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14 décembre 2017 23:20

(Breizh-info.com) – Ce sont deux reportages historiques de grande qualité que le service public a proposé il y a quelques jours sur la 5.

Avec «  Quand l’extrême droite résistait » et « Quand la gauche collaborait » les deux réalisateurs Florent Leone et Christophe Weber ont mis les pieds dans le plat de l’historiquement correct devenu doxa et brisé des tabous qui sclérosaient l’histoire contemporaine de la France depuis plus de 70 ans.

Quand l’extrême droite résistait

La légende veut que les pionniers de la résistance et ceux qui rejoignirent les premiers le Général de Gaulle aient uniquement été des hommes de gauche. Bien sûr, on connaissait quelques noms comme Pierre de Bénouville, Honoré d’Estienne d’Orves ou le futur Colonel Rémy.

Mais leur origine politique était cachée . Or les premiers résistants, hormis les juifs, venaient le plus souvent d’une droite nationaliste très anti allemande, anciens de la Cagoule ou de L’Action française de Charles Maurras.

De Londres à Alger  ou dans les réseaux de résistance de la France occupée ou dans les maquis  , leur rôle fut minoré car non conforme aux canons résistancialistes. En 2000 l’historien Jean Claude Valla consacra le premier,  deux ouvrages  à leur action sous le titre « l’extrême droite dans la résistance » (Réédité chez Dualpha).

Quand la gauche collaborait

Plus explosive encore est la révélation  du  soutien de nombreux hommes de gauche au gouvernement du Maréchal Pétain comme l’ancien Ministre du Front populaire Charles Spinasse , allant pour certains au collaborationnisme le plus ultra avec l’occupant allemand.

Les premiers le firent souvent par pacifisme n’ayant pas à l’égard des allemands les préjugés de la droite nationaliste. Les deux grands partis de la collaboration furent le PPF de l’ancien dirigeant communiste Jacques Doriot et le RNP de l’ancien socialiste SFIO Marcel Déat. C’est le Paradoxe français bien décrit dans le film par l’historien israélien Simon Epstein .

Celui-ci a étudié le parcours de personnalités qui s’engagèrent dans l’antiracisme dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale avant de s’impliquer dans la collaboration sous l’Occupation. Inversement, il établit la surreprésentation par rapport à leur poids politique des militants d’extrême droite, en particulier antisémites, parmi les fondateurs de la Résistance et les premiers soutiens du général de Gaulle.  

De son côté [1]l’historien Pascal Ory professeur à Paris I  montre bien l’influence qu’ a pu avoir l’ouvrage d’Alphonse de Châteaubriant La gerbe des forces ( récit hagiographique de ses voyages dans l’Allemagne nazie) sur des militants  de mouvements de jeunesse socialistes ou ajistes comme le journaliste Marc Augier (le futur écrivain Saint Loup).

Un documentaire indispensable avait écrit l’Obs, ajoutant : « le téléspectateur n’est pas au bout de ses surprises ». Bien vu !

Crédit illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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