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1 février 2021 11:20

S’il fallait trouver un point positif à la pandémie de coronavirus, beaucoup citeraient le fait que la Terre a pu respirer grâce aux lockdowns. Mais la réalité scientifique n’est pas aussi belle qu’espérée. La baisse de la pollution aurait été largement surestimée.

En analysant les niveaux de pollution de l’air entre l’avant et l’après-confinement, des scientifiques avaient établi que la présence de polluants avait largement baissé en raison des confinements. Une étude avait même avancé que les émissions de NO₂ avaient chuté de jusqu’à 90% à Wuhan, ville à l’origine du coronavirus et qui a été la première à être confinée.

Sceptiques face à ces conclusions, des chercheurs de l’université de Birmingham ont tenu à réaliser leur propre étude. Ils ont analysé la qualité de l’air de onze grandes villes : Pékin, Wuhan, Milan, Rome, Madrid, Londres, Paris, Berlin, New York, Los Angeles et Delhi.

Pour eux, comparer la pollution avant et après le confinement est trompeur. Ils rappellent que le climat et les saisons jouent un rôle sur les niveaux de pollution. L’ensoleillement, le vent et la température sont autant de facteurs pouvant influer sur ces taux à un endroit donné. Se concentrant sur le printemps 2020, ils ont fait en sorte d’éliminer l’impact de la météo sur l’évolution des taux de pollution. Leurs conclusions sont bien moins réjouissantes.

Résultats en dents de scie

Dans leur étude, les chercheurs britanniques ont mesuré les taux de trois polluants bien précis: le dioxyde d’azote (NO₂), l’ozone (O₃) et les particules fines (également appelées PM2,5). ‘Tous ces polluants sont nocifs pour la santé humaine et provoquent toute une série de problèmes cardiaques et pulmonaires’, indiquent les scientifiques.

Voici les résultats de leur étude.

  • Les niveaux de NO₂ ont baissé pendant le confinement, mais dans des proportions bien moins importantes que ce qu’on pensait. Par exemple, à Wuhan, le confinement n’a fait baisser les concentrations de dioxyde d’azote que de 34%, et non de 90%. Les chercheurs indiquent que la baisse du trafic routier a permis une certaine diminution, mais que les véhicules les plus polluants, tels que les camions de fret à moteur diesel, ont continué de rouler.
     
  • Les niveaux d’O₃ ont… augmenté. Jusqu’à 30% dans certaines villes. ‘Cela s’explique en grande partie par le fait que les émissions d’oxydes d’azote dues à la circulation auraient généralement éliminé une partie de cet ozone en réagissant avec lui’, expliquent les chercheurs.
     
  • Les niveaux de particules fines ont diminué dans certains endroits. Mais elles sont restées très élevées et ont même augmenté dans des villes comme Paris, Londres et Pékin. Une des explications apportées par les auteurs de l’étude est que la nature changeante de l’atmosphère, liée au confinement, a provoqué la transformation de composés gazeux dans l’air en particules fines.

Que faut-il en conclure ?

En réalisant cette étude, les scientifiques ont voulu tempérer l’enthousiasme né chez certaines personnes. ‘C’est important de le faire, car si les gens surestiment les avantages du confinement sur la qualité de l’air, ils pourraient sous-estimer l’ampleur du défi que représente la pollution atmosphérique […] et ne pas prendre les mesures radicales nécessaires pour ramener la qualité de l’air urbain dans des limites saines’, expliquent les professeurs Zongbo Shi et William Bloss.

Si le confinement a bel et bien provoqué une baisse des concentrations de dioxyde d’azote, il a également favorisé la présence d’ozone. Pour les chercheurs, cette observation prouve une nouvelle fois la complexité du défi auquel le monde fait face. Et elle doit pousser les décideurs politiques à adopter une ‘approche systémique de la lutte contre la pollution atmosphérique, adaptée à chaque ville, et prenant en compte tous les types de polluants.’

L’étude complète peut être consultée ici.

Source: BusinessAM

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