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3 avril 2012 01:02

Si les groupes du CAC 40 se portent bien, ce n’est pas le cas pour l’ensemble des entreprises installées en France : leur taux de marge (taux de profit brut) est tombé fin 2011 à son niveau le plus bas depuis 26 ans, selon l’Insee. Pendant ce temps-là, celui de leurs concurrentes allemandes progresse…

Pour les particuliers, la conjoncture n’est pas folichonne, si l’on en croit les derniers comptes trimestriels publiés ce mercredi par l’Insee. Leur pouvoir d’achat a stagné au cours du dernier trimestre 2011, et a même baissé de 0,2% si l’on raisonne par unité de consommation (grosso modo, par individu) et non en masse. Sur l’ensemble de 2011, il aurait tout juste augmenté de 0,4%.

Mais ce ne sont pas seulement les ménages-consommateurs qui ne sont pas à la fête. Les entreprises françaises (sociétés non financières, pour être précis) ne se portent pas si bien, leur rentabilité se dégrade. Leur taux de marge (excédent brut d’exploitation/valeur ajoutée, correspondant grosso modo à un taux de profit brut avant intérêts et impôts) est tombé à 28,7% au dernier trimestre 2011.

C’est le niveau le plus bas constaté depuis la fin 1985. A l’époque, les sociétés sortaient d’une période de comptes fortement dégradés, sous l’effet du second choc pétrolier : leur taux de marge était tombé à un minimum historique de 22,1% au cours de l’été 1982. Il était remonté progressivement à partir de 1985, grâce au contre-choc pétrolier et à la modération salariale imposée par le gouvernement socialiste à partir de la mi 1982.

 

Divergence avec l’Allemagne

Depuis la fin des années 80, ce taux de marge est, le plus souvent, sensiblement au dessus de 30%. Dans une note parue récemment, l’Institut de l’entreprise souligne la divergence d’évolution entre la rentabilité des entreprises françaises et allemandes. « Sur la période 2000-2008, le taux de marge allemand a progressé pour atteindre 41,7%, tandis que le taux de marge français est demeuré stable à 32,8% » relèvent les experts. Depuis 2008, la rentabilité en France a donc, même sensiblement reculé… L’Institut de l’entreprise ajoute que « la faiblesse des marges françaises limite le recours à l’autofinancement, et contribue à augmenter la charge financière des entreprises, les rendant par là plus sujettes à un retournement conjoncturel de l’offre de crédit ».

Les profits du CAC 40 très profitables grâce à leur activité à l’étranger

La dégradation des comptes peut paraître paradoxale, si on la rapproche des super-profits des groupes du CAC 40 : certes en baisse, ils ont tout de même atteint 73 milliards d’euros en 2011, soit 3,7% du PIB, et témoignent d’une bonne santé financière de ces entreprises phare de la Bourse. Mais il faut souligner que les grandes entreprises s’en sortent mieux, et que, surtout, il s’agit là, pour l’essentiel – au moins les trois quarts -, de profits réalisés à l’étranger. Ils ne reflètent donc pas l’état des entreprises opérant dans l’Hexagone.

L’excédent brut d’exploitation de toutes les sociétés en activité en France, considérées globalement, s’est établi à 73 milliards au cours du dernier trimestre 2011, et 293 milliards sur l’ensemble de 2011, selon les calculs des statisticiens de l’Insee. Pas de quoi investir massivement… Voilà pourquoi François Hollande veut créer une banque publique d’investissement, et baisser le taux d’imposition des profits des PME, dont les comptes sont les plus dégradés, en regard de ceux des grandes entreprises. Celles-ci, au contraire, paieraient plus d’impôt sur leurs bénéfices.

Charges en hausse, valeur ajoutée en faible progression

Comment expliquer cette nouvelle dégradation des comptes, fin 2011 ? Même si l’ensemble des Français n’ont pas vu leur pouvoir d’achat augmenter, la revalorisation du smic, et surtout la hausse des cotisations sociales due à l’instauration d’un nouveau régime d’allègements de charges, ont pesé sur la rentabilité des entreprises. Au total, les charges salariales ont augmenté de 1%. De même que l’ensemble des autres charges (impôts, etc.). Or, dans le même temps, la valeur ajoutée produite n’a progressé que de 0,7%.

Une croissance annoncée de 0,7% en 2012

Au delà des derniers mois sous revue, le vrai problème, c’est donc l’incapacité des entreprises à dégager de la croissance, à, tout simplement, vendre leurs produits. Elles ne se remettent pas vraiment de la récession de 2008-2009. D’où la maigre hausse du PIB (0,2%) confirmée pour le dernier trimestre 2011 : certes, une nouvelle récession semble évitée, mais parler de reprise comme l’a fait Nicolas Sarkozy pendant le conseil des ministres, semble quelque peu prématuré, alors que le PIB ne devrait gagner que 0,7% en 2012, selon la nouvelle prévision officielle.

« Que voulez-vous, avec 3% de croissance, les Français sont heureux », semblait déplorer Jacques Chirac, à la fin des années 90, quand son premier ministre, Lionel Jospin, se trouvait au zénith dans les sondages. Avec une telle expansion, l’idée de reprise peut s’installer dans l’esprit des Français. On est très loin de ce chiffre de 3%, aujourd’hui…

La Tribune

 

  mots clefs économie, sarkozy, la tribune, entreprises, PIB

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie
30 mars 2012 23:50

 

Chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, la “battle”sur Yahoo ! Actualités confronte les éditos de Rue89 etCauseur sur un même thème. Cette semaine, Gil Mihaely et Pascal Riché débattent du bilan de Nicolas Sarkozy sur le chômage.

En cinq ans, le chômage en France a beaucoup augmenté. C’est un fait indubitable. Pensez-vous, cependant, que si Ségolène Royal avait été élue en 2007 en lieu et place de Nicolas Sarkozy, la France aurait aujourd’hui retrouvé le niveau d’emploi des années 1960 et vendrait des machines-outils à l’Allemagne ? Si c’est le cas, autant arrêter votre lecture ici, car on va tenter de traiter sérieusement un sujet sérieux. La question est donc la suivante : dans les circonstances particulières des quatre dernières années, avec des crises en cascade dans la plupart des économies développées, quelle est la part de responsabilité de Nicolas Sarkozy dans les chiffres incontestablement mauvais du chômage ? Une deuxième question découle logiquement de la première : qu’aurait dû faire le président de la République pour que notre économie crée plus d’emplois et en détruise moins ?

Puisque l’Allemagne est devenue, pour presque toute la classe politique, le « modèle » à imiter, rappelons à son sujet quelques vérités. Si l’économie allemande, notamment son industrie et ses exportations, vont bien, c’est en grande partie parce que les Allemands vont mal et acceptent d’aller mal. En effet, sans les réformes de Gerhard Schroeder et la création du système dit « Hartz » (du nom de Peter Hartz, ministre social-démocrate de l’économie dans le gouvernement Schroeder), qui se sont traduites par la précarisation et la paupérisation d’un grand nombre de ci-devant membre des classes moyennes, il n’y aurait point d’excédents commerciaux ni de « plein emploi » outre-Rhin.

On estime aujourd’hui que le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale dite « Hartz IV » s’élève à 6,6 millions. La réalité du marché du travail allemand, c’est aussi cinq millions de travailleurs pauvres, autant de petits boulots (en augmentation de presque 50%) et une explosion de l’intérim qui atteint 134%. Quant aux retraités ils sont de plus en plus nombreux (presque 700 000) à devoir, comme beaucoup d’Américains, compléter leurs petites pensions avec les revenus d’un mini-job. Ça fait envie, non ? Ajoutons que le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans est de 45 % outre-Rhin contre 53 % en France et que les moins de 20 ans représentent 18,3 % de la population allemande et un quart de la nôtre : il est tout de même plus facile d’avoir un faible taux de chômage des jeunes quand on n’a pas de jeunes….

Dans ces conditions, on peut effectivement se poser des questions sur le sens du terme « plein emploi » voire sur la signification du taux officiel de chômage chez nos cousins germains. Force est de reconnaître que la France a échappé à cette thérapie-là et que le président sortant y est pour quelque chose. Certains de ses électeurs pourraient même légitimement le lui reprocher, car il a été élu pour reformer l’économie française en s’inspirant de tout ce qui marche ailleurs, outre-Rhin ou outre-Atlantique. Or il ne l’a pas fait ou très mollement. On imagine aisément les critiques de la gauche si le prix d’une baisse du chômage avait été le démantèlement du SMIC, la suppression du RSA et la généralisation du CDD comme contrat de travail standard…

On pourrait donc se féliciter, a priori, que les deux prétendants majeurs à l’Elysée soient d’accord sur ce qu’il ne faut pas faire, en l’occurrence importer les thérapies appliquées en Allemagne. On sera en revanche plus inquiet sur ce que l’un et l’autre se proposent de faire pour relancer l’emploi. À ma gauche on se propose de rouvrir en grand les guichets d’embauche de fonctionnaires et de multiplier les emplois semi-publics aidés pour les jeunes, les vieux, les femmes et les divers. À ma droite on préfère chercher la formule magique qui permettra de réduire le coût du travail sans toucher à la fiche de paie : si Nicolas Sarkozy est réélu, on peut donc s’attendre à ce que les embauches de jeunes, de vieux, de femmes et de divers bénéficient de nouvelles exonérations de charges.

L’ennui, c’est que ces deux politiques ont déjà fait la preuve de leur inefficacité. Voilà pourquoi même si tout change, rien ne changera vraiment. Ce repli de Nicolas Sarkozy et de François Hollande sur de vieilles recettes pour électeurs déjà convaincus (ou n’ayant guère d’autre choix in fine) est d’autant plus dommageable qu’ils avaient l’un et l’autre la possibilité d’innover réellement en matière d’emploi. Il suffit d’observer l’enthousiasme qui saisit l’électeur, et notamment l’électeur ouvrier ou chômeur, dès qu’on lui parle de protectionnisme. Et peu lui chaut, à l’électeur que ce protectionnisme soit de droite, à la Guaino, ou de gauche, à la Montebourg. Ce qu’il veut, notre électeur, c’est qu’on arrête d’ériger le libre-échangisme en fondement de nos valeurs républicaines et qu’il ne soit pas aussi difficile d’acheter une jolie robe made in France à un prix raisonnable que de trouver du cassoulet au confit d’oie dans une gargote pékinoise.

Reste une question : si l’option « protectionnisme intelligent » peut à la fois rapporter moult voix et aider à résorber le chômage pourquoi nos deux larrons ne s’en emparent-ils pas ? La réponse à cette excellente question est que les deux candidats qui font la course en tête sont d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire le cadre général : la monnaie unique et une Union européenne gérée plus ou moins selon le Traité constitutionnel rejeté en 2005 et renforcé depuis par des mesures anti-dette qui ont amené encore plus de contrôle européen sur les budgets des Etats membres. Hors de la Règle d’or, point de salut, la messe est dite.

Dans ces conditions, en matière économique et sociale, nous avons le choix entre un gendre idéal et un mauvais garçon ou, si vous préférez, entre le candidat de Jacques et celui de Bernadette. Excitant, non ?

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie
29 mars 2012 01:15

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) organise ce jeudi à Montpellier une convention sur le thème de l'avenir de l'agriculture française. Sept candidats à l'élection présidentielle 2012, dont les deux favoris, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sont attendus pour exposer leurs propositions dans ce domaine.

Atlantico : Sept candidats à la présidentielle présenteront aujourd'hui à la FNSEA leurs propositions en faveur du monde agricole. Depuis le début de la campagne, on les a peu entendus sur ce thème. La ruralité est-elle la grande oubliée de la campagne ?

Joël Gombin : Il est clair que cette thématique n'a pas été au cœur de la campagne. Ce n'est pas la seule, mais c'est remarquable, d'autant que les questions de politique agricole ne touchent pas seulement les agriculteurs : la manière dont notre nourriture est produite est un véritable enjeu de société qui intéresse tout un chacun. C'est d'autant plus étonnant que la Politique agricole commune, le cœur de notre politique agricole, sera renégociée à Bruxelles dans les mois qui viennent pour les années 2014-2020.

Comment expliquer ce relatif désintérêt des divers candidats ?

Le premier élément d'explication tient sans doute au déclin démographique de la clientèle électorale que représentent les agriculteurs, et à l'hétérogénéisation des mondes ruraux, de plus en plus habités par d'anciens urbains. Cependant, au-delà, il faut sans doute y voir le fait qu'une partie des professionnels de la politique, et singulièrement Nicolas Sarkozy, a renoncé à un imaginaire national terrien et rural.

Le Président de la République actuellement en fonction est ainsi le premier homme politique de cette envergure à ne pas du tout revendiquer d'ancrage rural et provincial ; il assume parfaitement sa condition d'urbain - et ça ne l'a pas desservi en 2007...

Le vote des agriculteurs est-il délaissé car jugé déjà acquis à la droite (Nicolas Sarkozy remporterait 40% de leurs votes selon un sondage) ?

Il est certain qu'il ne s'agit pas d'un vote flottant à conquérir. Pour autant, la stratégie de Nicolas Sarkozy repose sur la mobilisation des noyaux durs de son électorat, et les agriculteurs en font partie. Les marges de progression sont réelles : en 1995, Jacques Chirac remportait près de 55 % des voix des agriculteurs au premier tour... Les concurrents du président sortant ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui tentent davantage de conquérir cet électorat.

François Hollande, par exemple, a un ancrage rural beaucoup plus fort en tant qu'élu corrézien. De même, François Bayrou joue sur son ancrage paysan, même s'il le met moins en avant en 2012 qu'en 2007 où le tracteur était d'une certaine façon son emblème. Marine Le Pen elle-même a effectué un certain nombre de visites dans des exploitations agricoles, et a fait de la renationalisation de la PAC une proposition importante de son programme. Mélenchon, de son côté, essaie de raviver la tradition des paysans rouges - et certains sondages laissent penser qu'il rencontre un certain succès.

Sur quelles thématiques les candidats sont-ils principalement attendus par le monde paysan ?

Il me semble que deux éléments sont essentiels : la question économique, c'est-à-dire de la capacité des exploitants à vivre de leur activité - en filigrane, c'est la renégociation de la PAC qui se dessine. Sur cette question de l'économie, notons que Marine Le Pen a proposé la création d'un Fonds d'intervention pour les campagnes ainsi que la mise en place d'aides à l'installation ; Jean-Luc Mélenchon est également favorable à des aides à l'installation et à l'agriculture responsable, tout comme Nicolas Sarkozy ; ce dernier a aussi proposé de baisser les cotisations sociales pour les exploitations agricoles.

Mais existe de surcroît une question symbolique, c'est-à-dire la place et la considération que le pays accorde à ses agriculteurs - ces derniers se sentent souvent mal reconnus.Je pense que cette demande de reconnaissance symbolique, de considération, est essentielle. Le prochain gouvernement aura à y répondre.

 

source : ATLANTICO

 

mots clefs : hollande, Sarkozy, bayrou, Marine Le Pen

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie
24 mars 2012 13:24

On aurait pu aussi parler du vin, de la terre agricole, des forêts…d’un pied à terre dans Kensington ou d’un duplex à Dubaï. On s’est ici contenté de décliner les grands classiques. L’imagination est au pouvoir lorsqu’il s’agit de rassurer les détenteurs d’actifs. Que faire quand tout dégringole? Quand un tsunami financier déferle? Il faut trouver un ou des refuges et si possible des PRPE.


Il faut creuser un peu si on veut trouver un PRPE sans faille. Si on lit bien la littérature consacrée aux PRPE, on trouve un véritable bazar. Les montres, par exemple ! On lisait dans un blog que de nouveaux acheteurs âgés de moins de 30 ans avaient, en 2009, investi en moyenne 3.000 euros dans des montres acier  sur le thème « mieux vaut avoir une montre à son poignet que de l’argent sur son compte en banque ».

Et de chanter les louanges des montres sophistiquées, prouesses technologiques qui vaudront pour les siècles à venir. Le même blog, notait, en toute honnêteté que, parfois, les prix des belles montres peuvent se casser la figure. Comme l’or, finalement. Alors, quoi ?… Les meubles anciens ? Les beaux, s’entend ! Ceux-là on est sûr qu’ils ne seront pas édités par milliers comme le célèbre fauteuil club de Charles Eames. Malheureusement, ce sont de beaux objets bien fragiles, comme les belles montres. Il y a le diamant. C’est solide le diamant ! Et puis, c’est comme l’or. La demande ne cesse de grimper. Comme l’or, quand tout le monde panique, quand la révolution menace, le diamant a toute sa place. Tiendrait-on ici un PRPE, portable et incassable ?

A condition de s’en débarrasser dés que les premiers signes d’apaisement se manifestent, car, la paix et la tranquillité revenues, il dégringole. Il y a le franc suisse à condition de prendre le risque sur les banques suisses ! Il y a aussi le dollar quand les chinois veulent bien. Et les obligations du trésor allemand. Ça ne rapporte rien, on paye même pour en avoir, mais au moins, on sait à qui on prête ! (c’est-à-dire à des gens déjà très endettés !)

Source : Les Echos


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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie
24 mars 2012 04:25

Briser le monopole de Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch sur la notation financière : l’UE en rêve, mais c’est un consultant allemand qui tente de le faire en créant une agence de notation européenne.

Caricature anglaise

Markus Krall, 49 ans, est le dernier espoir de l’Europe. Il le sait : le Vieux Continent a besoin de sa réussite. Depuis quelques semaines, l’analyste du cabinet de conseil Roland Berger sillonne l’Europe en avion. Tous les jours, ou presque, il rend visite à une banque, à une compagnie d’assurance ou à un fonds d’investissement. Tous les jours, ou presque, il s’entretient avec un chef d’entreprise, présente son projet et distribue des kilos de documents.C’est qu’il y a beaucoup à faire. A expliquer. Au total, une soixantaine d’entrevues ont été organisées – Markus Krall espère repartir avec une trentaine de signatures, d’une valeur moyenne de 10 millions d’euros. Réunir 300 millions d’euros, telle est sa mission. Trois cents millions d’euros destinés à monter de toutes pièces une agence de notation européenne. Beaucoup s’y sont cassé les dents ces vingt dernières années.

L’entreprise de Markus Krall est sans doute la dernière chance pour l’Europe de s’opposer aux trois agences anglo-saxonnes qui dominent le marché mondial de la note de crédit : Standard & Poor’s Ratings Services (S&P), Moody’s Investors Service et Fitch Ratings. Les « Big Three« , comme on les appelle.

Combat inégal

 

 

Markus Krall est convaincu que les « Big Three » n’ont plus beaucoup d’amis en Europe. Or les adversaires du consultant sont puissants. Toute entreprise, toute banque, tout Etat qui souhaite se procurer de l’argent auprès des investisseurs sur les marchés financiers a besoin d’une note de crédit. Plus cette note est élevée, plus les conditions d’accès aux capitaux sont favorables. Pour l’obtenir, la quasi-totalité d’entre eux se tournent vers les trois poids lourds du secteur. Leur pouvoir est profondément enraciné dans les textes réglementaires et leur popularité auprès des investisseurs est intacte. Le combat dans lequel s’engage Markus Krall est donc inégal. Mais il veut tenter sa chance.

La création d’une Fondation européenne de notation (European Rating Foundation) est à la base du projet. Markus Krall espère arriver sur le marché avec ses premières notations entre 12 à 18 mois après le lancement de cette structure. Il veut commencer par classer les Etats. Les entreprises et les banques viendront plus tard. En trois ans, il prévoit d’embaucher un millier de personnes. En cinq ans, la nouvelle agence de notation aura décroché 25 % de parts de marché en Europe. En dix ans, 25 % du marché mondial.

La concurrence ? Certes, d’autres agences de notation existent déjà. Au total, selon les sources, il y en aurait entre 70 et 150 en activité à travers le monde, mais la plupart se cantonnent à l’échelon régional ou à certaines catégories de titres. Or, les investisseurs dont les fonds se chiffrent en milliards n’hésitent pas à faire voyager leur argent à travers le monde et les catégories d’actifs, et préfèrent donc l’évaluation d’une maison unique. Et cela, les « Big Three » sont les seuls à le proposer.

Indépendance de l’agence

Les gouvernements fulminent quand, en cas de dégradation de leurs notes de crédit, il leur devient nettement plus difficile et plus coûteux d’emprunter de l’argent sur les marchés financiers. De manière presque paradoxale, Athènes ou Lisbonne versent pour cela des centaines de milliers d’euros par an aux agences de notation. Selon le schéma classique, auquel Markus Krall entend se conformer dans un premier temps, les agences sont rémunérées par ceux-là mêmes qu’elles notent. Les bénéfices d’exploitation affichés par les trois poids lourds du secteur montrent que la concurrence y est limitée : en 2011, la marge opérationnelle de Fitch se montait à 31 %, celle de S&P de 41 % et celle de Moody’s de 44 %.

Bien qu’il soit conseiller d’entreprise, Markus Krall ne vise pas de telles marges, loin de là. Certes, l’agence de notation européenne doit être financée par des fonds privés – car sinon comment pourrait-elle noter les Etats de manière indépendante ? Mais la nouvelle agence ne sera pas aussi tournée vers le profit que les « Big Three » et ne sera pas cotée en bourse comme l’est Moody’s. Ensemble, les 30 investisseurs, le statut juridique de fondation et la relégation à l’arrière-plan de la recherche du profit sont censés garantir l’indépendance de l’agence. C’est en tout cas ce qu’espère Markus Krall.

Aux Etats-Unis comme en Europe, le législateur veut aujourd’hui relativiser l’importance des notations des grandes agences. Reste à savoir quels critères permettraient de remplacer leurs avis. Leur suppression pure et simple ne ferait qu’engendrer de nouveaux problèmes. Un gestionnaire de fonds, par exemple, se verrait soudain libre de choisir ses titres – et serait alors tenté d’acheter des valeurs plus risquées mais au meilleur rendement

Sans parler de la fidélité des investisseurs : si les trois poids lourds du secteur sont toujours au pouvoir aujourd’hui, c’est surtout parce que les caisses de retraite, les fonds monétaires, les hedge funds, les compagnies d’assurance et les banques se sont habitués à eux au fil des décennies. Leurs systèmes de notation sont simples. Ils diminuent la complexité du monde financier et permettent de comparer les titres à l’échelle internationale. « Si les ‘Big Three’ ont une influence aussi colossale, c’est tout simplement parce qu’ils sont aussi vieux que Wall Street« , confie un banquier new-yorkais chevronné.

Même si Markus Krall parvient à monter son agence européenne de notation, il lui faudra encore se constituer une clientèle. Les entreprises et les banques n’engagent une agence de notation que lorsque les investisseurs la prennent au sérieux. Or, les investisseurs ne prennent les agences au sérieux que lorsque celles-ci sont engagées par un grand nombre d’entreprises et de banques. C’est un cercle vicieux.

Conflits d’intérêt

Markus Krall ne baisse pas les bras pour autant. Son cabinet de conseil, Roland Berger, joue depuis longtemps sa réputation sur ce projet en espérant en tirer quelques contrats lucratifs. C’est pourquoi Markus Krall a un autre atout dans sa manche. Un atout qui doit l’aider à changer durablement les règles du jeu. Il s’agit d’une étude de Roland Berger qui montre que les mêmes sociétés d’investissement américaines sont propriétaires de Moody’s et de McGraw-Hill – la maison mère de S&P : Vanguard, Capital World, State Street, BlackRock, pour n’en citer que quelques-unes.

Ces interpénétrations soulèvent la question des conflits d’intérêts, car les agences notent également des entreprises qui figurent parmi leurs actionnaires. L’étude souligne également l’existence de « structures à caractère monopolistique » sur le marché de la notation de crédit, au vu du degré d’interpénétration du secteur et des parts de marché de ses acteurs. Chez Moody’s et S&P, on récuse totalement l’idée d’un « complexe de notation américain » sous tutelle.

« Ce n’est pas parce qu’un investisseur est engagé en même temps chez Moody’s et chez McGraw-Hill qu’il y a conspiration« , tempère Daniel Kolter, responsable de Moody’s Allemagne. Son homologue chez S&P dit les choses encore plus clairement. « Pas une seule fois le directeur n’a pesé sur les décisions de nos analystes, affirme Torsten Hinrich, responsable du marché allemand.Les activités ‘analyse’ et ‘business’ sont totalement indépendantes l’une de l’autre« . Torsten Hinrich suit l’entreprise de Markus Krall et Roland Berger d’un œil placide : « Nous leur souhaitons beaucoup de succès. Et je suis sérieux« .

 

- Article original en allemand : Die Zeit

- Traduction française : Presseurop

 

 

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
21 mars 2012 06:10

Afin de respecter les normes sur le développement des agrocarburants, les Européens se disputent des millions d’hectares de terres africaines pour y faire pousser des plantes destinées à les produire. Au détriment des cultures vivrières, dénoncent les ONG.

Imaginez la surface de la Suisse –  4 millions d’hectares – entièrement recouverte de plantations destinées à approvisionner des voitures et des centrales électriques. C’est la somme des terres exploitées aujourd’hui en Afrique par les Occidentaux pour la production des agrocarburants.

Les Britanniques sont en tête, avec un record de 1,6 millions hectares de terres cultivées, suivis par les Italiens, les Allemands, les Français et les Américains.

Ils ont parié sur les prévisions annoncées en 2004 par le Copernicus Institute d’Amsterdam : si le marché de la bioénergie doit se développer, le continent qui possède la plus grande quantité de terres cultivables à un prix modique en deviendra le premier producteur mondial. Les 807 millions d’hectares de terres vierges du sol africain sont quinze fois plus importants que nécessaire pour satisfaire les besoins en biocarburants des vingt prochaines années.

 

Carburants tirés de matières végétales

C’est surtout la législation européenne qui a relancé la demande d’agrocarburants. Dès 2011, les stations-services des Etats membres de l’UE ont dû augmenter progressivement les pourcentages de carburants à faible teneur en Co2 : bioéthanol  pour l’essence et biodiésel pour le gazole.L’objectif final est d’arriver à 10% d’ici 2020. Les nouvelles normes visent aussi bien une réduction des émissions de gaz à effet de serre que de la dépendance du pétrole, afin de le remplacer par des carburants tirés de matières végétales.

Mais l’Europe ne possède pas suffisamment de terres cultivables pour produire assez d’agrocarburants. D’après l’Institute for European Environmental Policy de Londres, l’objectif ambitieux de 10% d’agrocarburants va multiplier les importations par trois. Les approvisionnements actuels provenant d’Asie et d’Amérique latine ne suffiront plus.

L’Afrique apparaît alors comme le nouvel Eldorado du « pétrole vert  » : un carburant extrait principalement d’une plante originaire d’Amérique centrale – le jatropha – dont les graines contiennent une huile avec lesquelles on produit un diesel écologique.

Nous avons passé en revue environ 90 projets menés dans plus de 20 pays africains par 55 entreprises, la plupart européennes. Environ 2,8 millions d’hectares – plus des deux tiers de la totalité – – sont destinés à la culture du jatropha. Dire qu’il y a quatre ans, le WWF prévoyait qu’on n’atteindrait les 2 millions d’hectares seulement en 2015…

Si la culture du jatropha est si prolifique, c’est entre autres parce que le biodiesel représentera à l’avenir 71% des importations en agrocarburants de l’UE. C’est aussi la conséquence de la progressive « diesélisation » du transport routier. Plusieurs investisseurs établis en Afrique attendent déjà l’obtention d’une certification quant à la durabilité environnementale de leur huile de jatropha, conformément à ce qu’exige la directive européenne sur les énergies renouvelables.

lire la suite : presseurop.eu

 

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
21 mars 2012 06:07

Interview de Olivier Delamarche, gérant chez Platinium Gestion par les membres des forums du site onnouscachetout.com.

 

Interview d’Olivier Delamarche par les membres... par ti-guy1100


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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
20 mars 2012 05:46

Taxe sur les numéros... surtaxés :

"L'idée provient de Nicolas About, un ancien sénateur centriste à la recherche de solutions pour contribuer au financement de la Sécurité sociale. En 2009, il a ainsi proposé un prélèvement de 9,5% sur les bénéfices réalisés grâce à ces surtaxes. [...] En 2011, cette taxe a rapporté 2 millions d'euros.

Taxe  aux poids lourds :

"Depuis 1968, chaque propriétaire de camions, fourgonnettes et divers engins agricoles de plus de 38 tonnes doit s'acquitter d'une taxe comprise entre 157 et 233 euros par trimestre, ou entre 628 et 932 euros par an. C'est la "taxe à l'essieu", qui devrait rapporter 180 millions d'euros en 2012, selon la prévision du ministère du Budget.

Taxe à l'obésité :

"la France s'est contentée d'une taxe de 7%, depuis début 2012, sur les sodas avec sucres ajoutés et éducorants"

Taxe sur le chocolat blanc :

"depuis 2005, les chocolats blancs ou fourrés au lait sont taxés avec une TVA de 19,6%, tandis que le chocolat noir, tout comme le cacao, la pâte à tartiner, les glaces au chocolat et les bonbons au chocolat, restent à 5,5%."

Double taxe sur les billets de cinéma :

"l'Etat va empocher en 2012, selon les prévisions du gouvernement, pas moins de 130 millions d'euros. La faute à l'addition de deux taxes sur les billets de cinéma: la TVA de 7% qui s'applique sur tous les biens culturels, et une taxe supplémentaire, la bien-nommée Taxe spéciale aditionnelle (TSA), qui impose une retenue supplémentaire de 10,72%. Cet argent est directement versé, depuis 2007, au Centre national du cinéma (CNC), en vue de soutenir l'exception culturelle française."

La taxe des fruits et légumes qui encourage l'importation :

"Si vous achetez un kilo de pommes ou de tomates et que les pommes proviennent de France mais les tomates d'Espagne, vous paierez un impôt sur les pommes, mais pas sur les tomates. Pourquoi ? Car selon leur origine, les "plantes aromatiques à usage culinaire", c'est-à-dire les fruits et légumes, sont soumises - ou pas - à une taxe de 0,18%, reversée au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes. Seules les pommes de terres et les bananes ne sont pas concernées. La France a ainsi choisi de faire payer cette taxe pour les fruits et légumes produits sur son sol, mais la réglementation européenne exonère les produits en provenance des pays de l'UE. C'est pour cela, par exemple, que les courgettes produites en France sont soumises à la taxe, tandis que celles importées d'Espagne - un pays de l'UE -, ne le sont pas. En revanche, la taxe s'applique aussi aux fruits et légumes importés de pays hors-UE.

Quelques autres :

  • taux réduit de TVA de 5,5% pour les fleurs coupées, mais les compositions florales sont taxées à hauteur de 19,6%. 
  • L'impôt sur les pylônes devrait représenter 225 millions d'euros pour l'Etat en 2012, payé par les exploitants des lignes électriques. 
  • taxe spéciale sur les navettes touristiques, qui rapporte moins d'un million d'euros par an.
  • surtaxe sur les eaux minérales = 19 millions d'euros par an.

 

Source : la tribune

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
20 mars 2012 04:10

L’Insee a annoncé ce mardi une variation des prix à la consommation de +2.3% sur un an. Mais dans les faits il semblerait que l’inflation soit bien plus importante

Les journalistes de France 2 ont enquêté sur les prix alimentaires en grande surface en comparant les étiquettes sur un an : la hausse des prix s’établit à 9 % pour les grandes marques, 11 % pour les marques distributeurs (cf. journal de 8h du 13 mars à partir de 4’). Les dépenses de consommation ne concernent pas que l’alimentation bien sûr, mais un autre poste important comme l’énergie (essence, électricité, gaz) augmente au même rythme, chacun peut le constater. Le logement ? Les prix se calment, mais ils ont fortement augmenté ces dernières années. Des postes sont stables, c’est vrai, comme le textile.
Alors, comment l’Insee arrive à nous sortir une inflation annuelle à 2 % ?


1) Déjà, l’immobilier ne figure pas dans l’indice, mais seulement les loyers (qui sont contrôlés par l’Etat, donc augmentent moins vite que la valeur des biens). En effet, un bien immobilier est considéré comme un investissement, alors que l’office statistique calcule un indice des prix à la consommation. Une belle entourloupe car l’acquisition d’un logement fait partie d’un « parcours de vie » normal, et que s’il s’agit d’un investissement, c’est aussi par essence un bien de consommation, et il pourrait tout à fait figurer dans l’indice.

2) Le « new iPad » coûte le même prix que l’ancien mais – attention – comme il est plus puissant que le modèle précédent, l’Insee considère que « vous en avez plus pour votre argent » et inscrit dans sa base un prix en baisse. C’est l’effet progrès technique. Une pure arnaque que personne ne dénonce. Ainsi les biens technologiques (téléphone, Internet, télé, etc) tirent vers le bas l’indice des prix.

3) L’effet pondération : vous aimez le poisson, vous en mangez deux fois par semaine. Le prix augmente, vous n’en prenez plus qu’une fois par semaine. Tout le monde fait de même, contraint par ce renchérissement. Résultat, l’Insee constate une baisse de la consommation de poisson et donc diminue sa part dans le calcul de l’indice. La hausse du prix du poisson s’en trouve d’autant diluée. Magique.

Et il y a certainement d’autres magouilles…

Cette hausse des prix est malheureusement « normale » : la monétisation des banques centrales (Europe, Etat-Unis, Japon) fait monter le prix des actifs réels (matières premières, énergie). Le producteur de pétrole, de cuivre, ou de blé, qui vend sa production en dollars, lorsqu’il voit la banque centrale américaine faire tourner la planche à billets, veut garder son pouvoir d’achat, et donc augmente ses prix. Ces hausses se retrouvent finalement dans le panier de la ménagère. C’est ce qu’on appelle « l’inflation de second tour », qui passe par le détour des matières premières.

Serait-ce trop demander à ceux qui nous gouvernent, ou le prétendent, d’arrêter de croire aveuglément aux sirènes de l’Insee et d’affronter ce qui va devenir un problème de plus en plus pressant : le retour de l’inflation ?

Atlantico

 

mots clefs : inflation, Insee, 

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
19 mars 2012 04:16

Même si Sarkozy vante le modèle germanique, l’Allemagne paye pour sa compétitivité retrouvée, son chômage en baisse et ses records à l’exportation. Résultat: des millions de pauvres et une fracture sociale qui grandit.

A Berlin, Rolf-Bernd Pelikan s’explique mal comment son quartier bien-aimé de Spandau est devenu l’une des zones à risques de la capitale allemande, qui accumule des taux de chômage, de criminalité, de suicides ou encore de faillites privées parmi les plus élevés du Land. Mais lui et sa femme Jutta le constatent chaque jour: «Les zones commerciales ont été colonisées par des baraques à frites et à kebab, des magasins discount qui vendent tout à 1 euro et des coiffeurs qui coupent les cheveux pour 5 euros», raconte Jutta, assistante sociale dans un hôpital qui a été privatisé il y a peu: «Les rapports sociaux se sont durcis, les gens se renferment. Les ménages plus aisés sont allés vivre dans le centre de Berlin», ajoute Rolf-Bernd qui sort lui-même de 15 mois de chômage.

«Spandau a toujours été un lieu de vie pour les classes moyennes industrieuses qui vont travailler à l’usine, comme l’ont fait mes parents», raconte-t-il. Avec la présence des usines Siemens et BMW et de nombreux sous-traitants, Spandau a toujours été un des principaux quartiers industriels de Berlin. Le reste du territoire se partage entre d’agréables étendues boisées et des zones d’habitations très présentables. Et le centre-ville, avec ses rues piétonnes pavées de neuf, n’a rien d’un ghetto.

Petites annonces

 

Pourtant, le panneau de petites annonces placé à l’entrée de la « Kulturhaus », entre la gare et les berges de la Havel, donne la tendance: l’offre du groupe d’entraide pour les « conséquences psychologiques des faillites » est coincée entre celle du cercle de parole contre la «pauvreté des personnes âgées», et celle de l’association d’aide «aux chômeurs en fin de droit». Et par ailleurs, cette dernière côtoie le programme de rencontres de l’association «pour un divorce plus humain».

«La pauvreté en Allemagne, cela ne ressemble bien sûr pas au tiers-monde. C’est une pauvreté cachée, une pauvreté de l’exclusion sociale plutôt que du haillon, une pauvreté que l’on n’ose pas avouer et que l’Etat a encore les moyens d’amortir. Mais il y a aujourd’hui près de 12 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en Allemagne. Sur 82 millions d’habitants, ce n’est pas rien», explique Anke Assig, porte-parole de l’Association nationale des soupes populaires.

Restos du cœur locaux

L’activité des «restos du cœur» allemands, dont le nombre de «clients» est passé de 1,3 à 1,5 million sur les deux dernières années, reflète assez fidèlement le bilan dressé par le dernier rapport national sur la pauvreté: «En Allemagne, la pauvreté n’est plus marquée par la partition est-ouest. La région de la Ruhr et des villes comme Dortmund ou Duisburg ont autant de pauvres que le Land du Mecklembourg au nord-est», détaille Mme Assig.

Le phénomène touche majoritairement les chômeurs, les personnes en emploi précaire et les femmes seules avec enfants. Par ailleurs, 1,64 million d’enfants vivent dans un foyer pauvre: «Il existe des soupes populaires qui s’installent près des écoles pour que les enfants qui n’ont pas les moyens de se payer la cantine puissent venir», précise-t-elle.

Cette paupérisation s’inscrit dans le cadre général de la mondialisation et de vastes restructurations industrielles. Mais le phénomène s’est nettement accéléré à partir de 2005. Deux ans auparavant, Gerhard Schröder a en effet lancé l’Agenda 2010, un train de réformes sans précédent aussi appelées «lois Hartz». Il s’agissait de flexibiliser le très rigide marché de l’emploi allemand et de rendre «le chômage moins intéressant que le travail». Lors de la présentation de l’Agenda 2010, il a aussi expliqué que pour lui, «ce qui est social, c’est ce qui crée de l’emploi». On serait tenté d’ajouter aujourd’hui: quel que soit l’emploi… souvent mal payé et à temps partiel.

Une baisse brutale

La dernière des lois en question, dite Hartz IV, a fusionné l’allocation chômage longue durée et l’aide sociale (loi Hartz IV). Une réforme apparemment technique mais qui a accéléré le processus d’appauvrissement. Ainsi, depuis 2005, seule l’allocation chômage perçue pendant la première année de chômage reste indexée sur le dernier salaire. Au-delà, on ne perçoit plus que l’allocation dite «Hartz IV» (850 euros pour une personne), que l’on soit chômeur de longue durée, travailleur au salaire insuffisant ou inactif et indigent. La baisse des revenus est d’autant plus brutale que la nouvelle loi a introduit une subtilité de taille: ne peut toucher cette allocation que celui qui dispose de 9750 euros d’économies au plus. Au-delà de cette somme, il faut vivre sur ses avoirs personnels aussi longtemps que possible.

Ces nouvelles règles expliquent ainsi pourquoi 70% des chômeurs allemands vivent sous le seuil de pauvreté contre 45% pour la moyenne des pays de l’Union européenne. Outre l’appauvrissement de millions d’Allemands, l’Agenda 2010 a aussi provoqué une explosion des emplois précaires, du temps partiel et de l’intérim. Aujourd’hui, on recense près de 7,5 millions de «mini-jobbers», avec des emplois à 400 euros pour 60 heures par mois dans les secteurs aussi variés que la distribution, le nettoyage industriel, les soins aux personnes âgées, l’artisanat, la coiffure, etc. Il y a aussi 1 million d’intérimaires et, encore, 2,9 millions de chômeurs.

A Spandau, Rolf-Bernd Pelikan est un représentant de ces classes moyennes, particulièrement menacées par la crise. Doté d’un diplôme de commerce, il a toujours travaillé pour des PME de services industriels, jusqu’en 2009: «A l’époque, j’étais monté jusqu’à un salaire annuel de 50 000 euros, avec un poste de chef d’unité de production dans une entreprise sous-traitante d’Osram. Quand cette filiale de Siemens a réorganisé ses activités en Allemagne, ma boîte a déposé le bilan et je me suis retrouvé au chômage, pour la première fois», explique-t-il.

400 euros par mois

Rolf-Bernd n’a jamais rêvé de salaire mirobolant mais a été élevé avec le goût du travail: «Ne rien faire, c’est impensable pour moi. Quand l’allocation chômage s’est arrêtée, j’étais encore trop «riche» pour toucher «Hartz IV» puisque ma femme travaille et que je possède mon appartement. J’ai vendu des journaux pendant un mois pour un «salaire» de 400 euros. Puis j’ai trouvé un poste de manutentionnaire dans une usine, pour environ 1100 euros bruts par mois», explique-t-il en serrant les poings. Rolf-Bernd s’en est sorti. Depuis 6 mois, il a retrouvé un «vrai» emploi en CDI chez TUJA, un spécialiste… de l’intérim: «Mon travail est de trouver des intérimaires pour BMW. Mon salaire annuel est de 25 000 euros. C’est moitié moins qu’avant mais j’ai un vrai travail», souligne-t-il avec un sourire fataliste.

Une loi limitant les abus

«Aujourd’hui, la porte gauche de la voiture est installée par un monteur avec un contrat normal à 15 euros de l’heure, pendant que la porte droite est montée par un intérimaire à 8,50 euros », se plaint Bertold Huber, patron du syndicat IG Metall. Ces pratiques touchent l’ensemble de l’économie allemande. La compagnie aérienne Lufthansa vient ainsi d’annoncer qu’elle se préparait à «innover» en embauchant 200 stewards et stewardess intérimaires!

Quant à la chaîne de drogueries Schlecker, qui fermait des magasins pour mieux réembaucher ses salariés à moitié prix via une autre société, elle a même donné son nom à une loi destinée à limiter de tels abus… Une loi qui comporte encore de nombreuses lacunes, dénoncées par les syndicats, pour qui la mise en concurrence entre salaires précaires et salaires négociés contribue à faire baisser le niveau des salaires. Aujourd’hui, ceux-ci se battent pour l’égalité des salaires entre travailleurs réguliers et intérimaires et pour obtenir un salaire minimum universel, inexistant en Allemagne.

Une énorme richesse toujours plus mal répartie

Les Allemands sont très riches. Enfin, pas tous… Les statisticiens évaluent leurs avoirs à près de 8600 milliards d’euros (2010). Mais 25% de cette somme, soit 2150 milliard d’euros appartient à 1% d’Allemands les plus riches. Soit 825 000 personnes qui possèdent chacune 2,6 millions d’euros en moyenne. De l’autre côté, 70% de la population, soit 57,7 millions de personnes, se contentent de 9% du gâteau (774 milliards euros: 13 414 euros par personne). Ces inégalités se renforcent d’autant que la part des salaires dans les revenus des Allemands a fortement diminué passant de 72,2% en 2000 à 66,4% en 2011.

Quant à la transmission du patrimoine, très faiblement taxée, elle est de plus en plus inégale. Car avec le vieillissement démographique, les héritiers sont moins nombreux que leurs parents.

LE COURRIER.CH

 

mots clefs :Triple «A», allemagne, chômeurs, resto du coeur

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
19 mars 2012 04:10

La Cour des comptes préconise la mise en place d’un nouveau plan anti-fraude plus efficace.

La fraude à la TVA coûterait très cher à l’État. C’est ce que révèle un rapport publié [la semaine dernière] par la Cour des comptes. Il établit à environ 10 milliards d’euros la perte engendrée chaque année.

Ce chiffre issu d’une étude de la Commission européenne, portant sur l’année 2006, coïncide avec deux autres enquêtes. La première réalisée par l’Institut français de la statistique (Insee) pour l’année 2008 fait état d’une perte de 11,5 milliards d’euros. Pour cette même année, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) – qui collecte 90% de la TVA – estime de son côté la fraude à la TVA entre 7,7 et 9,7 milliards d’euros. Première recette de l’État (131,9 milliards d’euros en 2011), la TVA serait l’objet d’un quart voire un tiers du total des fraudes fiscales et sociales.

Mais outre la perte considérable, les magistrats soulignent surtout le manque d’efficacité des contrôles. Les procédures actuellement en vigueur ne donneraient pas de meilleurs résultats qu’il y a dix ans. Ces derniers auraient même tendance à s’aggraver. Le montant récupéré grâce aux contrôles a oscillé entre 2,7 milliards et 3,3 milliards d’euros depuis 2000, alors que l’impôt a augmenté de 20% sur cette même période. Pire encore, seule la moitié des montants réclamés sont finalement récupérés par Bercy. Ainsi nombre d’entreprises ayant fait l’objet de redressements disparaissent et ne s’acquittent jamais de leur dette fiscale. Sur les 2,8 milliards de droits redressés en 2008 au titre du contrôle sur place, seuls 1,1 milliard de droits ont été recouvrés à la fin de l’année 2010.

Mi-février, l’Assemblée nationale a voté un mécanisme visant à lutter contre la fraude à la TVA sur les marchés de gré à gré, où les transactions entre traders sont dématérialisées et donc difficilement contrôlables. La Cour des comptes souhaite aller plus loin, et réclame la mise en place d’un plan d’action massif, avec une généralisation des téléprocédures et surtout, la centralisation des opérations de recouvrement auprès d’un seul organisme. Actuellement, il existe un double réseau: celui de la DGFIP et celui des douanes. « La connaissance de la fraude à la TVA est aujourd’hui insuffisante, tant dans son chiffrage que dans la connaissance de ses déterminants », écrit la Cour pour qui « la coopération internationale doit devenir prioritaire ».

La France n’est en effet pas le seul pays à se heurter à ce problème. D’après le rapport, si 7% des recettes de la TVA ne sont pas récupérées dans l’Hexagone, ce sont 10% qui échappent à l’État allemand, 17% au Royaume-Uni et même 22% à l’Italie. La Suède, les Pays-Bas et le Danemark sont les seuls à faire mieux.

source : Le Figaro

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
19 mars 2012 03:14
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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
18 mars 2012 07:10

À l’occasion du colloque de ce mardi sur les défis de la compétitivité, réunissant un grand nombre d’acteurs de l’économie française et européenne, «20 minutes» revient sur les éléments de réponse qui y ont été apportés…

Par Bertrand de Volontat

De gauche à droite : Baudouin Prot (BNP Paribas), Laurence Parisot (présidente du Medef) et Jacques Aschenbroich (Valeo). - LIONEL BONAVENTURE /AFP

La France perd des parts de marché, son chômage et son déficit grimpent. Le déficit commercial est de 69,59 milliards d’euros, preuve que les entreprises hexagonales peinent sur le marché global. La réforme de la taxe professionnelle et du crédit impôt recherche ne suffisent pas. La propostion de TVA sociale coince, une mesure que Michel Sapin, député PS, considère à 25% juste. «Il n’y aura pas de reprise ni de création d’emploi sans réforme», affirme Maurice Levy, président de Publicis Groupe, en introduction du colloque sur «les défis de la compétitivité», organisé par l’Afep, l’association française des entreprises privées, dont il est aussi président, et par le quotidien Le Monde, ce mardi.

Et plus que de copier le modèle allemand (réformes sur vingt ans de la sécurité sociale, du marché du travail, de la fiscalité), Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Thyssen Krupp et de Siemens, prend pour exemple le «modèle scandinave».

 

La France a des atouts mais voici ses handicaps 

Comme le rappelle Mario Draghi ce mardi: «La compétitivité est un enjeu majeur pour l’Europe et chaque pays membre» et pour la sortie de crise. La compétitivité repose sur un certain nombre d’éléments qui doivent être remplis afin qu’elle se mette en route. Et il ne s’agit pas seulement du «produire en France»… Voici ces éléments.

Restaurer l’industrie. Contraire à l’idée reçue qu’une période de désindustrialisation ou de post-industrialisation est synonyme de réussite et de croissance. L’emploi industriel ne représente plus que 12% de l’emploi en France. Le consensus reste que la France ne peut pas être un leader dans tous les domaines. Elle doit choisir une ou deux spécialisation et s’y tenir. L’industrie est le socle de la compétitivité française.

Aider les PME. Les très petites entreprises, les petites et moyennes entreprises, les établissements de taille intermédiaire sont les premières victimes du ralentissement de la compétitivité. Leur financement et leur soutien par l’Etat et/ou les grandes entreprises est une des clés de la relance de la compétitivité. Sous-traitants, ou sous-traitants de seconde zone, souvent pour des entreprises plus importantes, les PME doivent également être épargnées par les rapprochements stratégiques.  Et chaque intervenant d’insister sur le fait que les grandes entreprises sont indispensables à la France. Sans les diaboliser. Patrick Kron, PDG d’Alstom, estime qu’«il est dommageable d’opposer les grandes entreprises et les PME, Alstom fait travailler 7.000 entreprises françaises».

Créer des partenariats entre les patronats et les syndicats. Une loi ne devrait plus être ratifiée sans qu’elle n’ait été préalablement validée par un échange entre patronats et syndicats, assure Jean-François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Et Parisot, présidente du Medef, d’ajouter: «le modèle allemand est exemplaire sur le dialogue social, mais le modèle français est moins mauvais que ce que l’on dit». «L’Etat doit laisser plus de place et de responsabilité aux partenaires sociaux», note-t-elle.

Accélérer l’innovation. Au même titre que l’innovation sociale, précise Jean-François Chérèque. L’innovation doit être relancée. Les «crédits impôts recherche» et la fiscalité favorisent déjà aujourd’hui le développement de l’innovation française ou étrangère sur le territoire hexagonale, mais celle-ci doit être une priorité. La R&D est souvent sacrifiée par les entreprises qui ne génèrent plus suffisamment de bénéfices du fait de la concurrence internationale.

Améliorer la compétitivité-coût. Les coûts salariaux unitaires sont en baisse, à contre courant de ceux de la zone euro, et la France a perdu de sa compétitivité coût durant la crise. Il s’agit donc de redonner à la France vis-à-vis de ses partenaires européens un marché de poids. Laurence Parisot ajoute que la compétitivité-prix et même la compétitivité-psychologie doivent également être placées au cœur des débats.

Le coût du travail. Une des problématiques sur lesquelles s’opposent les candidats à la présidentielle. Les cotisations sociales pèsent-elles réellement sur la compétitivité? L’allégement des charges iraient-elles dans le sens d’un soutien de l’emploi? Autant de questions auxquelles les politiques tentent de répondre. La TVA sociale est l’une réponse au coût du travail pour l’un des candidats.

Améliorer la flexibilité du marché. Le président de la BCE Mario Draghi estime que des rigidités empêchent encore les produits européens d’être compétitifs. La rigidité du marché du travail est retenue par Maurice Levy comme axe essentiel de réflexion. Une flexibilité prônée également par Gerhard Cromme qui précise que «la flexibilité du marché du travail allemand a fortement contribué au redressement.»

Protéger l’Europe des règles du jeu mondiales via une concurrence équitable. «Le protectionnisme serait une catastrophe absolue», rappelle Patrick Kron, PDG d’Alstom qui note toutefois que les entreprises françaises et européennes doivent être protégées afin de pouvoir faire jeu égal avec celles des pays émergents. Ce dernier se dit par ailleurs favorable au «Buy European Act», proposé par Nicolas Sarkozy. «Il faut être compétitifs ensemble», rappelle Laurence Parisot, présidente du Medef. Et Mario Draghi de s’exprimer sur ce point: le défi des pays de l’UE est d’être doublement compétitifs, à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.

Ouvrir le système éducatif sur le professionnel. La lutte contre l’échec scolaire, qui représente aujourd’hui plus de 100.000 jeunes sortants du système scolaire sans qualification, est une étape incontournable. L’industrie doit être un bassin d’emplois et la formation dès le plus jeune âge est une voie de spécialisation précieuse pour la compétitivité française.

Selon Philippe Aghion, économiste et professeur à Harvard, le futur Président devra réformer l’éducation primaire (améliorer nos scores au test Pisa), réhabiliter et financer l’industrie et rendre l’Etat impartial dès lors qu’il s’agit de ciblage. Il fait notamment référence au triangle de (Mario) Monti: rigueur, croissance, justice. Il conclut que la France aurait besoin d’un choc d’offres, soit une modification importante et inattendue des conditions de la production qui ont des conséquences sur la production, les prix et l’emploi. Un choc d’offres possiblement créé par l’un de ces facteurs.

20minutes.fr

 

mots clefs : Baudouin Prot (BNP Paribas), Laurence Parisot (présidente du Medef) et Jacques Aschenbroich (Valeo)

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
18 mars 2012 05:24

Nicolas Sarkozy a déclaré aujourd'hui devant l'Association française des entreprises privées :

E"S'il se produisait dans les mois qui viennent une nouvelle crise, je ne pense pas qu'on pourrait y résister dans les mêmes conditions".

"D'abord parce que nous n'avons plus les moyens de mettre ce que nous avons déjà mis, deuxièmement parce que les peuples européens sont à bout".

"Je crois profondément à l'Europe mais je pense que nous ne pourrons pas assumer financièrement, économiquement, socialement, politiquement une nouvelle crise de cette nature".


mots clefs : Sarkozy,

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
11 mars 2012 06:20

Les politiques d’austérité qui se généralisent en Europe matraquent le revenu des ménages, en ponctionnant leurs revenus à un niveau insupportable, incompatible avec une relance de l’activité.

austerite.jpg

 

Contre Info, 23 février 2012

Le Financial Times a récapitulé le coût en 2011 des plans d’austérité les plus drastiques.

Pays montant en € 
par ménage
% du revenu 
des ménages
Grèce 5600 13,7%
Irlande 3600 6,7%
Irl. 2009 4800 8,5%
Portugal 2160 6,7%
Espagne 1960 4,8%
Grande Bretagne 1350 3,2%

Graphique interactif Financial Times

Paul Krugman illustre par le graphique ci-dessous le résultat des politiques d’austérité sur le PIB : la zone euro dans son ensemble n’a pas retrouvé le niveau de 2007, l’Irlande stagne dans le marasme et la Grèce est en chute libre.

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
10 mars 2012 06:21

Décidément, cette campagne ne satisfait personne. Ni les candidats ni les observateurs, encore moins les Français. Ces derniers, dans leur grande sagesse, paraissent déçus, agacés, voire frustrés, considérant que les débats volent bas et nourrissent des rancoeurs plutôt que des espérances. Il existe pourtant un thème qui fut effleuré, puis déserté, et qui aurait mérité bien mieux que la cacophonie et la confusion dont il a fait l’objet : le travail. Ou plutôt, comme dit le vocabulaire du jour, la « valeur travail ».

Voilà une curieuse formule, au premier regard. Car le travail, par lui-même, n’est pas à proprement parler une « valeur ». Il fait l’objet d’un jugement de valeur, sur le registre moral, quand certains le jugent haïssable et d’autres bénéfique. Il est d’autre part source de valeur ajoutée, cette fois sur le registre économique. Mais il est fort rare qu’il puisse tenir lieu, à lui seul, de valeur. Certes, des exceptions sont signalées : dans « Travail, famille, patrie » - devise tristement célèbre d’un régime de déshonneur et d’ignominie -, le terme devient l’équivalent d’un idéal civique.

Reste que la diversité des significations associées au terme « travail » est source, elle aussi, de confusions multiples. Parle-t-on de l’activité humaine en général, façonnant la nature et transformant le monde, ou bien du marché de l’emploi, ou encore des salariés, par opposition aux capitalistes ? Il suffira de passer subrepticement d’un registre à l’autre pour engendrer faux débats et vaines invectives. Et pourtant ! La valeur humaine que l’on accorde socialement au travail demeure une grande question. Elle peut et doit susciter un débat de fond.

Car il s’agit d’abord de ce qui préoccupe, concrètement, au quotidien, les électeurs comme ceux qui ne le sont pas : avoir de quoi vivre, pouvoir compter sur un emploi durable et une vie décente, y ajouter, si possible, des perspectives d’amélioration, de carrière et d’ascension sociale. Mais rien de tout ceci n’est mécanique, objectif, impersonnel. L’ensemble est traversé, transformé, par la manière dont chacun aime, respecte, vénère - ou, au contraire, méprise et vilipende -le fait même de s’activer à un métier, de remplir sa tâche, de faire un travail.

C’est là que le débat sur la « valeur travail » mérite d’être approfondi. Certains soutiendront qu’elle est devenue caduque.

La tertiarisation des emplois, la rotation rapide des contrats, le sentiment d’avoir perdu le sens de tous les faits et gestes accomplis auraient fini par vider le travail de toute valeur propre. S’il n’était vraiment plus que survie économique et servitude obligée, si la vie était résolument ailleurs, toute entière, alors il faudrait assumer l’idéal d’une société de loisirs, où les seules valeurs conformes à l’existence humaine seraient la culture, la création pure et la récréation.

Si au contraire on juge que le travail peut et doit rester ce qui permet à l’existence de prendre sens, à l’individu de se réaliser, à la collectivité de s’incarner, alors le droit au travail devient une revendication majeure, existentielle et vitale, autant qu’économique et sociale. En fin de compte, le débat porte bien sur un choix de société : celle du loisir ou celle du labeur. Chacun, alors, mobilisera selon son choix, l’histoire des représentations du travail, les manières si diverses - depuis les Grecs antiques jusqu’à nos jours -de le valoriser ou de le mépriser. Les philosophes ne seront pas en reste, qu’ils condamnent un labeur jugé avilissant (Platon, Aristote, Nietzsche) ou qu’ils fassent l’éloge de l’émancipation par le travail (Kant, Hegel, Marx).

Décidément, ce serait un bel et bon débat, capable de conjoindre des préoccupations très concrètes - sociales, politiques, financières -avec des choix de vie fondamentaux. S’il faut en parler au conditionnel, ce que les Français déplorent, c’est sans doute parce que les candidats, quelle que soit leur valeur, ne font pas leur travail…

Les Echos

 

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
6 mars 2012 21:38

Si François Hollande voulait rassembler le peuple de gauche en proposant de taxer à 75% les revenus annuels supérieurs à un million d’euros, c’est réussi. C’est ce que nous enseigne un sondage BVA (*) réalisé pour la presse quotidienne régionale. Mais l’assentiment est bien plus général.


À 65%, les Français se déclarent favorables à ce que soient taxés à 75% les revenus supérieurs à un million d’euros par an. 36% sont même « tout à fait favorables » à cette proposition de François Hollande. À l’inverse, 34% des personnes interrogées expriment leur opposition au principe d’un tel prélèvement fiscal. Il est à noter que seul 1% de l’échantillon testé n’exprime pas d’opinion, ce qui en dit long sur l’aspect clivant de la mesure.

 
On ne sera pas surpris que l’idée émise par le candidat du Parti socialiste emporte largement les suffrages des sympathisants de gauche, qui applaudissent à 90%. Plus intéressant, les sympathisants du MoDem expriment un avis bien balancé : 50% d’entre eux sont favorables à la mesure, alors que 48% s’y opposent.

À droite, la mesure est majoritairement rejetée, à 80%, chez les sympathisants de l’UMP. En revanche, elle est acceptée à 69% chez les sympathisants du Front National.

Enfin, même si elle est un peu moins bien perçue par les foyers ayant les plus hauts revenus, tous les ménages se prononcent favorablement pour la proposition de François Hollande.

Une autre enquête, réalisée cette fois par TNS Sofres pour I-TELE, révèle que 61 % des personnes interrogées disent « oui » à l’idée d’une taxe à 75 %, contre 29 % d’un avis contraire.

(*) Enquête réalisée les 1er et 2mars derniers auprès d’un échantillon de 1.007 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, recrutés par téléphone et interrogés par internet.


 

Source : Le Télégramme

 

Mots clefs : François Hollande, Marine Le Pen, Front de gauche, Front national, Claude Guéant, Sarkozy

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
5 mars 2012 09:13

 

Les agriculteurs affichent un meilleur moral que les années passées, notamment après la crise de 2009.

Pourtant, 70 à 80% des éleveurs seraient susceptibles de toucher le RSA. Certains refusent l’allocation par fierté, d’autres ne peuvent tout simplement pas en bénéficier car ils sont propriétaires de leur exploitation.

 



70 à 80% des agriculteurs concernés par le RSA par BFMTV

 

Mots clefs : agriculteurs, éleveurs, présidentielle

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
4 mars 2012 01:36

Le Ratio Dette sur PIB de la Grèce fin 2011

Comme nous l’avons vu, la dette grecque fin 2011 était d’environ 355 Md€. Avec un PIB de 220 Md€, on a donc :

dette grecque

un ratio Dette / PIB fin 2011 de 161 %.

La détention de la dette grecque

dette grecque

dette grecque

(Pour mémoire, la liste détaillée figure dans ce billet)

En mai 2010, l’Union européenne a accordé 53 Md€ de prêts à la Grèce, et le FMI 20 Md€. C’est l’utilisation à ce jour de la fameuse ligne de crédit de 110 Md€ – il reste donc encore 37 Md€ de “promesses de prêt”.

La BCE a par ailleurs racheté sur le marché secondaire à des investisseurs pour 55 Md€ de dette. En ajoutant 27 Md€ de prêts publics divers, on arrive ainsi à 155 Md€ de dette grecque détenue par le secteur public international, qui n’est pas concerné par la restructuration.

La Participation du Secteur Privé

Arrive alors la fameuse “participation du secteur privé”, qui doit encaisser des pertes “volontairement”.

En effet, la Grèce va proposer à un investisseur ayant une obligation de 100 de l’échanger volontairement contre :

  • une obligation grecque valant 31,5, d’échéance 30 ans
  • plus une obligation du FESF de 15, d’échéance 1 an (pour la moitié) et 2 ans (pour l’autre moitié)
  • plus une obligation qui ne produira un intérêt de 1 % que quand la croissance reviendra

Les 2 étant de loi anglaise (donc il est plus dur de faire défaut…) et compensées par… ClearStream (sic.).

Soit 53,5 % de perte faciale. Mais comme les obligations auront un taux d’intérêt très faible de :

  • 2 % jusqu’en 2015,
  • 3 % de 2016 à 2020
  • 3,65 % en 2021 (il ne faut pas chercher à comprendre…)
  • et 4,3 % entre 2022 et 2042

la perte comptable est en fait de plus de 70 %.

Pour les plus concernés, le détail de l’opération est consultable ici, sur le site de l’Agence de la Dette Grecque, la PDMA.

Toutefois, rien n’oblige un détenteur à accepter l’échange. S’il ne le fait pas, la Grèce est censée lui rembourser ses 100 à l’échéance – sauf si elle fait défaut d’ici là. Mais à 70 % de coupe, on a bien affaire à un défaut sélectif, comme l’on souligné Standard & Poor’s et Fitch en dégradant à ce niveau la note de la Grèce. Pour ces agences, la Grèce a bel et bien fait défaut. D’un type particulier, mais c’est un défaut.

Au contraire, l’ISDA qui gère les CDS a décidé hier que ce n’était pas un défaut, et donc que les CDS ne marcheraient pas. D’un côté, cela n’est pas scandaleux, car un investisseur qui ne veut pas prendre des pertes le peut très simplement – en refusant l’échange. D’un autre, comme l’ISDA est surtout composée de banques, cela revient à dire que les assureurs viennent de décider qu’en fait le sinistre n’avait jamais eu lieu, et donc qu’ils ne paieront rien. Amusant non ? La prochaine fois, au lieu d’acheter un CDS pour vous assurer, brûlez directement l’argent, cela fera au moins des économies de chauffage…

Quoi qu’il en soit, on comprend qu’un investisseur qui a une obligation grecque de 100 d’échéance mi-mars n’a aucun intérêt à l’échanger contre 46,5 à échéance 2042 alors qu’on va la lui rembourser à 100 s’il la garde…

lire la suite :

http://www.les-crises.fr/retour-sur-le-plan-grec/

 

mots clefs : grecque, Grèce

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
2 mars 2012 10:32

Les retraites chapeau ne sont pas l’apanage des grands de ce monde. Ils sont même souscrits en majorité par des PME et jusqu’à deux millions et demi de salariés en disposeraient, pour une rente moyenne de 470 euros par mois.

 

retraites chapeau

Démagogie ou ignorance ? Nicolas Sarkozy, président-candidat, s’est en tous cas beaucoup avancé sur le sujet des retraites chapeau. S’il est vendeur de taper sur ce dispositif censé garantir une retraite dorée aux grands patrons, il est mieux d’en connaître la réalité avant de vouloir l’ »interdire ».

En 2010, le nombre de salariés qui ont souscrit un contrat de ce type s’élève entre 1.5 million et 2.5 millions selon nos informations. Et à fin 2009, 85% des entreprises qui utilisaient ce dispositif étaient des PME de moins de 250 salariés, une proportion inchangée aujourd’hui selon la profession.

 

Une solution de retraite pour les PME
 
Or, Nicolas Sarkozy déclarait sur France 2 que : « Après tout, quand on est salarié d’une entreprise, on n’a pas droit à une retraite-chapeau, on n’a pas droit à un parachute doré ». De quoi liguer les salariés derrière lui contre les patrons sur la forme… mais qui fait pschitt sur le fond… Car ce sont en fait davantage les salariés que les patrons qui bénéficient de ces prestations. D’ailleurs, ces contrats souscrits et financés par les entreprises, ne peuvent être individualisés. Ils sont souscrits pour tous les salariés ou pour une catégorie de salariés.

La Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) explique sur son site que ces contrats « ont notamment pour objectif de fidéliser et de récompenser les salariés d’entreprises qui ne peuvent pas mettre en place des plans de stock-options et d’offrir une solution pour la retraite dans des PME ».
Si certains grands patrons ont touché des sommes importantes au titre de leur « retraite chapeau », les parachutes ne sont pas tous dorés à l’or fin : la rente moyenne s’élève à 470 euros par mois selon la profession.  

Une expression entrée dans les mœurs
L’expression « retraite chapeau » est entrée dans les mœurs, mais le produit se définit en fait comme un « contrat de retraite à prestations définies » (ou « article 39″ du Code général des impôts). Et son mécanisme est le suivant : sous forme de régime additionnel, il permet de percevoir un revenu correspondant à un pourcentage du salaire perçu en fin de carrière. Sous la forme d’un régime différentiel, il garantit un complément de revenu calculé pour que l’ensemble des pensions de retraite du salarié atteigne un niveau prédéterminé du salaire de fin de carrière.

Si ces contrats permettent de fidéliser les salariés, c’est parce que le droit à prestations est conditionné à l’achèvement de la carrière dans l’entreprise.

lire la suite :
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120224trib000684789/la-verite-sur-les-retraites-chapeau-jusqu-a-25-millions-de-salaries-concernes.html

 

mots clefs : retraites chapeau, Sarkozy, Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA)

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
2 mars 2012 09:48

La crise grecque aura coûté plus de 12 milliards d’euros aux banques françaises.

BNP Paribas et Dexia ont été les plus touchées, mais aucune n’a été épargnée. Globalement, les expositions résiduelles sur la Grèce sont désormais limitées pour les banques françaises.


La facture totale est colossale. Les principales banques de l’Hexagone et la franco-belge Dexia ont finalement provisionné près de 13 milliards d’euros dans leurs comptes 2011 du fait de la Grèce. La plupart des établissements sont seulement concernés par leur exposition à la dette souveraine de ce pays, en tête desquels Dexia (4,6 milliards en incluant la dépréciation sur neuf mois de Dexia Bank Belgique, cédée en octobre à l’Etat belge) et BNP Paribas (3,4 milliards).

Pour Crédit Agricole SA, en revanche, une bonne part de la charge sur la Grèce provient de sa filiale grecque. Sur un impact total de la crise grecque de 2,4 milliards d’euros sur son résultat net, 943 millions proviennent en fait du plan européen de soutien au pays, le reste ayant trait aux difficultés rencontrées par Emporiki. En coût du risque, la dépréciation des titres souverains grecs a coûté 1,3 milliard d’euros à la Banque verte l’an dernier.

La plupart des banques françaises ont provisionné in fine leurs dettes souveraines helléniques à hauteur de 75 %. C’est le cas de BNP Paribas, de Dexia ou encore de la Société Générale.

Crédit Agricole l’a fait à hauteur de 74 %. Ces décotes sont en ligne avec l’accord trouvé en début de semaine sur le plan d’aide européen, qui prévoit un effacement de 73 % de la valeur actualisée de leur dette grecque par les créanciers privés.

Des expositions résiduelles désormais limitées

D’autres banques ont cependant décoté un peu moins, à hauteur de 70 %, comme BPCE ou le Crédit Mutuel-CIC pour son activité bancaire. On ne sait pas quelle sera l’option de La Banque Postale, qui n’a pas encore dévoilé ses résultats annuels. Au premier semestre, elle avait passé une provision de 158 millions d’euros avant impôts pour intégrer une décote de 21 % de ses titres grecs.

Globalement, les expositions résiduelles sur la Grèce sont désormais limitées pour les banques françaises, du moins pour leur activité bancaire ; les plus élevées, celles de Dexia et de BNP Paribas, atteignant respectivement 1,2 et 1 milliard d’euros (sur son activité bancaire). Une partie de l’encours résiduel est en outre couverte par une garantie, ont précisé certaines banques.

Au total, dans le monde, l’ensemble des créanciers privés de la Grèce (banquiers, assureurs, etc.) est censé effacer près de 150 milliards d’euros. Hors Grèce, la France fait partie des pays les plus concernés, au côté notamment de l’Allemagne. Commerzbank a annoncé hier avoir passé une charge de 942 millions d’euros en 2011 et Allianz de 516 millions.

Source : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201916623828-grece-une-facture-de-13-milliards-pour-les-banques-293876.php

mots clefs : BNP Paribas, Dexia, Crédit Agricole, Banque Postale, Grèce

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CITOYEN ET FRANCAIS - dans Economie
28 février 2012 17:54


Réalisateur de L'Entrée des Trappistes - un documentaire réunissant Jamel Debbouze, Omar Sy et Nicolas Anelka qu'a diffusé Canal+ le 7 février -, Edouard Bergeon est aussi l'auteur d'un film plus personnel, Les Fils de la terre, où il suit pendant plus d'un an le quotidien d'un producteur de lait du Lot acculé à la dépression par les dettes.

Pensez-vous que votre documentaire, qui a reçu une mention spéciale au Festival international des programmes audiovisuels, fin janvier, toucherait autant si vous n'y expliquiez pas que la situation de Sébastien rappelle exactement celle de votre père, lui aussi agriculteur, qui s'est suicidé il y a treize ans ?

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/02/27/edouard-bergeon-entre-400-et-800-agriculteurs-se-suicident-chaque-annee_1648324_3236.html

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CITOYENS FRANCAIS - dans Economie
27 février 2012 22:40

Grâce aux profits records dégagés en 2011, le groupe automobile va verser 6.000 euros à ses ouvriers et jusqu'à 50.000 à ses cadres. Mais ceux qui travaillent pour Volkswagen hors d'Allemagne n'y auront pas droit.

"Volkswagen a dégagé en 2011 des bénéfices jamais vu dans son secteur : 15,4 milliards d'euros. De quoi envisager l'avenir avec sérénité pour le groupe allemand qui n'a jamais caché ses ambitions : devenir le numéro un mondial.

Ces profits sans précédent sont aussi une très bonne nouvelle pour ses actionnaires, au premier rang desquels la famille fondatrice, emmenée par Ferdinand Piesch, et qui détient encore 53% du capital.

Mais ceux qui se frottent aussi les mains ce sont les 100.000 salariés allemands du groupe. Ce bénéfice jamais vu signe la fin de la disette.

Depuis 1992, date de la dernière très grave crise traversée par le groupe qui les emploie, ils n’ont plus droit qu'à douze mois de salaire annuel.

En revanche, tous les ans, dès lors que le groupe dégage des profits, ils se partagent 10% des bénéfices. Ainsi cette année, au titre de l’année 2011, ce sont donc 1,5 milliard d'euros qui vont leur être distribués. "Les ouvriers auront 6.000 euros environ, contre près de 4.000 euros les dernières années", explique un représentant des salariés.

"le système est tout de même porteur d’un certain problème. Les bénéfices sont faits partout dans le monde et nous sommes les seuls, en Allemagne, à en profiter"."

http://www.challenges.fr/entreprise/20120224.CHA3604/volkswagen-les-salaries-allemands-vont-se-partager-10-des-benefices-historiques.html


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CITOYENS FRANCAIS - dans Economie
27 février 2012 22:29

Nicolas Sarkozy a exclu ce matin d’organiser un référendum sur le traité du pacte budgétaire parce qu’un référendum suppose une question claire, or, « s'agissant d'un traité avec 200 articles ou 250 articles, je ne vois pas la question claire qu'il y aurait ». Il a l'air de dire que la complexité -voulue- de ce texte le rend incompréhensible au commun des électeurs.

Sauf que ce traité ne comporte que 16 articles, selon Yves Daoudal.

Et il n’a rien de compliqué :

  • Le déficit des budgets nationaux ne doit pas excéder 0,5% du PIB. Si un État membre s'écarte de cette règle, un mécanisme de correction automatique sera déclenché.
  • Les États membres devront intégrer cette "règle d'équilibre budgétaire" dans leur ordre juridique interne, de préférence au niveau constitutionnel.
  • La procédure concernant les déficits excessifs aura un caractère plus automatique. Les États membres de la zone euro s'engagent à appuyer les propositions de la Commission, à moins qu'une majorité qualifiée d'entre eux soit opposée à la décision.

Alors, vous sentez-vous capable d'accepter (oui) ou de refuser (non) ce traité ? Question référendaire susbsidiaire : pensez-vous que le gouvernement prenne ses électeurs pour des billes ?


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CITOYENS FRANCAIS - dans Economie
26 février 2012 12:10

Je ne cesserai jamais de répéter que l’Islande est LE pays à prendre en exemple,même s’il est complètement ignoré des médias, s’il est loin ou quelle qu’en soit la raison pour ne pas en parler, c’est le pays à suivre!

Payer pour les banques? Même pas en rêve, là bas ils ont été emprisonnés! Sauver les banques? Elles ont été nationalisées.

Quand à la croissance actuelle, elle se porte au mieux.

Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012....

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/la-garnie/240112/apres-son-refus-de-payer-sa-dette-l-islande-fera-le-triple-de-la-croissan

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