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mise en ligne le 15/10/2018

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9 juin 2021 23:24

La France doit composer avec une nouvelle aggravation de son déficit commercial, qui a atteint en avril 6,2 milliards d’euros. Le pays subit les conséquences désastreuses de sa désindustrialisation, avance Jean-Pierre Gérard, président du Club des numéros un mondiaux français à l'export.

La reprise économique n’a pas que des bons côtés. Le 8 juin, les Douanes ont annoncé que le déficit commercial français s’était encore creusé en avril, où il a atteint 6,2 milliards d'euros. Pas de quoi surprendre Jean-Pierre Gérard, président du Club des numéros un mondiaux français à l'export et ancien membre du Conseil de la politique monétaire. «Comment voulez-vous que le déficit ne se creuse pas?» s’interroge-t-il pour la forme au micro de Sputnik.

«Dès que l’activité repart, la France est obligée d’augmenter les importations, puisque l’on n’y fabrique plus grand-chose», se désole l'expert.

Les importations ne cessent d’augmenter et le font bien plus vite que les exportations. En avril, les premières ont grimpé de 700 millions d'euros quand les secondes n’ont crû que de 400 millions d’euros. «En cumul sur douze mois glissants, le déficit s'établit à 70 milliards d'euros, un niveau supérieur au cumul enregistré sur l'année 2020», précisent les Douanes.

​D’après Jean-Pierre Gérard, l’activité repart grâce notamment à l’endettement, mais pas sous l’impulsion de l’activité industrielle. En décembre 2020, l'Agence France Trésor prévoyait que Paris devrait lever 260 milliards d'euros à moyen et long terme sur les marchés en 2021. Un chiffre record. Quant à l’activité industrielle, elle ne représente aujourd’hui qu’«entre 12 et 15% du produit intérieur brut» selon Jean-Pierre Gérard. Une sévère chute quand l’on sait que le secteur désormais secondaire comptait pour environ un quart du PIB français dans les années 1960.

Quarante ans «d’incurie industrielle»

La hausse des coûts de l’énergie fait mal. Le déficit énergétique pèse ainsi négativement à hauteur de 2,8 milliards d'euros dans la balance commerciale. Mais les Douanes soulignent que, hors énergie, «le déficit croît depuis quatre mois» et atteint en avril «un niveau record», hors période Covid-19 en 2020.

Lors du premier trimestre, la quasi-totalité des autres grandes catégories de produits a vu son solde se détériorer. C’est notamment le cas des matériels de transports (–0,8 milliard), des biens d'équipement mécaniques et électroniques (–0,7 milliard), mais également de l'excédent des produits agricoles (–0,1 milliard).

Et la situation pourrait empirer, à en croire notre interlocuteur:

«Nos entreprises industrielles les plus performantes disparaissent petit à petit ou sont la proie de sociétés étrangères», regrette l’ancien membre du Conseil de la politique monétaire.

Selon lui, le déficit commercial français est le résultat de quatre décennies «d’incurie industrielle» durant lesquelles «aucune décision n’a été prise en faveur de l’industrie».

«On ne peut pas indéfiniment avoir un euro surévalué, une absence de protection aux frontières et une réglementation hostile au développement de l’industrie», alerte l’expert qui travaille actuellement à l’écriture d’un livre sur l’industrie française. Et de poursuivre:

«On ne travaille plus assez en France et le coût des services publics ne cesse d’augmenter pour une qualité de service qui ne cesse de chuter.»

Reste que tout n’est pas sombre. Il assure que «certains résistent» et que la France compte encore de belles réussites. Pourtant, d’après lui, «cela ne suffit pas à faire une économie performante».

L’exemple du secteur automobile

Quid du quinquennat en cours? A-t-il été bénéfique à l’industrie française? Pas pour Jean-Pierre Gérard: «Emmanuel Macron est un inspecteur des finances et, en tant que tel, il ne rêve que d’une industrie à l’Allemande. Dans leurs têtes, les inspecteurs des finances pensent que les patrons d’industrie n’investissent pas assez dans le haut de gamme, etc.»

 

Pour le président du Club des numéros un mondiaux français à l'export, l’industrie ne se limite pas uniquement au haut de gamme. Elle consiste à «mettre le maximum de produits à disposition du maximum d’individus». «Il y a des produits de milieu de gamme ou de bas de gamme qui sont adaptés à des pouvoirs d’achat différents», souligne Jean-Pierre Gérard.

D’après son analyse, la volonté d’aller uniquement vers le haut de gamme serait «une erreur dramatique» pour l’industrie française.

Jean-Pierre Gérard regrette que la France prenne «toutes les décisions pour que l’industrie ne fonctionne pas». Il prend l’exemple du secteur automobile: «Nous sommes performants dans le diesel. Les réglementations ont fait faire des efforts considérables aux constructeurs pour réduire les émissions de particules et dorénavant on les condamne.»

En 2012, 75% des immatriculations roulaient au diesel en France. Ces dernières années ont vu le gasoil relégué au banc des accusés. La mise en place de Zones à faibles émissions ou carrément l’interdiction du diesel, comme à Paris à partir de 2024, ont poussé plusieurs constructeurs à abandonner cette motorisation. Ce sera bientôt le cas pour Renault. Et aussi pour Citroën, à en croire son directeur général, Vincent Cobée, qui s’est dit «extrêmement froid» à l'idée de continuer à produire ce type de véhicule.

«La France avait un leadership sur les moteur Diesel peu polluants et tout cet effort va être réduit à néant», soupire Jean-Pierre Gérard.

D’après lui il s’agit d’autant plus d’un mauvais calcul qu’il assure que les véhicules électriques sont également générateurs de pollution. Notre intervenant voit également d’un très mauvais œil la volonté d’une partie de la casse politique de se débarrasser du nucléaire alors que la France est en pointe sur cette énergie. «Quand on voit l’installation de panneaux photovoltaïques, etc. On se dit que tout cela n’est pas sérieux», estime-t-il.

​L’expert assure que le nucléaire est l’un des derniers secteurs industriels français qui résiste avec la Défense: «Notamment grâce à Dassault, qui rechigne à entrer dans des schémas européens qui donneraient la clé aux Allemands, comme ça a été le cas pour Airbus.»

En attendant, Paris peut voir du positif avec la dernière annonce de la Banque de France. Celle-ci a relevé une «légère amélioration» du solde de la balance des paiements. Un indice qui inclut les services. Le déficit des transactions courantes n’a été «que» de 1,4 milliard d’euros après un terrible mois de mars ou cette donnée avait atteint –2,7 milliards. On se console comme on peut…

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