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24 juin 2021 12:28

Selon un sondage mené par l’institut CSA pour CNews, 73% des Français se disent favorables à l’interdiction du port du burkini dans les piscines. Toutes les tranches d’âge sont majoritairement pour cette restriction sauf les 18-24 ans qui affichent leur soutien (67%) à l’autorisation de cette tenue.

Alors qu’un amendement qui prévoyait l’interdiction du burkini dans les piscines a été supprimé début juin par des députés du Parti socialiste et de la majorité présidentielle, près de trois quarts des Français se sont prononcés contre cette tenue, selon un sondage réalisé par l’institut CSA pour CNews.

L’enquête définit le burkini comme une «tenue de baignade couvrant entièrement le corps, excepté les pieds, les mains et le visage». Les résultats montrent que 73% des personnes interrogées sont favorables à son interdiction, alors que 26% se prononcent pour son autorisation. Seul 1% s’abstient de répondre.

Toutes les catégories d’âge sauf une soutiennent majoritairement l’interdiction de cette tenue: les 65+ (88%), les 50-64 ans (84%), les 35-49 ans (71%) et les 25-34 ans (61%). Seuls les 18-24 ans sont globalement pour son autorisation (67%).

 

© SPUTNIK
Infographie sur le port du burkini, un sondage de l'Institut CSA pour CNews

Les opinions favorables à cette tenue sont plus nombreuses à gauche (39%), qu’à droite (12% pour). Parmi les sympathisants de La République en marche (LREM), seuls 16% lui sont favorables.

Le sondage a été mené via un questionnaire autoadministré en ligne les 22 et 23 juin auprès de 1.000 personnes.

Débats à Grenoble

Le burkini subit un «rejet très vif» de la société française, a indiqué Julie Gaillot, directrice du pôle Société chez CSA, auprès de la chaîne de télévision. À défaut d’une réglementation nationale, la gestion de cette pratique qui suscite des débats depuis des années reste réservée aux autorités locales. En 2019, une quinzaine de femmes, membres de l’association islamiste «Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise» ont cherché à provoquer en se rendant dans une piscine, vêtues de burkinis, violant ainsi le règlement intérieur.

Deux ans plus tard, un collectif féministe, associé à l’Alliance citoyenne, a adressé début juin une lettre ouverte au maire de Grenoble, Éric Piolle, pour dénoncer ce règlement «discriminant et sexiste». Ces restrictions imposent «une standardisation sexiste, raciste» des femmes musulmanes, indique la lettre rédigée par «Nous toutes». Les signataires ont appelé la municipalité à «accepter tout maillot de bain qui serait en matière lycra, comme c’est le cas dans les piscines de Rennes».

Éric Piolle a par la suite demandé au Premier ministre de donner aux communes une règle unique pour l’autorisation et l’interdiction des tenues dans les piscines.

Amendement supprimé

Cette disposition pour le projet de loi sur le respect des principes républicains a été proposée par le sénateur Michel Savin (Les Républicains) de l’Isère. Elle a été votée le 30 mars. Le nouvel article visait à «garantir le respect des principes de neutralité des services publics et de laïcité» à la piscine ou en «baignade artificielle publique».

En s’opposant à cet amendement, le ministre de l’Intérieur a rappelé que la neutralité ne pouvait pas s’imposer aux usagers du service public.

«Nous ne pouvons pas priver par principe de l’expression d’une opinion religieuse», a lancé Gérald Darmanin.

Un nouvel amendement a été voté à l’Assemblée en s’appuyant sur cette vision de la neutralité pour supprimer la proposition sénatoriale. Cette dernière avait été qualifiée par les socialistes de «contraire à la loi de 1905 et à l’avis du Conseil d’État», de «stigmatisante» et ne faisant qu’«encourager le repli communautaire».

 

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