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22 novembre 2020 20:11

Acteur courageusement anonyme du totalitarisme de la pensée, Sleeping Giant contraint les marques à ne plus financer des médias comme Cnews ou Valeurs actuelles. Des méthodes qui s’inspirent de pratiques staliniennes, analyse notre chroniqueur Grégory Roose.

Le groupe Décathlon vient d’annoncer qu’il retire ses publicités sur Cnews pour ne pas « financer le discours de haine » (sic). Derrière ce boycott militant, dont devrait se garder toute entreprise soucieuse de préserver son chiffre d’affaires, on retrouve les activistes de gauche de Sleeping Giants.

Ce collectif courageusement anonyme, étiqueté « citoyen », profère sur les réseaux sociaux d’habiles menaces à l’encontre des marques qui financent les médias qui « véhiculent un discours de haine », selon leur matrice idéologique.

Déclinaison française d’un mouvement américain né en novembre 2016 en réaction à la victoire de Donald Trump, Sleepings Giants (les géants endormis) participe activement à la conjuration des sectaires, ceux qui hurlent au fascisme mais en épousent les méthodes pour faire taire leurs détracteurs, ou qui disqualifient l’opinion de l’autre sans avancer d’argument contraire mais simplement en qualifiant son discours de « haineux ».

Leur méthode est aussi simple que pernicieuse. Elle consiste à montrer du doigt une marque qui se serait mal comportée en finançant un média déclaré d’autorité comme étant « haineux », car diffusant un discours en marge de la pensée dominante, et à menacer implicitement de la livrer au jugement populaire si elle ne lui retire pas publiquement son soutien financier.

La marque dispose alors de deux options : se soumettre à ce diktat et s’afficher fièrement dans le camp du bien, de la diversité et de la société inclusive, ou ignorer la sommation et risquer de subir une campagne de Name and Shame qui associerait leur marque au prétendu « discours de haine ». Beaucoup choisissent la première option, par peur, faiblesse ou par compatibilité idéologique assumée. Ainsi, de nombreuses marques ont déjà cessé leur partenariat publicitaire avec Cnews ou Valeurs actuelles suite à ces menaces habilement déguisées en question et en suggestion.

 

 


 

Sleeping Giants a fait de la délation mensongère une spécialité, et de sa collaboration avec la pensée dominante une fierté.

C’est donc au tour de Décathlon de céder à la pression de ce collectif qui a fait de la délation mensongère une spécialité et de sa collaboration avec la pensée dominante, une fierté. Pourtant, le poids de Sleeping Giants France est assez faible sur les réseaux sociaux : 21 000 abonnés sur Twitter et un ridicule 1 900 abonnés sur Facebook.

Ce n’est donc pas l’influence intrinsèque de ce collectif qui est craint par les marques qui se soumettent à leurs injonctions, mais plutôt la portée symbolique du choix qu’il les contraint à faire : si vous ne retirez pas publiquement votre partenariat avec un média que nous qualifions de haineux, alors votre marque est haineuse et nous le ferons savoir.

L’attitude de ces marques sous l’empire du politiquement correct, pour reprendre le titre d’un ouvrage de Mathieu Bock-Côté, participe à la régression de la liberté d'expression et conforte une pratique qui n’a rien à envier aux méthodes de dénonciation staliniennes.
L’URSS de Staline était coutumière des déformations lexicales pour rendre acceptables des actes moralement répréhensibles. Ainsi, les lettres de dénonciation des citoyens étaient appelées « signaux » pour suggérer une forme positive de communication entre le peuple et le pouvoir.

 

L’activisme de Sleeping Giant se place au cœur du totalitarisme de la pensée en érigeant l’Homo Anonymus en arbitre ultime de ce qui lui est conforme et de ce qui la menace

Les gardiens de l’idéologie dominante s’inspirent de ces méthodes en substituant l’expression délateur à celle de « géant endormi », socialement plus acceptable et valorisante, luttant contre les « discours de haine ». Sleeping Giants encourage ses soldats anonymes à interpeller publiquement une marque pour la contraindre à boycotter un média dissident et l’étouffer financièrement.
À la différence près que si le régime stalinien encourageait les auteurs à s’identifier, Sleeping Giant préserve jalousement l’identité de ses militants, ce qui ajoute la lâcheté à la fourberie.

L’activisme de Sleeping Giant se place au cœur du totalitarisme de la pensée dominante en érigeant l’Homo Anonymus en arbitre ultime de ce qui lui est conforme et de ce qui la menace, avec la complicité active des marques qui se soumettent, parfois avec zèle, à leurs pratiques.

source

 

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