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14 janvier 2021 00:47

Dans le premier comme le second degré, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 6 janvier, les enseignants cèdent de plus en plus à l’autocensure avant d’aborder les questions de la religion et de la laïcité.

Des professeurs témoignent de leurs difficultés face aux sujets sensibles.

La "peur" est quotidienne. Ou plutôt, "la crainte", corrige d'emblée Manon*, professeur d'histoire et géographie dans un lycée d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Caractérisée par cette boule au ventre récurrente et, une poignée de renoncements. 

Prudence pour parler de religion, pour aborder le sujet "brûlant" et "clivant" de la laïcité, pour se frotter à certaines questions d'actualité, pour définir la fameuse liberté d'expression… "C'est épuisant, lâche-t-elle. On marche sans arrêt sur des œufs.

Avec les élèves, quand une discussion est lancée, ou bien quand ce n'est pas le cas en anticipant leurs réactions comme celles de leurs parents qui sont souvent encore plus intransigeants." Manon comme Emmanuelle, 41 ans, professeur de la même matière dans le département voisin du Val-d’Oise, ont finalement fait le choix de l'autocensure. 

(…) Emmanuelle a, en stock, bon nombre d’anecdotes. Ces discussions qui ont dégénéré sur la question du foulard à l’école, sur l’absence de repas Halal à la cantine, sur l’égalité hommes-femmes et même sur certains génocides. “Ils sont relativement peu informés, les arguments sont souvent faibles, mais la virulence des mots est une constante, souligne-t-elle. 

"Au cours d'une séance autour de l'ouvrage 'L'amoureux', de Rébecca Dautremer, nous avons abordé la question de l'homosexualité. Deux jours plus tard, au portail, trois parents sont venus me demander pourquoi cette volonté de les faire grandir trop vite en les choquant. 

Dernièrement, nous avons eu une discussion sur le génocide arménien. Deux élèves d’origine turque m’ont demandé de retirer mes propos, soutenus par une bonne partie des élèves au motif que j’avais offensé leur culture. J’ai simplement dit que ce génocide était une réalité historique, rien de plus”.

Marianne

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