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29 janvier 2021 15:26

En France, pays le plus dépensier au monde, pays le plus taxé au monde, pays qui emprunte le plus (1 milliard par jour en 2020 !) on entend toujours la même vieille rengaine. Quand on est « en croissance » ? Il faut dépenser plus et s’endetter pour plus… de croissance.

Quand on est en récession ? Il faut dépenser plus et s’endetter pour pallier les effets de la récession. Ce n’est jamais le moment de mieux gérer nos finances publiques. Les Economistes atterrés ont défendu avec vigueur ce point de vue très clairement dans les colonnes de « l’Obs » il y a quelques jours et ils ne sont pas les seuls. Et si le déficit est trop élevé ? Ils proposent tout simplement d’augmenter encore les impôts.

Ceux qui disent qu’on a imposé à la France trop d’austérité après la précédente crise de 2008 – et il n’y a pas que Les économistes Atterrés parmi eux, loin de là – oublient sciemment que c’est en France, à ce moment-là que nous avons le plus augmenté les impôts. Augmentation de la CSG sur les revenus du capital, mise au barème de l’impôt sur le revenu des revenus du capital, rabotage massif des niches fiscales…

De 2010 à 2013, le taux de prélèvements obligatoires de la France est passé de 41 à 45 %… Pendant ce temps-là, les dépenses n’ont pas baissé, au contraire elles sont passées de 56 % du PIB à 56,5 %. Il n’y a pas eu de meilleure gestion de nos finances publiques, il y a juste eu une « austérité » à la française qui s’appelle hausse des impôts tous azimuts.

1 - Annuler la dette n’est pas possible

Annuler la dette Covid ? Cela semble si simple ! Sauf que c’est interdit par les traités européens : d’après les articles 123 et 124 du TFUE, le financement de la dette publique des Etats de la zone euro doit s’effectuer auprès des institutions financières privées, soit de gré à gré, soit sur les marchés.

S’en affranchir supposerait de modifier les traités, ce qui supposerait un accord du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Rien n’est moins sûr. S’engager dans cette voie signifierait un manquement aux engagements de la France vis-à-vis de ses partenaires européens ce qui ne pourrait qu’affaiblir notre pays.

Par ailleurs l’opération serait inutile puisque le rachat de la dette publique par la BCE « neutralise » le coût de cette même dette pour l’Etat : les charges d’intérêts étant compensées par les dividendes et l’IS versés par la Banque centrale, sa propre Banque centrale.

Enfin, toute annulation aboutirait à supprimer l’autonomie de la Banque centrale. Elle serait alors intégrée au sein des administrations publiques et la dette annulée serait recréée au niveau de la Banque centrale vis-à-vis des banques commerciales et ajoutée au sein de la dette publique. Et la boucle serait bouclée : pour la financer, l’Etat devrait… augmenter les impôts des Français.

2 - Taxer plus n’est pas possible

La France est à plus de 46 % de taux de prélèvements obligatoires par rapport au PIB…

Nous sommes taxés au maximum sur le travail, sur le capital, sur les entreprises, sur les successions, au taquet fiscal partout. Chaque fois que nous augmenterons un peu plus les impôts, nous affaiblirons notre production française. Et ce alors même que nous voulons réindustrialiser ?
Cela n’a pas de sens. Quant à ceux qui proposent de faire un raid sur l’épargne des Français, notamment sur nos 1 800 milliards d’assurance-vie en la taxant fortement ou en la bloquant, ce serait à leurs risques et périls. Cela risquerait d’engendrer encore plus d’épargne mais placée cette fois… hors de France, ce qui accélérerait le déclassement de la France.

3 - Dépenser plus n’est pas possible

Le « quoi qu’il en coûte » ne peut pas durer éternellement et doit s’arrêter d’ici la fin de l’année, c’est vital. Le ministre des Comptes publics le reconnaît lui-même. Une économie quasi à l’arrêt, qui tient sur le chômage partiel, qui empêche ses restaurateurs d’ouvrir, qui ferme ses musées, ses salles de spectacles… perd de sa richesse nationale. C’est irrémédiablement plus de chômage et de pauvreté. Sans parler du désespoir de la jeunesse. Plus de dépenses, plus de dette, moins de travail ? C’est embarquer la France dans la décroissance et le déclassement.

Est-ce cela que nous voulons ? Certainement pas. La France a déjà plus stoppé son activité en 2020 qu’en Allemagne. Nous avons une récession deux fois supérieure à notre partenaire d’Outre-rhin en 2020. Un déficit 2021 déjà prévu pour dépasser les 160 milliards d’euros. Dire qu’on peut aller encore plus loin n’est pas une option crédible.

4 - La BCE ne peut pas racheter toute notre dette tous les ans

Nous aurons besoin d’emprunter 260 milliards d’euros en 2021. Et encore sensiblement la même chose en 2022 et ainsi de suite. Qui peut croire que, tous les ans, la BCE va racheter toutes les dettes de la France ? Cela n’a aucun sens ! Ce serait mensonger de faire croire cela aux Français.
En effet le bilan de la Banque centrale ne peut pas croître à l’infini, ce qui rendrait plus lointaine toute perspective de « normalisation » de la politique monétaire et finirait par saper la confiance dans la monnaie, d’autant que les monnaies sont en concurrence au plan international.

Ce qu’il faut faire

Tout d’abord cantonner et amortir la dette « Covid ». En parallèle, passer la vitesse supérieure en matière de réformes structurelles : réforme des retraites, de l’assurance-chômage, des minima sociaux (allocation sociale unique), modifier le périmètre public, décentraliser. Et surtout, surtout, remettre le plus rapidement la France au travail.

Pour reconstruire notre pays après cette crise ? Il faudra travailler dur, le contraire est une illusion. Nos partenaires européens n’ont pas tourné le dos à la reconstruction et à des investissements massifs pour un cadre économique et institutionnel refondé, mais contrairement à la France ils ont accepté de faire les réformes qui s’imposent et qui leur ont permis de traverser la crise avec des finances publiques saines, ce qui va leur permettre de mieux rebondir. Demander l’annulation de la dette sans s’engager dans une transformation de notre modèle c’est reconnaître que nous ne sommes pas capables de nous adapter, c’est un aveu d’échec.

Il faut faire vite… car tôt ou tard la politique monétaire redeviendra plus normale ce qui veut dire clairement que la BCE stoppera ses rachats et que les taux augmenteront, si nous n’avons pas entamé les réformes avant, nous ne serons pas prêts et cela ne deviendra plus finançable pour la France. Il y a urgence.

C’est maintenant que le gouvernement doit bâtir sa stratégie de reconstruction de la France avec un calendrier clair 2022-2030 et la faire partager aux Français. Sans attendre 2022.

 

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