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25 décembre 2021 19:06
La flambée des prix de l’électricité n’est pas près de s’arrêter. Conséquence de choix politiques impulsés par les Verts, l’association Action Écologie appelle à la démission de Barbara Pompili et à la sanctuarisation des questions énergétiques.
 

"Au lieu de convoquer le directeur d’EDF, c’est elle qui ferait mieux d’être convoquée par les ingénieurs d’EDF! Qu’ils lui expliquent comment cela fonctionne…"

Auprès de Sputnik, Bertrand Alliot, porte-parole d’Action Écologie ne décolère pas: en matière d’énergie, les Français paient et paieront longtemps les inconséquences des écologistes. Plus précisément, celles des politiques gouvernementales impulsées depuis dix ans par les responsables issus d’EELV, ce "parti ennemi acharné de l’atome", accuse l’association dans un communiqué.
Celle-ci appelle ni plus ni moins qu’à la démission de Barbara Pompili. "Comptable de la politique antinucléaire menée par la France", la ministre de la Transition écologique est "directement responsable du fiasco actuel", justifie Bertrand Alliot.
En cet hiver 2021-2022, le constat est pour le moins accablant. Face à sa production nucléaire en perte de vitesse, l’Hexagone doit aujourd’hui compter sur une électricité créée par le charbon allemand, le gaz russe ou encore le gaz de schiste américain.

Le temps où EDF caracolait en tête des fournisseurs mondiaux d’énergie, exportait vers l’Europe et offrait aux Français l’une des factures d’électricité les plus basses du Vieux Continent semble bel et bien révolu.
 
Mais au-delà de cet aspect souverain, la dépendance accrue aux importations d’énergies carbonées, et donc aux marchés internationaux, fait littéralement exploser les prix au compteur.

La Transition écologique: un ministère "obèse" sous la coupe des Verts

Après une année marquée par les hausses et la mise en place d’un "bouclier tarifaire", la facture d’électricité des ménages devrait encore s’alourdir de 20 à 25% l’an prochain.
Quant aux entreprises, qui doivent directement se fournir sur ce marché de l’énergie dérégulé par les traités européens, le prix du kilowattheure a été multiplié par neuf en un an. Face à cette explosion de leurs coûts de production, certaines industries sont contraintes de baisser le rideau.
 
Comme si cette flambée des prix ne suffisait pas, la sixième économie mondiale est également menacée par des coupures de courant. "Il n’y aura pas de gros black-out général" cet hiver, répète à l’envi sur les plateaux Barbara Pompili, qui joue sur les mots.
L’an passé, déjà, la ministre de la Transition écologique préférait les termes de "coupures circonscrites" et "gérées" à celui de "black-out": ce type de coupures généralisées que la France n’a plus connues depuis une disjonction du réseau en 1978.
Piquée au vif par un journaliste qui lui fait remarquer que "nous ne sommes pas en Union soviétique", la ministre accuse alors la "dépendance" française au nucléaire d’être la cause de cette situation de crise. La faute au nucléaire, un leitmotiv repris cette année par les écologistes. "C’est l’entêtement dans le nucléaire qui nous met dans cette difficulté", a ainsi lâché le 20 décembre Julien Bayou, sur les ondes du service public. Le secrétaire général d’EELV va même jusqu’à évoquer une "intermittence" de la production nucléaire française.
L’intermittence: ce problème majeur des énergies renouvelables qui sont incapables de produire de façon constante. Or, comme les 30.000 éoliennes allemandes avant elles, les éoliennes françaises semblent manquer de vent cet hiver…
"C’est aberrant", s’indigne Bertrand Alliot, qui rappelle la décision prise de fermer la centrale de Fessenheim, "cela prive la France de 11 térawattheures (TWh) par an de production électrique décarbonée", déplore-t-il.
 
À titre de comparaison, l’éolien aurait produit 39,7 TWh en 2020, d’après les chiffres de RTE. Toujours selon le gestionnaire de réseau, la production nucléaire a baissé de 11,6% de la production nucléaire française qui a chuté à son niveau le plus bas depuis 1993.

Plus d’éolien, moins de nucléaire: équation perdante pour les Français

Arrêtés en juin 2020, les deux derniers réacteurs de la centrale alsacienne devaient initialement fonctionner jusqu’en 2041. Doyenne des centrales tricolores, elle était par conséquent pleinement amortie, ce qui faisait de son kilowattheure le moins cher de tout le parc nucléaire français. Une rentabilité qui a pesé sur le calcul des centaines de millions d’euros d’indemnités que le contribuable devra verser à EDF pour les années à venir.
 

"Un des premiers principes écologiques est de ne pas gaspiller le capital dont on dispose. C’est pourtant ce qui s’est passé avec Fessenheim: on a mis à la poubelle un moyen de production qui fonctionnait, nous obligeant à en construire d’autres… Les Verts, qui luttent contre l’obsolescence programmée, l’appliquent au nucléaire."

Pour notre intervenant, la coupe est pleine. L’audit sur la disponibilité du parc nucléaire, exigé par Barbara Pompili auprès du PDG d’EDF le 17 décembre, n’est à ses yeux qu’un moyen de "détourner l’attention de ses propres responsabilités". Non seulement la ministre doit selon lui partir, mais le ministère de la Transition écologique doit être définitivement mis à l’abri des Verts.
 
Depuis sa création, celui-ci s’est peu à peu retrouvé en charge d’une multitude d’autres portefeuilles ministériels. Une "obésité" qui pourrait encore s’accroître, pour Bertrand Alliot. "Si on continue dans cette logique, on va bientôt y rajouter l’agriculture voire même l’industrie puisque ce qui prime, c’est le CO2", avance ainsi le porte-parole d’Action Écologie.
 

"Il faut absolument sortir du ministère de l’Écologie le thème de l’énergie, qui estcrucial pour la nation. Il faut le protéger des assauts des idéologues verts qui sont obsédés par la décroissance!", insiste-t-il.

Comme tient à le rappeler notre intervenant, Barbara Pompili est passée par le cabinet d’Yves Cochet, ministre de l’Écologie de Lionel Jospin et franc partisan de la décroissance.
Une appétence pour ce concept qui prône la réduction de la consommation, que l’on retrouve aujourd’hui jusque dans les rapports commandés par la ministre à Réseau de transport d’électricité (RTE). Dans sa dernière copie, remise à l’hôtel de Roquelaure, l’organisme public dresse comme "trajectoire de référence" une baisse de 40% de la consommation énergétique des Français afin d’accéder à la "neutralité carbone" en 2050.
Un objectif qui semble tout aussi difficile à atteindre que celui de sanctuariser les questions énergétiques en France. En effet, la situation actuelle est en grande partie héritée des accords électoraux passés entre François Hollande et EELV. "Aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié", stipulait cet accord, signé en novembre 2011. Un moratoire, en somme, sur les investissements dans la filière nucléaire dont on commence à peine à ressentir les conséquences.
 
Ironie du sort: malgré le changement de cap d’Emmanuel Macron sur l’atome, les écologistes utilisent ces dix années qu’ils ont fait perdre comme un argument antinucléaire: trop tard pour se lancer dans la construction de nouvelles centrales, "d’ici à 15 ans, le renouvelable est la seule solution", affirmait en ce sens Barbara Pompili début octobre.
 
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