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4 janvier 2020 23:09
Une enquête universitaire implacable se penche sur la manière dont des “écosystèmes islamistes” se sont développés à l’intérieur des quartiers populaires. 

Voici une enquête qui risque de faire parler d'elle. En Une du Point, ce jeudi 2 janvier, le prochain ouvrage de Bernard Rougier est à l’honneur. Intitulé Les territoires conquis de l’islamisme, il livre une enquête universitaire glaçante sur les différentes étapes d’une « prise de contrôle » par une certaine frange de l’islam de France. Pour ce faire, l’auteur, grand spécialiste de l’idéologie salafo-djihadiste en France et au Moyen-Orient, a étudié le développement des idéologies émanant de théologiens de la péninsule arabique jusqu’aux combines électorales dans la banlieue parisienne. 

Une installation du salafisme grâce aux mosquées, aux écoles coraniques, aux commerces halals

Pour lui, cette « prise de contrôle » vient d’abord de celle « des islamistes sur l’islam ». On a « d’un côté une demande légitime, celle de la construction de mosquées et de la reconnaissance de l’islam en tant que religion, et de l’autre la prise en charge de cette demande par des islamistes à travers des réseaux qui ont transformé les ‘ghettos urbains’ des grandes agglomérations françaises en enclaves militantes », détaille le chercheur.

Ainsi, par le biais de mosquées, d’écoles confessionnelles, d’associations ou de commerces halals, un islam radical a imposé sa loi à l’islam de France, en encourageant la constitution de « territoires d’islam ».

L’auteur va même plus loin, en dénonçant le concours de certains élus locaux. Finalement, comme le politologue Gilles Kepel, Bernard Rougier estime que les phénomènes de radicalisation en France s’inscrivent dans le prolongement logique d’une « révolution salafiste », qui a réactivé le patrimoine sunnite le plus conservateur. Dans les années 1990, « on voit par exemple apparaître des oulémas saoudiens à Argenteuil », explique-t-il. « De manière discrète, le salafisme s’installe et dicte sa norme dans les mosquées françaises et plus largement dans les banlieues à partir de la fin des années 1990 », poursuit-il. 

Quatre branches au sein des « écosystèmes islamistes »

Dans son ouvrage, le chercheur dénombre quatre forces qui dominent ces « écosystèmes islamistes » : les Frères musulmans, le Tabligh, les salafistes et les djihadistes. Il évoque le caractère « politique » des premiers, qui « s’intéressent à la conquête de l’espace politique institutionnel » et le caractère plus « missionnaire » des seconds.

Quant aux salafistes « ils développent une violence symbolique incroyable contre la société française », estime-t-il. « L’islam salafiste assume une rupture avec les valeurs des sociétés européennes en raison d’une observance stricte et littéraliste des écritures sacrées », tout en « décrivant [les sociétés européennes] comme une entreprise de destruction de l’islam », poursuit-il. La quatrième catégorie, les djihadistes, est, elle directement liée aux « milieux de socialisation islamiste » que Bernard Rougier a décrits. 

L’islamisme, successeur du communisme d’après-guerre ? 

Pour l’auteur, ces « écosystèmes islamistes » se sont également développés en prenant la relève du communisme d’après-guerre. L’exemple le plus emblématique est à Aubervilliers, en banlieue parisienne. « Durant son long mandat (1983-2003), le communiste Jack Ralite a été l’un des premiers à faire du multiculturalisme et du clientélisme ethnoreligieux », détaille Bernard Rougier.

Le maire a ainsi ouvert la porte aux mouvements religieux. Son gendre et successeur Pascal Baudet s’est même « appuyé sur des réseaux islamistes » pour être réélu. A Aubervilliers, seule la moitié des électeurs sont inscrits et il y a 60% d’abstention. Il suffit donc « de quelques centaines de voix pour remporter une élection municipale », décrit l’auteur.

« Sauf que les acteurs communautaires vont ensuite demander des récompenses en termes d’emplois, de locaux religieux, etc. », poursuit-il, citant par exemple le projet de construction d’une grande mosquée dans la ville. C’est d’ailleurs également dans cette ville qu’est née l’association Alliance citoyenne, qui a organisé la baignade en burkini dans une piscine municipale de Grenoble. 

La complicité d’une partie de la gauche

Plus largement, le chercheur dénonce la complaisance d’une certaine gauche avec le communautarisme. « Aux prochaines élections, dans la France insoumise, il y aura des candidats issus de ce tissu islamiste », fustige-t-il, en évoquant le nombre croissant de « listes communautaristes ».

« Quelqu’un comme Samy Debah, fondateur du CCIF et candidat à Garges-lès-Gonesse, a mis en avant sa liste d’abord pour menacer les organisations de gauche de leur faire perdre des voix.

La gauche a d’ailleurs très bien compris le message, nombre de ses représentants étant présents à la marche contre l’islamophobie. Une partie de la gauche a dit aux islamistes : ‘D’accord, on vous prend sur nos listes, on fait les accommodements nécessaires avec vous’ », explique-t-il.

De plus, il estime qu’aujourd’hui, il est très difficile pour l’Etat de lutter contre ce fléau. « Le risque, c’est que chaque initiative prise par le gouvernement, comme celle sur les signaux faibles de radicalisation, soit dénoncée comme une forme d’islamophobie », déplore-t-il, reconnaissant néanmoins que « nous sommes passés du déni à la reconnaissance », malgré le fait « qu’il y ait très peu de moyens ».

Pour lui, il existe pourtant plusieurs solutions accessibles : de la fermeté envers les prédicateurs radicaux, « faciliter d’autres formes de liens sociaux dans ces quartiers » en dépensant « dans l’humain » plus que « dans le bâti », et « encourager des discours alternatifs pour ringardiser ce discours religieux ».

Dans tous les cas, si des solutions ne sont pas rapidement trouvées, « ces écosystèmes vont alimenter des passages à la violence », prévient Bernard Rougier.  

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