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mise en ligne le 15/10/2018

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14 janvier 2021 01:45

Une fois de plus fort pris au dépourvu tel la cigale de la fable après n’avoir cessé de dépenser sans compter pour faire face à la pandémie, l’État s’apprête semble-t-il -notamment sur les conseils du Comité de Suivi des Retraites- à faire une nouvelle fois la poche des retraités.

Deux raisons sont avancées :
I – les pensions des retraités font partie des rémunérations qui n’ont pas été affectées par les diverses mesures de restriction ou de fermetures prises au titre de l’épidémie et pour rétablir l’équité, il faut donc exiger des retraités sous une forme ou sous une autre une sorte de contribution de solidarité ;
II - le niveau de vie des retraités dépasse encore légèrement aujourd’hui le niveau de vie moyen de l’ensemble des ménages.
En réalité, et comme nous allons le démontrer, ces deux raisons sont toutes aussi mensongères l’une que l’autre.

Le choeur des censeurs, qui ne brille pas davantage par sa clairvoyance que par son sens de la justice sociale, dénonce l’injustice insoutenable qui fait, qu’à l’écart de la pandémie, les pensions des retraités ont continué a être versées dans leur intégralité, alors que d’autres catégories sociales, telles les chômeurs partiellement indemnisés ou les indépendants contraints de cesser leur activité, ont vu chuter leurs rémunérations en dépit des indemnisations mises en place. Ils estiment donc que les retraités ainsi privilégiés doivent en retour un sacrifice particulier sur leurs pensions à la solidarité nationale.


Assurément, c’est aller un peu vite en besogne, car :
- en terme de vies humaines, les retraités sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut à la pandémie, aggravé encore par le comportement erratique des pouvoirs publics qui ont confiné nombre d’EHPAD, en les interdisant pratiquement de soins et dans des conditions qui s’apparentent davantage à une forme larvée d’euthanasie qu’à une approche curative.
- il y a en dehors des indépendants de nombreuses catégories sociales – dont la plupart des emplois publics- qui n’ont rien perdu à la pandémie, tout simplement parce que leurs salaires et avantages ont été intégralement maintenus, même pendant les périodes de confinement les plus strictes.
- on observe même que certains actifs ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu , soit que le télétravail mis en place ait considérablement réduit leurs frais d’emploi et de garde , soit que le maintien intégral de leur rémunération antérieure se soit accompagné de substantielles réductions de service, voire parfois de quasi- suppressions de service ( notamment poste, justice, enseignement, guichets de Sécurité sociale et comme de juste : RATP et SNCF).


- pourtant entre un retraité qui a perçu l’intégralité de sa pension après avoir dûment acquitté ses cotisations et un salarié dont tout le salaire a été maintenu pendant les périodes de confinement sans plus accomplir son service, quel a été le mieux traité ?
Il n’y a donc aucune raison que les retraités, les plus durement touchés par la pandémie, soient les seuls à acquitter sous une forme ou sous une autre une sorte nouvelle contribution de solidarité nationale, alors que de nombreuses catégories sociales plus épargnées et mieux soignées et d’autres plus chanceuses encore ont réussi jusqu’ici à traverser la crise sans dommage pécuniaire ou sanitaire apparent et même parfois avec profit.

Et si vraiment, nos censeurs tiennent à leur contribution, qu’ils la proposent donc en priorité à tous les corps de la fonction publique dont le salaire a été intégralement maintenu sans que le service fait le soit également ! Mais ce n’est sans doute pas un hasard, si la plupart des bonnes âmes qui veulent taxer les retraités appartiennent précisément à la fonction publique.

 

II – LA RÉFÉRENCE FALLACIEUSE AU NIVEAU DE VIE

Il est de bon ton dans les milieux gouvernementaux, comme dans certaines publications statistiques ou encore dans la haute fonction publique de substituer la référence du niveau de vie à celle du montant des pensions pour "piloter" l’indexation de ces dernières, en en profitant pour réduire au pain sec les retraités, qui assistent impuissant au gel répété de leurs pensions ou à l’augmentation non compensée de leur CSG.

Cela permet de faire des retraités des privilégiés puisqu’en 2018, leur niveau de vie mensuel par unité de consommation s’établit à € 2 100 contre € 2 041 pour la moyenne de l’ensemble de la population.

Or dans tous les cas, ce calcul est intellectuellement malhonnête et moralement inadmissible. En effet le niveau de vie ajoute au montant des pensions de retraite, d’éventuelles rémunérations accessoires, divers transferts et surtout le montant des revenus du patrimoine des retraités.

Or pour s’en tenir à ces derniers :
- le patrimoine, qui s’acquiert par accumulation, croît normalement avec l’âge de son détenteur et toutes conditions égales par ailleurs un septuagénaire, ayant gravi tous les échelons de sa carrière, dégagé au surplus des charges de famille et d’emprunts a inévitablement un patrimoine plus important qu’une jeune quadragénaire, au milieu de sa carrière et supportant à la fois des charges de famille et d’emprunt.

Donc, on ne peut statistiquement comparer les revenus du patrimoine d’un retraité avec ceux nécessairement très inférieurs de la moyenne des Français développant une moyenne d’âge inférieure de moitié ou presque à celle des retraités. Les premiers sont inévitablement à raison du temps plus importants que les seconds.

Et ce sont essentiellement les écarts enregistrés sur ces revenus du patrimoine qui permettent aux retraités, malgré des pensions inévitablement inférieures aux salaires, d’obtenir in fine un niveau de vie légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population, en sachant toutefois que cette situation n’est que provisoire, car les salaires augmentent plus vite que les pensions.


- inversement et cette évidence semble curieusement échapper au Comité de Suivi des Retraites, tous les retraités n’ont pas nécessairement un patrimoine important et on ne peut pas régler de manière uniforme, aveugle et a minima la revalorisation uniforme des pensions de tous les retraités, en se référant aux revenus moyens d’un patrimoine moyen, dont beaucoup de retraités ne disposent pas.


- enfin si malgré tout on tient à ce que l’indexation des retraites puisse être plafonnée en fonction du niveau de vie moyen des retraités, il n’y a aucune raison qu’une telle restriction ne pèse pas également sur les revenus de toutes les autres catégories sociales, dont la hausse des rémunérations devrait être aussi individuellement "pilotée" en fonction de l’importance de leur niveau de vie.

On voit la suite...et certains des plus hauts corps de la fonction publique non dépourvus en patrimoine risqueraient fort de devoir prendre à leur compte l’inflation et plus si nécessaire

À défaut, les principes constitutionnels d’égalité entre les citoyens et d’égalité devant la contribution aux charges de la Nation seraient donc une nouvelle fois bafoués, à moins que le Conseil constitutionnel ne se décide enfin à appliquer le texte même de la Constitution au lieu de l’interpréter et de l’infléchir au gré de ses humeurs !

CONCLUSION

Il est donc clair que, quelque soit le bout par lequel on aborde la question, elle ne reçoit jamais une réponse logiquement satisfaisante, juridiquement fondée, ni économiquement juste. Contrairement à ce que l’on tente de nous expliquer, l’institution d’un nouvelle mesure attentatoire au pouvoir d’achat des retraités ne correspond à aucun souci de solidarité, mais à une nouvelle manifestation de cette hargne anti-générationnelle qu’on voit poindre et s’épanouir librement contre les retraités considérés par certains comme autant de bouches inutiles à nourrir, par d’autres comme des parasites pour les générations plus jeunes, les derniers y voyant des nantis insouciants passant le plus clair de leur temps dans de luxueuses croisières vers des pays lointains.

Quand en plus on s’aperçoit qu’en violation de toutes les déclarations internationales protectrices de droits de l’Homme, ces retraités sont abusivement exclus de toutes les institutions consultatives et de la plupart des caisses de retraite du pays, quand on sait qu’ils ne manifestent guère qu’exceptionnellement et alors toujours ou presque pacifiquement, on a tous les éléments de réponse à la revendication de nos censeurs.

On sait maintenant qu’elle ne doit rien à l’intérêt général, mais bien plutôt à une volonté prédatrice et malsaine d’imposer une nouvelle mortification aux aînés, sans même s’apercevoir que ce sont leurs propres parents que nos justiciers s’apprêtent à appauvrir une nouvelle fois.

Et puis, il n’est pas besoin d’être un politologue avisé pour craindre qu’en 2022 lors des prochaines échéances électorales nationales, les plus de 17 millions de retraités ainsi "matraqués" ne manifestent plus tout à fait la même fidélité à un pouvoir qui, durant cinq ans, n’aura cessé de se moquer d’eux, de les mépriser et de les châtier.

Tous ceux qui leur doivent leur élection, feraient bien d’y penser dés maintenant.

 

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