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24 août 2021 12:39

Après la chute de la capitale afghane, tombée le 15 août 2021 aux mains des talibans, partisans de l’instauration d’un califat islamique, la situation des rares chrétiens présents dans le pays paraît plus que précaire, comme le confirment les témoignages des missionnaires présents dans le pays.

« Nous sommes toujours là, la situation ne me permet pas d’accorder des interviews. Je réitère mon appel à prier. » C’est par courrier électronique que le père Gianni Scalese, confiné dans l’enceinte de l’ambassade d’Italie, répond depuis Kaboul tombée aux mains des talibans.

Cette ambassade recèle la seule chapelle du pays, si l’on ne compte pas les bâtiments en préfabriqué qui ont été dressés par l’armée américaine. Ces chapelles provisoires sont d’ailleurs détruites par les talibans.

Le Clerc régulier de Saint-Paul (ou barnabite), âgé de soixante six ans est supérieur de la mission sui juris en Afghanistan, l’équivalent d’un diocèse en terre de mission. Il est l’un des rares prêtres catholiques présents dans le pays.

Il a lancé un appel à la prière pour ce qui se passe dans le pays, relayé par les médias italiens, le 18 août 2021 : « le Père Gianni est toujours à Kaboul et nous a demandé de nous inviter à prier. Compte tenu de la situation, il y a des craintes pour l’avenir de cette petite présence chrétienne ».

En 2018, dans les colonnes d’un site chinois d’informations catholiques basé à Macao – O Clarim – le père Scalese évoquait en ces termes la présence catholique en Afghanistan : « l’Eglise afghane est constituée par la communauté internationale, composée du personnel diplomatique et technique. Il y a une douzaine d’années, il y avait aussi beaucoup de travailleurs étrangers – surtout des Philippins –, qui ont dû quitter le pays, car ils étaient censés voler le travail des Afghans. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quelques-uns. »

Historiquement, quelques communautés hérétiques nestoriennes se sont implantées entre le VIe et le IXe siècle ; « au VIIe siècle, il y a eu la conquête islamique, mais elle n’a pas entraîné une disparition immédiate du christianisme. La présence chrétienne n’a été éradiquée d’Afghanistan qu’au XIVe siècle », précise le religieux.

Ce n’est qu’en 1933 que les Clercs réguliers de Saint Paul sont arrivés dans le pays.

Et le barnabite d’opérer un triste constat : « l’Afghanistan n’a jamais été un pays chrétien. Aujourd’hui, il n’y a plus, du moins officiellement, d’Afghans chrétiens. (…) Depuis son institution, la mission catholique n’a jamais baptisé aucun citoyen afghan. Le faire signifierait risquer leur vie », car tout apostolat est sévèrement réprimé.

Le troisième article de la constitution afghane prévoit en effet « qu’aucune loi ne peut être contraire aux croyances et aux dispositions de la religion sacrée de l’islam ».

Le 17 août dernier, Asianews rapportait le témoignage d’un jésuite indien exerçant son ministère dans le pays, le père Robert Rodrigues.

Selon lui, à l’heure présente, les talibans sont occupés à prendre en main l’appareil de l’Etat : « ils ne menacent pas la vie des civils, mais ils le feront lorsqu’ils auront pris pleinement le contrôle du système », assure le jésuite.

Dans cette terre où le Coran règne en maître, Jésus-Christ est exécré et banni, pour le plus grand malheur de ces pays « assis dans les ténèbres (…) et dans la région de l’ombre de la mort ».

 

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