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11 août 2021 00:06

L’avènement du premier vaccin anti-Covid français se confirme… en Angleterre. Malgré les polémiques successives sur le manque de soutien à la recherche contre le coronavirus, les choses semblent peu évoluer dans l’Hexagone. Retour sur une inertie qui plombe la France.

Le premier vaccin français verra bien le jour… grâce à la perfide Albion! D’ici à septembre seront connus les premiers résultats de l’étude clinique de phase III menée au Royaume-Uni, rapporte Le Républicain lorrain. Comme prévu, les sujets de Sa Majesté seront les premiers servis.

Et pour cause: si aujourd’hui Valneva touche au but, c’est grâce au soutien politique et financier des autorités britanniques. Londres a précommandé 190 millions de doses depuis septembre 2020. Un engagement conclu pour une valeur maximale de 1,4 milliard d’euros. Tout en prenant à leur charge les essais cliniques menés par l’entreprise franco-autrichienne. Dès avril, Valneva était dans les starting-blocks pour ses tests in situ de phase III sur vingt-cinq sites à travers le Royaume-Uni. En outre, à l’été 2020, le gouvernement de Boris Johnson avait déjà octroyé un coup de pouce de 14 millions de livres sterling au développement du site de production de Valneva à Livingstone en Écosse.

 

Depuis le début, l’exécutif britannique a cru en Valneva. Un soutien jamais démenti qui n’empêchera pas le chœur des pleureuses d’accuser les Britanniques d’avoir «coiffé au poteau» leurs homologues tricolores. Lesquels n’ont jamais jugé opportun de se lancer dans la course!

Paris semble aujourd’hui se réveiller, au même moment qu’une dizaine d’autres pays, afin de passer commande à cette biotech de la région nantaise (Saint-Herblain). Pourtant, celle-ci s’était tournée vers les autorités françaises dès le début de la pandémie comme le rappelait fin janvier, sur France Info, son directeur Franck Grimaud. Une démarche récompensée par une fin de non-recevoir. L’annonce, deux jours plus tard, du début de la production de son vaccin en Écosse avait provoqué un tollé.

Paris s’était en effet contenté de transmettre le dossier Valneva à la Commission européenne, chargée, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, de négocier avec les labos au nom de tous les États membres. Or Bruxelles n’a rien trouvé de mieux à faire que de lambiner.

«Un échec français et européen»

Cette situation a fait sortir de ses gonds la présidente Les Républicains de la région Pays de la Loire. Accusant la bureaucratie et son inertie, Christelle Morançais avait «interpellé» le gouvernement. En effet, elle avait écrit dès juin 2020, avec le préfet de Loire-Atlantique, au ministre de l’Industrie afin d’éviter que cette «pépite» ne file à l’anglaise.

«Un échec français et européen», fustigeait-elle dans un communiqué publié le 1er février, regrettant que «cette lettre et les relances qui ont suivi [soient] malheureusement restées lettre morte».

De lourdes accusations d’inaction, qu’avait cherché à tempérer Agnès Pannier-Runacher, ministre délégué chargé de l’Industrie. Montée au créneau afin de faire une «mise au point» concernant des «contre-vérités», elle avait plaidé la cause de la gestion européiste des achats de vaccins.

Dans une série de tweets, le 1er février, cette «marcheuse» de la première heure affirme que les Français auront bien accès au vaccin de Valneva. La Commission européenne était censée avoir «sécurisé», pour toute l’UE, 60 millions de doses. Soit trois fois moins que ce dont profiteront les seuls Britanniques. De toute façon, ces négociations finiront en eau de boudin, comme le relatait en juin le site Entreprendre. Nonobstant, Agnès Pannier-Runacher persiste et signe: «Il est faux de dire que Valneva n’a pas eu de réponse de l’État français: nous avons eu des discussions nourries avec le laboratoire dès le 6 mai 2020.» Bref, Bercy botte en touche, surtout soucieux d’éluder le fond du problème.

 

Autre argument avancé par Agnès Pannier-Runacher: il serait faux de dire que le vaccin de Valneva serait le seul sérum français disponible «D’autres candidats vaccins français sont dans le même calendrier (Sanofi, VRI, etc.)», insiste-t-elle. Il faut dire que le communiqué de la firme nantaise fait écho à l’abandon par l’Institut Pasteur des recherches sur son projet de vaccin. Une honte nationale.

La France est en effet le seul pays du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas avoir développé son propre vaccin anti-Covid. Fin février, une enquête de Paris Match révélait que le fiasco de l’Institut Pasteur serait à mettre au crédit de «sottes jalousies internes» entre deux chercheurs et d’«un engrenage de manœuvres et une série de maladresses». Piètre consolation, nous souffrons plus d'une absence de cohésion que d'un manque de compétence!

Du côté de l’administration française, on maintient le cap!

Malgré ces coups de semonce, rien ne semble avoir changé en France depuis six mois. L’exemple des errements de l’Institut Pasteur sur ses recherches concernant l’Octofène comme traitement du Covid l’illustre à merveille. Administré sous forme de suppositoire jusqu’en 2004 pour traiter les gros rhumes, cet antibiotique obtiendrait des résultats plus que prometteurs contre le Covid. Bémol, si l’Institut Pasteur de Lille planche dessus depuis l’été 2020, le feu vert de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour le début des essais cliniques mettra six mois à arriver, pour des résultats attendus en septembre.

Cette paralysie administrative ne semble pourtant pas pénaliser les concurrents aux vaccins et traitements français. Notamment la biotech américaine Novavax avec laquelle la Commission européenne vient d’annoncer, le 4 août, la signature d’un contrat d’achat de 200 millions de doses de son NVX-CoV2373. Ses essais de phase II, dont les résultats ont été communiqués dès le mois de mai, ont été menés sur pas moins de 30.000 personnes aux États-Unis et au Mexique.

Du côté de Covireivac, la plateforme de l’Inserm destinée aux Français qui souhaitent participer à un essai clinique, la page Web d’accueil reste plutôt vide.

 

Les seules indications, minimalistes et vagues, annoncent que des «discussions sont en cours» pour des essais académiques de candidats vaccins «actuellement en phase III dans d’autres pays». «Ces premiers essais pourraient démarrer à l’automne», annonce le site. Bref, toujours rien à signaler en France! Seul un «essai de phase I a démarré à l’hôpital Cochin sur un vaccin développé par l’Institut Pasteur»… Ce qui semble correspondre aux essais débutés au mois d’août dernier et qui ont abouti à l’abandon du projet de vaccin il y a près de sept mois.

Face à tant de dynamisme, même Sanofi semble s’être rabattu sur les essais cliniques outre-Atlantique, avec 722 volontaires dénichés aux États-Unis et au Honduras pour sa phase II.

En plus de travailler sur ce candidat vaccin à virus entier inactivé, qui fait figure d’exception en particulier par rapport aux concurrents à ARN messager, Valneva est en passe de devenir la première entreprise au monde à offrir une réponse thérapeutique au virus du chikungunya à en croire les résultats de la phase III de son vaccin communiqué le 5 août. Des résultats, prometteurs, qui ont cette fois-ci attiré l’attention des autorités américaines.

Par ailleurs, la firme nantaise planche également sur un sérum contre la maladie de Lyme, actuellement en phase II. Début mai, Valneva célébrait son introduction à la Bourse de New York. Tout semble sourire à la firme franco-autrichienne, du moins en dehors de l’Union européenne…

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