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23 novembre 2020 14:11

Lors du premier confinement, les promesses du “monde d’après” ont nourri bien des espoirs chez les partisans du patriotisme économique. Jeudi dernier, cet élan d’optimisme a été soudainement brisé par l’annonce de la fermeture du site Bridgestone de Béthune. Retour sur les années qui ont décimé la France des usines.

« Notre priorité est de produire davantage en France et en Europe », assurait Emmanuel Macron, président de la République, en visite dans une usine de masques au début du premier confinement. FFP2, respirateurs, gel hydroalcoolique… Incapable d’équiper le pays en matériel sanitaire pour lutter contre la Covid-19, le locataire de l’Elysée, sous pression, s’est alors engagé à relancer l’industrie nationale et européenne pour « rebâtir notre souveraineté ».

A la suite de ces annonces fortes, protectionnistes de tous bords ont caressé le fol espoir d’un changement de cap. Une émulation naïve qui n’a pas duré le temps d’un soupir. Neuf mois plus tard, l’usine Bridgestone de Béthune, ce fleuron des Hauts-de-France qui fabrique des pneus, fermait ses portes, livrant moins d’un millier de salariés à l’abandon.

Fermeture de Bridgestone : rien de nouveau dans le “nouveau monde”

« Quittez les machines, dehors prolétaires ! » Autrefois entonné rageusement pendant les grandes grèves du XXe siècle, le célèbre “Appel du Komintern” se découvre un bien triste sens dans la France post-industrielle. Passées les heures de gloire du mouvement social, les derniers ouvriers ne “luttent” plus pour en finir avec l’usine, mais pour y rester, comme en témoigne l’histoire de Bridgestone.

Implantée dans la ville de Béthune depuis 1961, la vieille usine du Nord-Pas-de-Calais a longtemps été le plus grand site européen de fabrication de pneus d’hiver du géant japonais. Mais après 60 ans de loyaux services, la firme a dû se séparer de son fleuron. Rendue publique par Agnès Pannier-Runacher, ministre de l’Industrie, l’annonce de la fermeture est tombée comme un couperet sur la nuque des salariés du Nord : « Bridgestone a fermé la porte [et] quitte le site de Béthune, s’est lamenté la collègue de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus a été refermé. »

Une faillite de taille de la part du gouvernement, qui s’est montré une nouvelle fois impuissant face à la désindustrialisation. Parti perdante, la macronie a tout de même essayé de sauver les meubles. En réaction à la décision abrupte de la direction de fermer l’entreprise courant 2021, l’Etat, en concertation avec l’intersyndicale, a proposé un plan de sauvetage : « Le gouvernement avait proposé une continuation de l’activité, avec le maintien, selon l’intersyndicale, de “525 à 555 emplois” sur les 863 », rapporte Le Monde.
Prêt à investir une centaine de millions d’euros dans l’usine, le Léviathan élyséen a finalement déposé les armes face au réalisme du marché.

C’est le résultat d’un projet assumé de désindustrialisation qui remonte aux années 90.

Après mûre réflexion, la compagnie a rejeté l’offre du gouvernement, jugeant qu’elle ne réglait pas son « problème de surcapacité » : « Réduire la capacité de production de l’usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne pour Bridgestone, face à des concurrents dont la taille des usines s’accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus », a expliqué le groupe.

Alors que des centaines de salariés s’apprêtent à affronter le chômage au beau milieu de la pandémie, des scénarios de reprise se profilent à l’horizon. La piste de l’ouverture d’un site de fabrication de batteries électroniques a ainsi été évoquée par Bruno Le Maire.

Pour Florian Philippot, ancien vice-président du FN, le sort de Bridgestone est emblématique d’un long naufrage du monde ouvrier : « C’est le résultat d’un projet assumé de désindustrialisation qui remonte aux années 90, explique le leader des Patriotes. 

Depuis cette époque, on considère que la modernité, c’est l’économie sans usines : le service, le numérique… En somme, la mondialisation heureuse. » Une tendance difficile à inverser aujourd’hui, affirme le souverainiste : « Nos dirigeants tournent en rond. Même s’ils ont la volonté de réindustrialiser, ils n’y parviendront pas, assène-t-il. C’est un piège total de parler de souveraineté européenne et de réindustrialisation. »

Alstom, Ford-Blanquefort : les dernières pertes

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