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3 avril 2021 15:42

Trop longtemps oubliées et négligées, les campagnes sont en plein renouveau, favorisé par le mouvement des “gilets jaunes” et la pandémie, décrit Anthony Cortes.

Depuis le premier confinement et son exode vers plus de verdure, un nombre croissant de citadins cherchent à s’installer à la campagne, aidés par le télétravail. Le mouvement des “gilets jaunes”, de son côté, a révélé « un volontarisme collectif pour sauver ce qui peut encore l’être dans ces terres, refusant toute posture victimaire, relève Anthony Cortes dans le Réveil de la France oubliée. Jusqu’à relancer la machine dans chacune des zones rurales ? » 

Originaire d’un petit village des Pyrénées-Orientales, le journaliste de Marianne a battu la campagne de ces « nouveaux territoires perdus » , à la rencontre de ceux qui travaillent, jour après jour, à retisser du lien, à redynamiser cette France oubliée, négligée par Paris, et à vivre, tout simplement. Loin d’un misérabilisme, le reporter dévoile, certes, les difficultés, les manques, mais aussi les initiatives, les espoirs, les énergies déployées pour sauver un village, attirer des jeunes, souder une communauté, Covid ou pas. Une plongée passionnante et nécessaire dans une France en pleine renaissance.

 

Comment expliquer que les campagnes, perçues comme un havre de quiétude par une majorité des Français, soient en pleine désertification  ?
Il est vrai que les campagnes ont particulièrement la cote. Les différents sondages sur la question sont clairs. Huit Français sur dix voient la vie sur ces terres comme « idéale ». Selon eux, elle serait moins anxiogène qu’en ville, notamment du fait du calme, du cadre naturel et du faible coût de la vie que l’on peut y trouver.

Ces projections ne sont pas erronées. Cependant, elles éclipsent bien souvent un pan moins séduisant de la réalité. Les services publics sont de plus en plus rares, tout comme les commerces ou les offres de transports, sans oublier les possibilités d’emplois ou de garde d’enfants… Pour les historiques comme pour les nouveaux venus, la balance avantages/désavantages commence déjà à basculer du mauvais côté.

Et c’est compter sans une autre donnée : la ruralité est aussi une terre de pauvreté. La première terre de pauvreté ! Bien sûr, la situation est plus ou moins grave selon que l’on est dans une zone peu ou très peu dense, enclavée ou pas, avec un tissu économique et associatif plus ou moins dynamique…

Malgré tout, il y a des chiffres de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) particulièrement parlants : dans l’espace rural, le taux de pauvreté frôle les 14 % alors qu’il se maintient à 11 % dans l’espace urbain. Et dans plus d’un tiers des départements ruraux, ce taux dépasse les 19 %. Parmi les victimes de cette situation, comme d’une certaine invisibilisation médiatique, on trouve des agriculteurs dégageant peu de revenus, des personnes âgées isolées et mal logées, mais aussi des jeunes non qualifiés parfois en rupture familiale.

Dans ces conditions, difficile de ne pas envisager de quitter les villages pour rejoindre la ville, territoire de tous les possibles dans l’imaginaire collectif.

 

Quel rôle ont joué les banlieues ?
Bien sûr, il ne s’agit pas de faire une hiérarchie entre nos territoires souffrants, banlieues et zones rurales. L’un et l’autre pâtissent de problèmes distincts et tous produisent une seule chose : une misère sociale et culturelle. Toutefois, il est clair que les troubles qui ont agité les banlieues depuis le début des années 1990 ont éclipsé les difficultés de la ruralité, tout comme sa colère, auprès de l’opinion. Dans les médias, depuis les émeutes de Chanteloup-les-Vignes de 1990 en région parisienne, la banlieue est montrée comme le territoire de toutes les souffrances. Le seul. [...]

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