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24 octobre 2013 02:38

anne-de-bretagne

 

Pas un jour où les taxes ne tombent comme à Gravelotte. Celle, écologique, pour les camions en est un très bel exemple. Cette « écotaxe » imbécile fait réagir les Bretons qui se battent pour que leur région soit épargnée comme elle l’a toujours été.

En effet, lorsque la duchesse Anne de Bretagne s’est mariée avec le roi de France, elle a fait inscrire dans le marbre du contrat de mariage « pas d’octroi sur mes terres ».

Depuis, cette clause a toujours été respectée par les rois, mais aussi par la République. Pas d’autoroute payante en Bretagne, c’est bien connu. Seul bémol : pour punir les Bretons de cette « faveur royale », pas d’autoroutes du tout, mais des routes à quatre voies gratuites et limitées à 110 km/h. C’est bien là que le bât blesse, car notre gouvernement a institué l’écotaxe sur tout le territoire au premier janvier 2014 ; ces routes en font partie.

Notre Président, si prompt à laisser de côté les règles républicaines du droit, pour annoncer à la télévision et à la radio qu’une jeune fille « serait arrachée à sa famille avec l‘aide de la France pour finir ses études en France ». Une annonce qui montre tout le cas qu’il fait des lois républicaines. La réponse de ladite jeune fille a été, avec l’aide des médias, immédiate : « pas sans ma famille ».Tout cela sent très mauvais…

Mais pour en revenir à cette Bretagne qui se meurt industriellement et économiquement, il est certain qu’ils doivent faire appel, là aussi, à l’émotion et « aux valeurs » pour demander de ne pas appliquer les lois de la République ; il paraît que ça marche !

En revanche, dans ce cas, je suis à peu près certain que les politiques du gouvernement nous annonceront que l’esprit républicain doit s’appliquer, que les taxes doivent être payées par tous les Français et que la Bretagne étant la République, elle doit aussi s’y plier.

C’est quand même bien pratique, une République et ses valeurs à géométrie variable. On appelle cela, dans certains pays, « république bananière ». Mais ce nom a un relent de colonialisme : il serait mal venu de l’utiliser pour notre pays.

 

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire
22 octobre 2013 01:36

politique
manuel gomez
LETTRE OUVERTE A ROLAND RIES (Maire de Strasbourg)
Une place du 17 octobre 1961 serait une tache sur Strasbourg.

Que l’Alsace souhaite honorer la mémoire des 284 soldats bas-Rhinois « morts pour la France » lors de la guerre d’Algérie est en soit tout à fait louable mais que certains élus veuillent également expliquer les raisons de cette mort serait une offense faite à leurs mémoires. 
Quand on meurt pour la France, c’est pour la France tout simplement et quel qu’en soit les raisons.
Dois-je rappeler que ces « appelés » sont tombés en Algérie sur ordre de Guy Mollet, un ministre socialiste ?
Dois-je rappeler qu’il s’agissait de défendre un territoire français, tout comme l’Alsace ?
Combien de dizaines de milliers de Français sont-ils morts pour que l’Alsace reste française ?
Doit-on également en rechercher les raisons ?
Honore-t-on la mémoire des milliers d’Alsaciens qui fuyaient l’envahisseur allemand en 1870 en direction d’une « Nouvelle Terre » et dont les ossements blanchissent encore aujourd’hui dans les marécages de l’est algérien qu’ils ont rendu fertiles?
Et pourtant grand était leur mérite et leur courage.

 
On peut débattre sur tous ces sujets mais là où certains élus alsaciens, et surtout le maire de Strasbourg, Roland Ries, font preuve d’une très grave insuffisance, c’est quand ils réclament une place du 17 octobre 1961 en mémoire du « massacre » organisé par le président de la république française (à l’époque De Gaulle).
Ce 17 octobre 1961 les ennemis de la France, le FLN, organisaient une manifestation interdite par les autorités Françaises.
Ces mêmes ennemis qui ont massacré des dizaines de milliers de soldats en Algérie, notamment vos 284 bas-Rhinois et au passage quelques dizaines de policiers français en métropole.
Ce jour-là il n’y eut aucun « massacre ».
Je tiens à la disposition des élus alsaciens le compte-rendu chronologique (réalisé à l’époque par moi-même, en compagnie des enquêteurs, alors que j’étais journaliste à L’Aurore) dont voici un résumé ainsi que les noms des SEPT victimes. 
Aucun cadavre noyé n’a été retrouvé dans la Seine, ni sous un pont, ni à Rouen, ni ailleurs.


-Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA » (NA= Nord- Africain dans la terminologie de l’époque).
- Le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation, un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ?
- En dehors du périmètre de la manifestation, « seuls » 2 morts furent dénombrés, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune tué par balle et étranglé, gisant dans une camionnette, également à Puteaux. Rien ne permet de dire qu’ils furent tués par les forces de l’ordre, puisque la manifestation ne se déroulait pas à Puteaux.
- Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan était de 3 morts. Nous sommes donc loin des 200 à 300 de morts et de « noyés » auxquels le président de la république (François hollande) vient de rendre hommage. 


Mais, nous dit-on, les cadavres ont été déposés à la morgue les jours suivants. 
C’est absolument faux. Les archives de l’Institut Médico-Légal de Paris affirment qu’entre le 18 et le 21 octobre, 4 cadavres de « NA » seulement furent admis à la Morgue :
- Le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
- Le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
- Le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.


Mais nos parlementaires socialistes sont peut-être persuadés que les médecins légistes et les fonctionnaires d’état de l’époque ont été « payés » ou ont subis des pressions afin de 
«dissimuler» ces 200 à 300 cadavres…et que depuis plus de cinquante ans ils se taisent !! 
Quand on veut instruire l’Histoire l’objectivité est une vertu première !
Mais elle n’est pas, loin s’en faut, celle des élus socialistes !

 

manuel gomez

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire
6 octobre 2013 00:48

L'information tourne en boucle sur les réseaux sociaux : des Américains ont débarqué dans le Bocage pour y tourner un film sur les Guerres de Vendée ! Et pour les y aider, une troupe de figurants s'est constituée autour desBrigands du Bocage afin de leur prêter main forte.

Les Brigands du Bocage 3(Lien vers le blog des Brigands du Bocage en cliquant sur l'image)

Le projet a été initié par Daniel Rabourdin, 51 ans, producteur-réalisateur aux États-Unis chez EWTN depuis plus de seize ans, et auquel on doit notamment uneSainte Jeanne d'Arc, servante de Dieu. Pour l'épauler, on trouve à ses côtés Jim Morlino, le réalisateur primé du film très rémarqué The War of the Vendee retraçant, dans des regards d'enfants, l'épopée de 1793.

Arrivés jeudi dernier en Vendée avec leur équipe et leur matériel, ils ont été pris en charge par les Brigands du Bocage et leurs amis, avant d'entamer les premières prises de vues samedi, à la ferme de la Roulière, tout près de Chantonnay. Invité comme spécialiste des Guerres de Vendée, Reynald Secher les a assistés de ses conseils, puis a présenté aux journalistes venus sur place le cadre historique de ce projet intitulé La rébellion cachée de la Révolution française.

Et l'on a vu plus de soixante personnes en costumes, les uns en Blancs, les autres en Bleus, redonner vie à quelques pages tragiques de la Grande Guerre de 93, dans des scènes dont tous se souviendront longtemps.

Les derniers articles du blog des Brigands du Bocage se font l'écho du tournage de ce docufiction, qui va se poursuivre les jours prochains dans le Loroux. On attend cette fois près de cent figurants...

Pour soutenir financièrement ce projet, cliquez sur le lien : Tous Vendéens ! La Rébellion cachée de la Révolution française

 

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire
4 octobre 2013 02:42

Après un « Métronome » consacré à l’histoire de France à travers les stations du métro parisien, Lorànt Deutsch passe cette fois par les routes et les voies navigables, pour un ouvrage au titre évocateur : « Hexagone » (Michel Lafon).

(….)

Le vocabulaire employé est fondamental, et on peut dire que Lorànt Deutsch ne fait pas dans la nuance, provoquant un sentiment de malaise.

Jugeons plutôt : « Coran dans une main, cimeterre dans l’autre, ils ont envahi Narbonne et sa région, massacrant les défenseurs de la ville, envoyant femmes et enfants en esclavage, offrant terres et habitations à des milliers de familles musulmanes venues d’Afrique du Nord [...] » (p 224). Il insiste sur le nombre : « des centaines de milliers d’Arabes et de Berbères, formant une armée massive suivie par une population d’hommes, de femmes, d’enfants et d’esclaves pressés de prendre possession des futures terres occupées « (p 225).

Des musulmans qui forment « une masse immense » (p 225), un « déferlement sarrasin » (p 225), et des « houles » (p 226) qu’il faut contenir. Le comédien enfonce le clou à plusieurs reprises sur la violence de « l’envahisseur » (p 226), qui a « transformé les églises et les synagogues en mosquées » (p 223), et perpétrés des « pillages » et des « massacres » (p 226).
Comment ne pas être interpellé par le choix de ce vocabulaire ? Et difficile de ne pas voir des allusions contemporaines quand Deutsch évoque ces « milliers de familles musulmanes venues d’Afrique du Nord » (p 224), « toute cette population qui croyait pouvoir venir s’installer sur les riches terres de Francie » (p 231).

La bataille de Poitiers est en effet un marqueur idéologique qui n’a rien d’anodin. Elle reste une référence des groupes identitaires et de l’extrême droite qui, jusqu’à Marine Le Pen, voient dans la victoire de Charles Martel une Gaule (et donc, pour eux, la France) sauvée du péril musulman, qui nous menacerait à nouveau aujourd’hui, mais cette fois par l’immigration, en particulier celle venue d’Afrique du Nord…

Lorànt Deutsch contre « le politiquement correct »

Cela nous conduit au dernier problème que pose l’angle choisi par le comédien. Et là, la différence avec « Métronome » est cruciale. Si dans son précédent ouvrage,

 

Deutsch restait dans l’ambiguïté, voire le flou, il a cette fois choisi ouvertement son camp.

Dans sa conclusion sur la bataille de Poitiers, il prend ainsi des accents à la Jean Sévillia et son « historiquement correct » [2] : « je le sais bien, la bataille de Poitiers, le Croissant contre la Croix, l’union sacrée des chrétiens et des païens contre l’envahisseur musulman dérangent le politiquement correct » (p 231).

Et d’adhérer, après la théorie du « génocide » vendéen (autre marqueur idéologique) [3], à celle du choc des civilisations : « Alors, pour nier ce choc des civilisations, certains historiens ont limité la portée de la bataille remportée par Charles Martel » (p 231).

Caricaturant au passage les positions des historiens qui voient dans la bataille de Poitiers la fin d’une razzia et non d’une conquête (mais ne nient pas la portée de l’événement, notamment dans le camp franc), Lorànt Deutsch se permet l’ironie : « Charles Martel s’est énervé un peu vite, il aurait dû attendre quelques semaines et les Arabes seraient sagement rentrés chez eux, en Espagne… C’est bien trouvé, rassurant, consensuel. » (p 232).

A l’heure où il est difficile de nier une montée de l’islamophobie en France, on peut juger préoccupant ce choix d’un comédien célèbre de raconter un tel événement historique de cette façon.

 

Est-ce politiquement correct de remarquer une étrange corrélation entre le discours et le vocabulaire de Deutsch sur cette bataille, et celui de l’extrême droite la plus dure ? Le grand public mérite mieux en guise d’histoire que ce récit identitaire, jouant sur les fantasmes les plus caricaturaux. Les travaux de vulgarisation de qualité produits par des historiens, des archéologues, des anthropologues soutenus par la recherche publique existent. Aux médias de faire leur travail et de permettre leur diffusion. Et de rester vigilants face aux usages publics de l’histoire, qu’ils viennent de politiques ou de célébrités.

Le Huffington Post

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire
27 septembre 2013 02:22

Été 1962 les Pieds noirs fuient l’Algérie du pouvoir militaro-socialiste du FLN – Histoire d’une Blessure” (vidéo)

Eté 1962, la France bascule. C’est pendant cet été-là que la France s’enrichit de un million d’enfants supplémentaires. Au recensement de mars1962, lesFrançais métropolitains sont au nombre de 46,5 millions ; huit mois plus tard, ils sont 47,5 millions dont un demi-million d’actifs de plus.

Il va falloir autant d’emplois et de logements pour accueillir et faire travailler cette formidable richesse humaine. Eh bien, ce défi, l’économie française le relève quasi naturellement grâce à un taux de croissance de 5,5 % – un chiffre à peine croyable aujourd’hui, croissance qui accompagne un bouleversement complet : la France bascule d’un monde dans un autre.

Cet enfantement s’est fait dans la douleur. Car ce million de Français, ou presque, arrive de la rive sud de la Méditerranée. Ce sont les pieds-noirs qui débarquent avec leur valise pour éviter le cercueil.

Ils viennent de vivre une tragédie, la guerre fratricide, les promesses trahies, la ruine du passé, le plongeon dans l’inconnu. Le printemps 1962 a été atroce en Algérie, depuis le sang répandu rue d’Isly à Alger où des tirailleurs français ont tiré sur des manifestants français jusqu’au déchaînement de l’OAS et les dizaines de milliers d’exécutions sommaires du FLN contre les Européens et ceux des musulmans, les harkis, engagés par la France et abandonnés.

Mais au début de l’été, le dernier acte est joué ; la France s’est séparée de ses anciens départements d’Algérie. La page se tourne, dans la souffrance et les larmes des uns, l’indifférence et le soulagement des autres. Déchirure française. La dernière de cette dimension.

suite de l’article sur valeurs actuelles

Partie 1/2

Partie 2/2 

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CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire
26 septembre 2013 01:15

 

« L’empire, sans la France ce n’est rien. La France sans l’empire, ce n’est rien » (Amiral Darlan – Novembre 1942)

« L'âme de nos marins plane sur l'Océan, je l'ai vue ce matin, sous l'aile d'un goéland » (Freddie Breizirland)

 

             Après avoir été donné à la France par le traité de Paris, le 30 mai 1814, Dakar devint, en 1904, la capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF).Située à l’extrémité occidentale de l’Afrique, elle occupait, en 1940, une position stratégique considérable qui faisait bien des envieux. Au point de séparation de l’Atlantique Nord et Sud, en avancée face à l’Amérique Latine, sur le chemin entre l’Afrique du Sud et l’Europe, Dakar intéressait tout le monde et en premier lieu les Britanniques qui, sur le chemin traditionnel de l’Afrique australe et de l’Asie par le Cap, retrouvaient là l’un des enjeux de leurs rivalités coloniales avec la France et voulaient profiter de son écrasement.

            En septembre 1940, le Maréchal Pétain avait confié au général Weygand la délégation générale du gouvernement en Afrique et le commandement en chef des troupes. Ainsi se trouvait affirmée la volonté de défendre l’Afrique mais aussi de préparer les moyens de la revanche.

            Le 31 Août 1940, soit près de deux mois après la lâche agression commise par ces mêmes britanniques sur la flotte française au mouillage et désarmée, dans le port de Mers El-Kébir (Algérie) et près d’un mois après l’entretien Churchill – De Gaulle (6 août 1940) sur les modalités d’une éventuelle attaque contre les forces françaises stationnées au Sénégal et demeurées fidèles au Maréchal Pétain, la force navale M (M comme « Menace ») britannique où se trouvait de Gaulle quitta les ports britanniques pour Freetown en Sierra Leone qu’elle atteignit le 16 Septembre.

            Cette expédition reposait sur deux principes et deux ambitions :

- Churchill espérait mettre la main sur l’or de la Banque de France et des banques nationales belges et polonaises, représentant plus de 1000 tonnes d’or… et sur le cuirassé Richelieu, redoutable par sa puissance de feu (bien que son armement ne fût pas terminé), fleuron de la flotte française.

- De Gaulle désirait s’imposer comme le chef suprême de l’empire français en guerre… empire d’importance que le gouvernement de Vichy tenait, par ailleurs, à défendre ardemment.

Partie de Freetown le 21 septembre, la force M se présenta devant Dakar le 23 à l’aube. A 6 heures, un message de De Gaulle était adressé à la garnison en lui demandant de se rendre… sans effet. Sa seule présence qu’il espérait suffisante, ne provoqua pas à son grand dam les ralliements escomptés… le traumatisme de Mers El-Kébir était trop vif. Le gouverneur général de l'A.O.F., Pierre Boisson, commandant la Place, résolument rangé derrière Pétain, refusa catégoriquement de se rallier, affirmant sa volonté de défendre Dakar « jusqu'au bout » La décision de De Gaulle ne se fit pas attendre : Il fallait débarquer ! Une première tentative de débarquement se solda par un fiasco suivie de deux autres qui subirent le même sort. Une tentative de persuasion politique échoua et Thierry d’Argenlieu, arrivé par mer pour parlementer avec un drapeau blanc, fut accueilli par un tir de mitrailleuse qui le blessa mais son embarcation parvint à s'échapper. Il en résultait que de l’avis de De Gaulle et de l’amiral Cunningham, le patron de la flotte anglaise, la résistance allait être farouche…

            En effet, face à l’armada britannique qui se préparait au combat, la France disposait, cette fois, de solides moyens navals ainsi qu’une sérieuse défense côtière. On en n’était plus aux conditions dramatiques de Mers El-Kebir où la flotte désarmée avait été littéralement assassinée ; cette fois, les marins français étaient prêts au combat et animés, de surcroît, d’un esprit de revanche parfaitement perceptible… et compréhensible. Avant la tragédie de Mers El-Kébir, la flotte française était la 4ème plus puissante flotte du monde ; elle était décidée à le prouver et cela d’autant plus qu’elle n’avait jamais été vaincue…

            Sur cette résistance, de Gaulle écrira dans ses mémoires : « Décidément, l’affaire était manquée ! Non seulement le débarquement n’était pas possible, mais encore il suffirait de quelques coups de canons, tirés par les croiseurs de Vichy, pour envoyer par le fond toute l’expédition française libre. Je décidai de regagner le large, ce qui se fit sans nouvel incident. »

Ainsi se passa la première journée, celle du 23 septembre.

            Dans la nuit du 23 au 24 septembre, plusieurs télégrammes furent échangés entre l’amiral Cunningham et Churchill, décidé à poursuivre l’affaire jusqu’à son terme : « Que rien ne vous arrête ! » Dans cette même nuit, un ultimatum anglais fut adressé aux autorités françaises de Dakar leur enjoignant de livrer la place au général de Gaulle. Le texte était fort maladroit et accusait les forces de Dakar de vouloir livrer leurs moyens aux Allemands. Il ne pouvait que provoquer l’indignation des défenseurs et ne recevoir d’autres réponses que le refus. Le gouverneur général Boisson, se remémorant la mise en garde que Georges Clemenceau adressa, le 9 août 1926, au président américain Coolidge : « La France n’est pas à vendre, même à ses amis. Nous l’avons reçue indépendante, indépendante nous la laisserons », répondit avec fermeté : « La France m’a confié Dakar. Je défendrai Dakar jusqu’au bout ! ». 

            Depuis la tragédie de Mers El-Kebir, Vichy avait décidé de défendre fermement cette position stratégique française et avait envoyé à cet effet, de Casablanca, des bombardiers, des chasseurs et des croiseurs. Il y avait là : Un cuirassé (Richelieu), deux croiseurs légers, quatre contre torpilleur, trois destroyers, six avisos, cinq croiseurs auxiliaires, trois cargos et trois sous-marins. Par ailleurs, la force de frappe aérienne n’était pas négligeable… et elle allait le prouver.

            Du côté anglais, la flotte était tout aussi impressionnante : Un porte avions (Ark Royal qui avait déjà opéré à Mers El-Kebir), deux cuirassés, trois croiseurs lourds, deux croiseurs légers, dix destroyers, deux dragueurs de mines et une dizaine de navires transports de troupes portant 4200 soldats –dont la fameuse 101ème brigade des Royal Marines… à laquelle s’ajoutait l’armée gaulliste composée de trois avisos, un patrouilleur, quatre cargos et 2700 soldats français.

            Toute la journée du 24 se passa en échanges de coups d’artillerie de marine entre les deux flottes qui firent de nombreuses victimes parmi les marins des deux camps et la population civile qui subit également ce pilonnage. Des obus anglais de gros calibre (380m/m) tombèrent sur la ville, touchant, entre autres,l’hôpital et la caserne du 6° RAC, faisant 27 morts et 45 blessés. En soirée, la situation n’avait guère évolué…

            Le lendemain, 25 septembre, la ténacité britannique continua. Les navires de la force M voulurent de nouveau s’approcher afin de poursuivre leur œuvre de destruction, mais, comme précédemment, ils durent se frotter aux bâtiments français (Vichystes, diront les gaullistes !) qui leur infligèrent de sérieux dégâts et cela d’autant plus que l’aviation française était maîtresse du ciel.

            C’en était trop ! De Gaulle écrira : « L’amiral Cunningham décida d’arrêter les frais. Je ne pouvais que m’en accommoder. Nous mîmes le cap sur Freetown. »

            L’armée française sortait vainqueur de la bataille en dépit de ses 203 morts et 393 blessés. Les 1927 morts de Mers-El-Kébir étaient en partie vengés.

            Cette opération constitua un tournant idéologique pour les gouvernements, bien plus qu'un affrontement important du point de vue des forces en présence, du nombre des victimes ou des pièces militaires détruites ou endommagées. L’aventure anglo-gaulliste se solda ainsi par un cuisant échec et eut des conséquences considérables.

- D’un côté, le régime de Vichy sortait renforcé de l’épreuve et la cohésion des troupes de la marine –toujours invaincue- autour de la personne du Maréchal Pétain, revigorée.

- De l’autre, le crédit du général de Gaulle dégringolait en chute libre. L’homme se retrouvait isolé. Soudainement mis à l’écart, il fut politiquement menacé par l'amiral Muselier accusé à tort d'avoir été à l'origine des fuites qui empêchèrent le débarquement. Il ne s’en cacha pas dans ses mémoires : « A Londres, une tempête de colères, à Washington, un ouragan de sarcasmes, se déchaînèrent contre moi. Pour la presse américaine et beaucoup de journaux anglais, il fut aussitôt entendu que l’échec de la tentative était imputable à de Gaulle. » … « C’est lui, répétaient les échos, qui avait inventé cette absurde aventure, trompé les Britanniques par des renseignements fantaisistes sur la situation à Dakar, exigé par donquichottisme, que la place fût attaquée alors que les renforts envoyés par Darlan rendaient tout succès impossible… »

             De son côté, Churchill, lui aussi, sortait de l’aventure en fâcheuse posture. Il dut subir les sarcasmes de la Chambre des Communes et fut à deux doigts d’être démissionné. S’il lui avait été facile de détruire, à Mers El-Kebir, une flotte désarmée (et pourtant alliée) causant la mort de 1927 marins, manifestement, avec Dakar ce fut tout autre et son désir de s’emparer de l’excellente et cohérente flotte française ou de la détruire se solda par un échec retentissant.

 

                                                                                              José CASTANO

e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

 

N.B : - Concernant la tragédie de Mers E-Kebir, lcertains ont cru bon de justifier l’agression britannique par le fait que nos bâtiments seraient, inéluctablement, tombés entre les mains des Allemands. Je rappelle ce que j’écrivais à ce propos sur cette agression :

« L’armistice franco-allemand du 25 juin 1940 consacre l’échec de nos armées sur terre ; notre flotte, une des plus puissantes -qui n’avait pas été vaincue- est libre. Ni l’amiral Darlan, ni le général Weygand n’ont l’intention « …de livrer à l’ennemi une unité quelconque de notre flotte de guerre » et de Gaulle le dira, le 16 juin à Churchill en ces termes  « La flotte ne sera jamais livrée, d’ailleurs, c’est le fief de Darlan ; un féodal ne livre pas son fief. Pétain lui-même n’y consentirait pas ».

Les Anglais, de leur côté, désirent que notre flotte, riche en unités lourdes et légères, se rende dans leurs ports. Elle aurait pu le faire, le 16 juin 1940, mais personne ne lui en donne l’ordre et la Marine reçoit l’assurance, « qu’en aucun cas, la flotte ne sera livrée intacte », mais qu’elle se repliera probablement en Afrique ou sera coulée précise l’Amiral Darlan. Hitler ne demande pas livraison de notre flotte (le projet d’armistice ne le prévoyant d’ailleurs pas), pas plus que de nos colonies, sachant qu’il n’est pas dans nos intentions d’accepter de telles exigences. »

Cet épisode sur Dakar confirme la justesse de mes propos car si la France métropolitaine était vaincue, l’Empire ne considérait nullement l’être. Si la France métropolitaine avait capitulé, l’Empire s’y était refusé et la marine française (ce qu’il en restait), comme elle s’y était engagée, avait rejoint les ports africains composant l’Empire afin de poursuivre le combat.

 

- Les alliés ayant débarqué le 8 Novembre 1942 en Afrique du Nord (opération « Torch »), les autorités Vichystes d’AOF, convaincues par l’amiral Darlan, signèrent le 7 décembre 1942, un accord avec les alliés, qui remit l’empire colonial français dans la guerre en formant « l’Armée d’Afrique » dans laquelle firent merveille les « tirailleurs sénégalais ». Lors de la constitution du Comité Français de la Libération nationale (CFLN), le gouverneur général Boisson démissionnera et sera remplacé le 1er juillet 1943 par le gaulliste Pierre Cournarie.

- Le Richelieu appareilla pour les Etat-Unis où son armement fut modernisé. Il participa au côté des Alliés à la guerre contre l’Allemagne puis, dans le Pacifique, à celle contre les Japonais. Il fut présent à la capitulation japonaise en rade de Singapour.

Le 1er Octobre 1945, il fut de retour à Toulon après 52 mois passés loin de la Métropole. Il participa à la guerre d’Indochine puis fut mis en réserve en août 1959, désarmé en 1967 et démoli en 1968.

« Nous avions reçu un empire ; nous laissons un hexagone » (Colonel Charles Lacheroy)

 

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Dimanche 6 Octobre 2013 - Fête du Cercle National des Combattants

sur le thème « Hommage à l’Armée française d’hier et d’Aujourd’hui »

 

Au Château de LA CHAPELLE D’ANGILLON

Route Jacques Cœur – 18380 LA CHAPELLE D’ANGILLON

 Cliquez sur : http://www.algerie-francaise.org/cgi-bin/ultra/UltraBoard.pl?

Joseph Castano

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