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11 novembre 2020 13:36

Le maire de Cannes explique comment la sortie du nucléaire, décidée par dogmatisme et idéologie, va coûter à la France à la fois sur le plan écologique, financier et stratégique. 

Les approches dogmatiques conduisent à des décisions absurdes, éloignées du sens commun et contraires à l’intérêt général.

C’est le cas en matière écologique comme dans tant d’autres domaines. Voici comment en voulant protéger la planète, on la détruit plus vite (en gaspillant au passage de l’argent public et en affaiblissant le pays), en trois actes.

Acte I :

Tout part d’un postulat fondé sur une approche irrationnelle et alimentant un raisonnement biaisé, quand la doctrine se fonde sur un pressentiment et s’impose à la réalité. Le sophisme est le suivant : nombre de militants écologistes sont « anti nucléaires », pour des raisons qu’on peut comprendre voire pour certaines d’entre elles partager (cette énergie est assimilée à la mort des armes atomiques, Tchernobyl a marqué les esprits, par ailleurs elle produit des déchets, en très faible quantité certes et qui ne posent pas de problème technique de stockage, mais radioactifs). Donc, le nucléaire est vu comme « mauvais pour l’environnement ». 
Or, la préservation de l’environnement précisément nous met face à deux défis majeurs que sont le changement climatique et la réduction de la biodiversité. Une des causes de ces bouleversements négatifs réside dans la production de dioxyde de carbone (CO2) par l’activité humaine, activité dont l’énergie avec l’eau est la condition. Donc l’énergie produite par l’homme porte atteinte à l’environnement et catalyse le réchauffement climatique, donc le nucléaire qui en France produit encore 70% de notre électricité est à supprimer pour protéger la planète. 

Acte II :

L’Etat, via son président de la République, a décidé de supprimer progressivement des réacteurs nucléaires en invoquant des motifs écologiques et a commencé par fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, qui ne produit plus depuis cet été. Les énergies dites renouvelables (éolien, solaire, hydroélectrique) doivent se substituer à cette production.

Je ne parlerai pas ici des problématiques environnementales générées par les éoliennes et les panneaux solaires ; aucune technique n’est parfaite, sans effets négatifs. La vie est ainsi faite, et la sagesse est d’arbitrer au regard d’objectifs choisis selon des réalités, des circonstances et des priorités. Car la pureté n’existe que dans les esprits simplistes des extrémistes de tous bords qui voient sur chaque question un choix entre « ce qui est totalement bien » et « ce qui est très mal », dans un manichéisme destructeur de toute raison critique, de toute tolérance, de toute bonne décision surtout.

Acte III : 

Comme en fait les énergies dites renouvelables ne peuvent compenser la fermeture des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim, la France a dû ces derniers mois :

  • remettre en fonctionnement quatre de nos vieilles centrales à charbon ;
  • importer du charbon puisque nous n’en extrayons plus ;
  • importer de l’électricité alors que nous étions exportateurs ;
  • décider de verser depuis le budget de l’Etat – nos impôts et la dette de nos enfants – 377 millions d’euros à EDF pour accompagner la fermeture de Fessenheim, ce qui est inscrit depuis ce mardi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, via l’examen de la quatrième modification de la Loi de finances 2020 proposée par le gouvernement.

Voilà comment on perd sur tous les tableaux : écologique, financier, stratégique.

En effet et d’abord, il s’agit bien d’une calamité écologique pour l’enjeu prioritaire, essentiel, vital qu’est la lutte contre le réchauffement climatique. 

Les centrales nucléaires ne produisent pas de CO2 et constituent de loin la meilleure source de production énergétique pour concilier développement et combat contre le réchauffement de la planète. En revanche, les centrales à charbon sont désastreuses.

La situation allemande en témoigne. L’indicateur à comparer est celui des émissions de CO2 par kilowattheure produit. En Allemagne, il est actuellement de 419 gCO2/kWh et en France de seulement 67 gCO2/kWh.

La différence de pollution tient dans la différence entre le recours au nucléaire entre les deux pays. L’Allemagne y renonce totalement, la France en a encore une part importante, qu’elle réduit hélas. Parallèlement, les deux pays, avec des calendriers différents, ont aussi annoncé l’arrêt à terme des centrales électriques carbonées (pour 2022 selon un engagement d’Emmanuel Macron) et décidé de les compenser, comme pour la suppression (Allemagne) ou forte diminution (France) de l’énergie nucléaire, par le recours aux énergies renouvelables dites propres. 

Mais celles-ci sont soumises aux aléas météorologiques, reviennent encore cher et surtout sont bien moins productives. Ces énergies doivent être développées, mais elles nécessitent pour assurer une fourniture électrique suffisante et fiable d’être complétées par des unités de production électrique constante, régulière, c’est-à-dire soit utilisant l’uranium (le nucléaire) soit les énergies fossiles carbonées (le charbon et le pétrole).

Comme le nucléaire est devenu « mal » (voir plus haut…), les deux pays réactivent leurs centrales très polluantes à charbon. Et l’Allemagne vient même d’en construire une nouvelle, très grande, de 1100 MW à Datteln. Elle a ouvert le 30 mai dernier et produit 10 millions de tonnes de CO2 par an !

Ce qui est beaucoup, mais certes moins qu’une autre que compte le pays, qui génère plus de CO2 sur une année que le transport aérien français sur la même période. Oui, une seule centrale à charbon allemande rejette dans l’air plus que les 23 millions de tonnes (Mt) de CO2 de tout le transport aérien en France, en additionnant les 17,9 Mt (79,1%) du transport aérien international en France (estimation Tarmaac) et les 4,8 Mt (20,9%) du  transport intérieur (y compris l’Outre-mer). Non, assurément, la qualité de notre air (ceux qui nous rabâchent le contraire n’en manquent pas) ne gagne pas à la fermeture des centrales nucléaires. 

La perte est aussi financière pour la France, d’une part budgétaire par les surcoûts engendrés sur les comptes de l’Etat en indemnisation d’EDF, d’autre part sur notre déficit commercial qui n’avait pas besoin de cela, avec les conséquences de notre perte de compétitivité énergétique et de notre capacité exportatrice, en même temps que nous devons désormais importer de l’énergie. Rappelons aussi que les deux réacteurs de Fessenheim étaient amortis et programmés pour fonctionner en l’état jusqu’en 2041. Hélas, la douloureuse va s’alourdir, puisque la Loi pluriannuelle de l’énergie prévoit la fermeture de 14 réacteurs nucléaires (déjà amortis bien sûr).

Et c’est en cela que la débâcle devient stratégique. Rappelons qu’il n’y a pas de vie et pas de développement sans énergie, que l’indépendance énergétique est donc un facteur de souveraineté, que la filière nucléaire française est en cela un des piliers de notre capacité à choisir notre destin de nation et à prospérer. 

Cette stratégie a été concrétisée par le Général de Gaulle et a remis la France, avec la stabilité monétaire, l’industrialisation, l’affirmation culturelle et l’arme atomique au rang de puissance, indépendante, souveraine et rayonnante. 

Plutôt que de se contenter de rendre hommage au général avec des trémolos dans la voix, l’actuel président de la République serait donc inspiré de ne plus casser cet héritage et même de le faire fructifier.

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