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mise en ligne le 15/10/2018

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15 novembre 2017 19:19


De l'intervention d'Emmanuel Macron à Tourcoing sur la politique de la ville, la presse subventionnée a surtout retenu la remise en selle des emplois francs, dispositif qui devrait permettre de verser une aide de 15.000€ pour tout recrutement d'un jeune des quartiers en CDI. Cette mesure, tentée sous François Hollande et rapidement abandonnée au vu de son inefficacité, fait couler beaucoup d'encre.

Mais une autre mesure est passée inaperçue, alors qu'elle devrait susciter des réactions plus brutales: l'Inspection du Travail devrait recevoir pour instruction de mener des campagnes spécifiques de lutte contre la discrimination à l'embauche. Les entreprises épinglées seront désignées à la vindicte populaire par la publication de leur nom.

On retrouve ici les idées avancées en son temps par l'institut Montaigne au terme d'une étude peu rigoureuse et largement inspirée par une idéologie d'universitaires coupés du monde du travail. 

Lutte contre les discriminations à l'embauche ou fantasme idéologique?

On connaît le vice méthodologique de ce genre d'études. Il mesure le taux de non-réponse à des candidatures présentées par des jeunes portant un patronyme à consonance étrangère. Souvent, il procède par testing: le même CV est envoyé à un recruteur sous deux noms différents. On étudie alors le taux de réponse à la candidature portant un patronyme français, et à celle qui porte un nom étranger. On en déduit ensuite l'existence ou non d'une discrimination. 

Or, le problème est que ces études ne mesurent pas, in fine, le taux de recours réel à des jeunes portant un nom étranger dans les entreprises. Les entrepreneurs savent pourtant tous que la moindre offre d'emploi appelle plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines de réponses. Très majoritairement, celles-ci émanent de jeunes portant un nom étranger. Il est donc fréquent que si les recruteurs n'apportent pas de réponse à toutes ces candidatures, ils recrutent quand même finalement des jeunes portant un nom à consonance étrangère. 

On se régale par avance des campagnes de shaming visant des entreprises qui prouveront, au final, qu'elles recrutent majoritairement des jeunes issus de l'immigration. L'État leur reprochera d'avoir recruté quelques jeunes ayant un nom "de souche" au milieu d'une masse de recrutements à consonance étrangère.

Mesurer effectivement le remplacement

Si ces études dénonçant d'imaginaires discriminations à l'embauche manquent autant de rigueur, elles ont une circonstance atténuante: le poids réel des minorités visibles n'est pas mesuré officiellement. Il est donc difficile de rendre compte d'un phénomène mal cerné aujourd'hui: la mise en minorité, dans la recherche d'emploi, des Français autochtones. Ceux-ci sont souvent absorbés par les concours de la fonction publique et deviennent minoritaires dans la concurrence aux postes du secteur privé. 

Mécaniquement, ce déséquilibre démographique donne aux jeunes des quartiers le sentiment d'être moins souvent sélectionnés sur les emplois auxquels ils ont accès. Ils sont en effet plus nombreux à postuler, et donc plus nombreux à être refusés. Cette situation n'a rien à voir avec une discrimination. 

Pour le comprendre définitivement, il faudrait mettre en place des statistiques ethniques. Celles-ci permettraient de vérifier que les entreprises sont aujourd'hui confrontées à une masse de postulants souvent très éloignés des compétences requises pour occuper le poste qu'elles proposent.

La démarche permettrait de mieux expliquer aux jeunes refusés que le refus ne tient pas à leurs origines, mais à leur manque de qualification. 

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