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2 décembre 2020 11:18

Sous perfusion des PGE [prêts garantis par l’État] et du chômage partiel, les entreprises connaissent un niveau de défaillance historiquement bas… en attendant la tempête début et mi-2021 que tout le monde redoute. En Loire-Atlantique, les défaillances sont trustées par les petites entreprises du bâtiment, mais on commence aussi à voir des affaires d’hôtellerie-restauration péricliter.

Dans le détail, sur 200 entreprises en défaillance dans les semaines et mois précédents, plus d’une trentaine travaillent dans divers métiers du bâtiment. Il y a ensuite un assureur, diverses sociétés de finance (Kerdev, SP Finances), quelques sociétés d’informatique, un dépôt vente de matériel nautique sur les quais de l’Erdre (Enez at Tensor) qui avait pourtant survécu au 1er confinement, une demi-douzaine d’entreprises du secteur automobile, trois ou quatre coachs et entreprises de formations, et un GAEC, autrement dit une exploitation agricole.

L’on commence aussi à voir des affaires d’hôtellerie-restauration péricliter. Parmi les entreprises défaillantes, un hôtel à Clisson, un restaurant chinois quartier Graslin, un kebab et un restaurant de burgers sur l’ile de Nantes, mais aussi, bien plus inquiétant, plusieurs cafés de villages (la Planche, Arthon en Retz, Pontchâteau près de la gare…).

«Il y a un enjeu social aussi dans la fermeture imposée aux restaurants qui provoque une crise majeure pour nos établissements. Dans bien des villages, le café-restaurant est le seul du village. S’il ferme, le village est mort », résume Yves Pellan (GNI), propriétaire de restaurants à La Baule et en pointe dans la contestation des hôteliers, cafetiers, restaurateurs, fournisseurs et leurs salariés sur la côte Atlantique.

175.000 emplois  détruits ?

D’après une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques parue le 24 novembre, 175.000 emplois devraient être détruits au bas mot par les confinements liés au Covid, principalement dans l’hôtellerie-restauration (CHRD), les services aux entreprises et l’industrie. Le président des experts-comptables d’Occitanie, Pascal Castanet, était encore plus clair dans la Tribune (26.11) : « on s’attend à une vague de déficits d’entreprises courant 2021 ». Pour l’Union des entreprises de proximité (U2P) des Pays de Loire, « dès le 1e trimestre 2021 on devrait avoir dans tous les secteurs entre 15 et 20% des entreprises en instance de fermeture, au niveau national et régional ».

Si le chômage partiel concernait lors du 1er confinement jusqu’à 10 millions de salariés, soit la moitié, et encore un sur cinq pendant ce second confinement, la manne finira par s’arrêter et ceux qui de gré ou de force font tourner leur crémerie aux frais de l’État devront reprendre leurs équipes normales, avec une activité qui se sera réduite d’un quart voire de moitié – le télétravail généralisé, lui, n’est pas près de s’achever. Aux États-Unis, plus de la moitié des employés de bureau de Los Angeles et de Manhattan (NY) n’ont toujours pas réintégré leurs postes – c’est autant de sandwichs et de repas en moins le midi à vendre.

La jeunesse, première victime

Derrière la sécheresse des chiffres, une autre victime apparaît en filigrane, la jeunesse. « Ce ne sont pas les jeunes qui meurent du Covid mais ce sont eux qui vont en souffrir le plus », écrivait le média libéral Atlantico le 30 novembre : « à plus long terme cette génération risque aussi de devoir payer la facture de l’endettement colossal », déjà alourdi de près de 240 milliards d’euros cette année. Pour rappel, l’Observatoire des inégalités indiquait fin 2019 que 21.8% des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage, soit 1 sur 5, 12.5% des 18-29 ans sont sous le seuil de pauvreté (1 sur 8) mais qu’un pauvre sur deux désormais a moins de 30 ans.

Ces chiffres, qui n’ont pu qu’empirer – nombreux sont les jeunes à être saisonniers dans la CHRD ou le tourisme, à avoir des emplois précaires et mal payés, à être intérimaires et donc avoir vu leurs emplois et leurs situations fragiles balayés par le Covid et les confinements à répétition – traduisent une lourde facture sociale et générationnelle qui va certainement plomber et allonger la reprise. A part Macron et l’administration française, le modèle social français ne fait plus rêver grand monde. A commencer par la jeunesse, sacrifiée pour protéger les plus anciens mais qu’on viendra bien chercher pour payer la facture et trimer.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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