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8 novembre 2021 19:38
Alors que la reprise économique s’accompagne d’une inflation en hausse, l’ancien banquier et régulateur Jean-Michel Naulot alerte sur un autre risque: celui d’un krach boursier. Un séisme qui pourrait se produire à tout moment.
4,6% sur un an en Allemagne, 2,6 en France, 4,1 dans la zone euro: depuis plusieurs mois, l’inflation progresse sur le Vieux Continent. Outre-Rhin, le tabloïd Bild s’en prend violemment à Christine Lagarde, taxant la présidente de la Banque centrale européenne de "Madame Inflation portant du Chanel" et l’accusant de laisser filer la hausse des prix par sa politique monétaire accommodante.
Invité de Jacques Sapir et Clément Ollivier dans Russeurope Express sur Sputnik, l’ancien banquier Jean-Michel Naulot pointe plutôt un autre danger lié à la politique d’argent bon marché de la BCE: le fait que ces injections de liquidités dopent les marchés financiers d’une façon disproportionnée par rapport à l’économie réelle.
"L’indice de Shiller est à ses plus hauts niveaux historiques", note l’ancien membre du Collège de l’Autorité des marchés financiers. Élaboré par le Nobel d’économie américain Robert Shiller, cet indicateur a pour but de jauger l’état de santé des marchés. Il mesure le ratio entre la capitalisation boursière et la moyenne des bénéfices nets sur dix ans: plus il est haut, plus les actions sont surévaluées, indiquant de potentielles bulles.
 
"Le ratio de Shiller est actuellement au-dessus de son niveau de 1929 et approche celui de 2000", poursuit Jean-Michel Naulot.
Régulièrement prédite ces dernières années, la "prochaine crise" n’a pourtant toujours pas eu lieu. "Je suis le premier coupable, concède l’auteur d’Éviter l’effondrement (Seuil, 2017). Quand j’ai publié le livre, je pensais que la crise était imminente. Mais la pandémie est venue comme un sursaut, avec une création monétaire que je n’avais pas imaginée".
 
Et de conclure: "Malheureusement, tous les ingrédients d’une crise financière sont là. Je le déplore mais ils sont là: le shadow banking représente environ la moitié de la finance mondiale, les produits dérivés sont aux mêmes montants qu’auparavant, les fonds spéculatifs sont plus que jamais domiciliés dans les paradis fiscaux…"
 
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