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29 décembre 2020 22:15

FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’arrivée à l’Opéra de Paris de promoteurs zélés de la diversité fait redouter un nouvel appauvrissement du répertoire et de la mise en scène, estime la maître de conférences et essayiste.

Isabelle Barbéris est maître de conférences (HDR) en arts de la scène. Elle a notamment publié L’Art du politiquement correct (PUF, 2019).

Isabelle BARBÉRIS. – “On est face à un académisme anticulturel décomplexé, qui transforme l’art – patrimoine et création – en ingénierie sociale. Les directions de prestige des Conservatoires nationaux comme de l’Opéra sont désormais formatées par cette idéologie du ressentiment” (…)

(…) “Les sornettes des démolisseurs dissimulent à peine l’absence de projet artistique et de substance. Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur, leur pesanteur également, ne peuvent que paraître insupportables aux mal-inspirés.” (…)

Que vous inspire la proposition des auteurs du manifeste de promouvoir davantage les danseurs de couleur?

“Toute diversité autre que sociale et artistique n’a pas à être «promue», car elle est un fait. Fait que l’on transforme en campagne de communication criarde et permanente, en moulin à prières. Assorti d’une inflation de rapports et autres «études» en autoreporting elles-mêmes pilotées par des experts en idéologie, sans aucun pluralisme consultatif, histoire de bien boucler la boucle.”

Ce qu’il se passe à l’intérieur des murs du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, par exemple, est proprement carnavalesque. On qualifie fallacieusement cela de «cancel culture». Il s’agit d’une énième expression inversatoire puisque nous avons au contraire affaire à une haine de la culture.

c’est d’abord un appauvrissement des imaginaires, ce qui est bien plus inquiétant. Les sornettes des démolisseurs dissimulent à peine l’absence de projet artistique et de substance. Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur, leur pesanteur également, ne peuvent que paraître insupportables aux mal-inspirés.

La démocratisation a déchu en démocratisme. C’était avant la même exigence pour tous, et la volonté tenace d’élever l’humanité grâce à l’art. L’idée même de s’élever, dans tous les sens du terme, est devenue suspecte et «oppressive»

On a donc troqué cette exigence (autre mot «oppressif») contre de la communication flattant les réflexes d’identification les plus sommaires, pour conquérir des nouveaux publics segmentés en niches et en «intersections» de niches.

(…) Le Figaro

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