sociétés multiculturelles.

Il n’est pas possible d’affirmer que le multiculturalisme n’apporte que des choses positives et de nier les problèmes qui lui sont liés, comme l’insécurité ou l’inquiétude de ceux qui voient leur environnement se transformer jusqu’à leur devenir étranger, y compris au niveau de la langue.

Le modèle multiculturel est diabolisé par les populistes et idéalisé par la gauche. Il faut sortir de ce débat d’idéologues.

Le Figaro

via http://www.fdesouche.com/896379-ivan-krastev-crise-migrants-11-septembre-de-leurope

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