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8 janvier 2021 18:29

Alors qu’une multitude d’entreprises sont toujours à l’arrêt, ou presque, pour cause de Covid-19, le gouvernement les assure de sa détermination à les soutenir financièrement. Les aides d’urgence pleuvent depuis des mois. Mais qui paiera la facture? Éléments de réponse avec l’économiste Guillaume Travers au micro de Sputnik.

«La situation sanitaire n'est pas revenue à la normale, elle est même devenue plus fragile au cours des dernières semaines.» Lors d’une conférence de presse donnée le 7 janvier, le Premier ministre Jean Castex a douché les espoirs des secteurs touchés par les restrictions sanitaires.

Musées, cinémas, théâtres, salles de sport (sauf pour les mineurs) sont fermés depuis le 30 octobre et «le resteront encore jusqu'à la fin de ce mois» au moins, a prévenu le locataire de Matignon. Concernant les remontées mécaniques dans les stations de ski, elles ne fonctionneront pas avant le début du mois de février… dans le meilleur des cas. Les bars et restaurants, qui espéraient rouvrir le 20 janvier, garderont leurs portes fermées a minima jusqu’à la mi-février.

​Ces déclarations interviennent dans une France sous couvre-feu –à 18 ou 20 heures selon les départements. Alors que plane l’ombre d’un troisième confinement. Si Jean Castex s’est refusé à utiliser l’expression, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a averti sur France 2 que, «au milieu de la semaine prochaine, ça sera le moment peut-être de discuter de mesures plus lourdes pour éviter une expansion de l’épidémie». Le tout alors que le nouveau variant britannique du Covid-19, plus contagieux, essaime en Europe, poussant l’Angleterre et l’Écosse à se reconfiner pour plus d’un mois.

Des aides massives encore pour plusieurs mois?

De quoi faire dire au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire: «Le plus difficile est devant nous.» L’hôte de Bercy a cependant tenu à renouveler son soutien aux secteurs les plus touchés comme l’hôtellerie-restauration, l'événementiel, la culture ou le sport. «Nous ne les laisserons pas tomber, nous mettrons l'argent nécessaire», a-t-il promis.

«Les aides vont continuer aussi massivement que par le passé. Il serait socialement inacceptable de les réduire au moment où le gouvernement impose aux entreprises de diminuer leur activité», observe au micro de Sputnik l’économiste Guillaume Travers.

D’après lui, «le soutien sera maintenu encore pour plusieurs mois». De nombreuses entreprises, incapables d’avoir une activité correcte du fait des mesures sanitaires, survivent «grâce aux 470 milliards d'euros débloqués pour les mesures d'urgence type chômage partiel et aux 100 milliards du plan de relance annoncé en septembre par le gouvernement», comme le rappelle le JDD.

Le «quoi qu'il en coûte» d’Emmanuel Macron reste d’actualité. Les prêts garantis par l’État (PGE), les moratoires sur les remboursements, sans parler des dispositifs de chômage partiel et des reports de charges et autres aides sectorielles qui ont été mis en place pèsent très lourd sur les finances publiques. La France devrait composer avec un déficit budgétaire de 10,5% cette année. Un chiffre nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro (8,6%). Quant à la dette publique, elle avoisine les 120% du PIB.

Malgré l’espoir lié à la campagne de vaccination, l’économie devrait encore souffrir pour de longs mois. Et les vannes du soutien financier de l’État ne se fermeront pas. Bruno Le Maire a confirmé que le gouvernement travaillait à une hausse des aides versées aux entreprises. En particulier les chaînes de restaurants et d’hôtels. En outre, d’autres secteurs, autorisés à ouvrir, font également les frais des mesures sanitaires, comme le rappelle Guillaume Travers:

«Il y a beaucoup d’entreprises qui ont le droit d’ouvrir, mais dont l’activité est très handicapée par le couvre-feu. Notamment dans les départements où il débute à 18 heures.»

Au-delà des mesures sanitaires contradictoires ou contre-productives, le soutien financier de l’État soulève aussi des doutes. «Pour le moment, on est dans un traitement d'urgence, donc personne ne compte. À partir du moment où l'on ne sera plus dans l'urgence, qui paiera la facture?» s’est notamment interrogé dans les colonnes du JDD Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

«Assez paradoxalement, à l’heure actuelle, la France n’a pas de difficulté majeure à emprunter sur les marchés. Les taux d’intérêt restent très bas voire négatifs du fait de l’importante demande mondiale pour les actifs sûrs. La dette française étant considérée comme en faisant partie», analyse Guillaume Travers, collaborateur de la revue Éléments et auteur de Capitalisme moderne et société de marché (éd. La Nouvelle Librairie).

Ce 8 janvier à 14 heures, la France empruntait à dix ans à un taux négatif de –0,326. Une bonne nouvelle pour Paris qui verra une année 2021 record en matière d’endettement, avec pas moins de 260 milliards d’euros de dette à moyen et long terme qui seront émis sur les marchés.

«Il faudra en partie rembourser mais la dette continuera de "rouler". Je ne pense pas que l’on fera défaut ou que l’on annulera une partie de la dette comme certains le demandent», prévient Guillaume Travers.

Une dette «jamais vraiment remboursée»?

Même son de cloche du côté de Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Invité d’Europe 1 le 19 novembre dernier, l’ancien commissaire européen avertissait les Français: «On ne peut pas garantir que la dette publique soit annulée. Ce n’est pas sérieux de dire "on ne la remboursera pas", ce n’est pas vrai.» «On peut l'allonger, bien la gérer, on peut la mutualiser en partie, c'est ce que fait l'Union européenne avec un plan que je trouve bienvenu. La Banque centrale européenne joue un rôle en 2020 qu'elle ne jouait pas lors de la crise financière de 2008 en absorbant une partie de la dette, mais in fine, on rembourse toujours la dette», ajoutait-il.

«Selon moi, cette dette ne sera jamais vraiment remboursée. Quand un emprunt arrivera à échéance, la France continuera d’emprunter en espérant qu’entre-temps l’inflation ait fait diminuer le poids réel de la dette», note pour sa part Guillaume Travers.

D’après l’expert, avant la crise du Covid-19, les mesures d’austérité étaient notamment justifiées par les critères budgétaires imposés par Bruxelles et les traités européens, comme le déficit qui ne doit pas dépasser 3% du PIB. «Aujourd’hui, tout cela est obsolète. Du moins, plus personne ne le respecte», poursuit-il.

​Reste que, pour Guillaume Travers, il est évident que les marges de manœuvre financières de Paris et des autres États européens finiront par se réduire. Les Français devront-ils passer à la caisse?

«Il faudra faire des arbitrages dans les dépenses, et donc en réduire certaines, ou augmenter à nouveau la fiscalité», prévient l’économiste.

Les adversaires du plan de relance européen d’un montant de 750 milliards d'euros, sur lequel les chefs d’État et gouvernements de l’Union se sont mis d’accord le 21 juillet, assurent qu’il conduira à l’austérité.

La France devra-t-elle mener des réformes structurelles pour obtenir ses 40 milliards d’euros au titre de ce plan de relance?

Le site ToutelEurope.eu souligne que «la Commission rappelle que les plans nationaux "doivent fournir une explication détaillée de la manière dont les recommandations par pays sont prises en compte"». «Dans le cadre du Semestre européen, celles-ci fournissent des orientations sur les réformes structurelles, les politiques budgétaires et la prévention des déséquilibres macro-économiques», poursuit le site qui se veut la «référence sur les questions européennes».

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