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14 avril 2021 09:41

Depuis plusieurs mois, l'État français ne varie pas au sujet du retour des femmes de djihadistes : il se réserve le droit de choisir celles qu'il entend rapatrier. Une option qui soulève des passions contradictoires.

C’est un débat auquel les décideurs politiques ne couperont pas. L’épineuse question du retour des femmes de djihadistes se pose avec une acuité nouvelle depuis l’entretien récemment accordé par Emilie Köning à l’AFP. Retenue depuis 2017 dans le camp de Roj, au nord-est de la Syrie, la Morbihannaise considérée comme dangereuse par Washington plaide pour son retour en France : « Je veux retourner en France, je veux retrouver mes enfants [dont deux fils qu’elle a abandonnés lors de son départ en 2012, NDLR], j’aimerais que la France soit conciliante par rapport à ça. J’ai envie de réparer mes erreurs », explique-t-elle à l’AFP. Des « erreurs » dont elle relativise la gravité : « Je n’ai pas de sang sur les mains. »

 

C’est oublier un peu vite son concours actif à la propagande de l’État islamique (EI), comme lorsqu’elle exhortait des partisans de l’organisation à s’attaquer aux institutions gouvernementales françaises ainsi qu’aux femmes de soldats français déployés au Mali. La Bretonne, qui a la mémoire courte, a les yeux rivés sur l’avenir ; elle se verrait bien suivre une formation en comptabilité et prendre « une revanche un petit peu ».

En janvier, la France a rapatrié ses trois enfants conçus en zone de guerre : un fils né d’une première union en Irak, en mars 2015, puis des jumelles nées en janvier 2017, en Syrie, d’un nouveau mariage après le décès du premier époux. « Depuis qu’ils sont partis, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à eux. J’espère un jour pouvoir revoir mes enfants, on sera autour d’une table tous les six. »

Selon les dernières estimations, il resterait quelque 80 Françaises et 200 de leurs enfants dans les camps kurdes en Syrie. Fin mars, une dizaine de ces femmes ont entamé une grève de la faim pour obtenir leur rapatriement sous nos latitudes. Emilie Köning est de celles-ci : « Je me suis dit que ça servait à rien parce que de toute manière, que je meure ici ou pas, la France ne vient même pas », explique-t-elle encore dans l’interview.

Depuis la chute du dernier bastion de Daech, Baghouz, en février 2019, les autorités kurdes, passablement démunies, appellent les pays concernés à rapatrier les femmes et les enfants étrangers. Sur ce point, la France ne varie pas depuis des mois et prône une politique au « cas par cas ». Début février, sur France info, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti appelait à faire la part entre une « réponse du cœur » et une « réponse pénale possible »

Au sommet de l’État, on souhaite confier cette réponse pénale aux autorités locales, conformément au principe de territorialité en droit pénal. En d’autres mots, les individus concernés doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes. Mais encore faut-il que cette souveraineté des États, reconnue en droit international, puisse être exercée par les autorités compétentes. « Nous ne sommes pas dans un contexte de politique interne.

Il y a un contexte géopolitique dont on ne peut faire l’économie. À savoir que nous sommes tributaires des chancelleries et des appareils étatiques locaux », souligne Amélie Myriam Chelly, professeur de géopolitique à Dauphine et membre de l’Observatoire des radicalisations.source

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