Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : PRESSE INTERNATIONALE
  • PRESSE INTERNATIONALE
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Emploi Economie Géostratégie---International Press Review ---- Обзор международной прессы
  • Contact

Rechercher

15 mai 2020 19:02

L’industrie tient une place-clef dans l’économie allemande. Mise à mal par la crise du coronavirus, celle-ci est massivement soutenue par Berlin, avec l’aval de Bruxelles. À tel point que des dents grincent en Europe face à ce qui pourrait bien aboutir à une distorsion de concurrence au sein de la zone économique… mais pas seulement.

52%, c’est la part des 1.900 milliards d’euros d’aides approuvées par Bruxelles que l’Allemagne a déjà injectée dans ses entreprises afin de les préserver des conséquences de la crise provoquée par le Covid-19, indiquait l’AFP en début de semaine.

Loin derrière, dans un mouchoir de poche, en deuxième et troisième position, la France et l’Italie, avec respectivement 17% et 16% de ce montant distribué à leurs acteurs économiques, témoignent de la disproportion entre les moyens octroyés par les pays européens pour soutenir leur économie et ceux alloués par l’Allemagne afin de venir en aide à son outil industriel face à une crise annoncée comme la «mère de toutes les récessions». Une distorsion de moyens financiers, qui a suscité une levée de boucliers en Europe.

Dans le cas présent, il s’agit d’aides publiques apportées par les États eux-mêmes et non de fonds communautaires. Une précision importante, dans la mesure où habituellement, de telles manœuvres sont (sauf exception) proscrites par la Commission européenne afin d’éviter des distorsions au sein de la zone économique et monétaire de l’Union. Cependant, le 23 mars, Bruxelles a acté un assouplissement inédit et temporaire de ses règles en matière de discipline budgétaire.

L’autre notion indissociable de la construction européenne est la «juste concurrence», sur laquelle veille Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence. Elle s’est notamment fait connaître pour son intransigeance à l’égard des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou lorsqu’elle avait porté un coup d’arrêt à l’absorption par Siemens de ce qu’il restait d’Alstom.

«Nous devons être stricts sur les conditions des recapitalisations et sur les comportements à avoir pour les entreprises, car il y a un risque de long terme très important en termes de distorsions de concurrence», déclarait mi-avril à L’Obs la gendarme de la concurrence en Europe.

Réaffirmant la vigilance dont ferait preuve Bruxelles à l’occasion de ce vaste mouvement de recapitalisation d’entreprises réalisé par les gouvernements des États membres, réitérant son leitmotiv – à savoir que l’argent du contribuable ne doit pas être mal utilisé–, Margrethe Vestager concède qu’il faudra compter sur les accusations de concurrence déloyale entre États membres.

L’Allemagne tire son épingle du jeu?

Mais au-delà du volume d’aides aux entreprises allemandes, ce qui interpelle, c’est que Berlin – sauf quand ça ne l’arrangeait pas – a toujours fermement défendu les règles européennes, et pas seulement celles de l’orthodoxie budgétaire gravée dans les traités.

Or, c’est pourtant bien elle qui, aujourd’hui, met le plus à profit cette mise entre parenthèses inédite des règles des traités. Face à ce soutien massif à l’économie d’outre-Rhin, des responsables français ont mis en garde contre le déséquilibre que cela pourrait générer sur le marché intérieur. Des Espagnols ont pour leur part brandi la solidarité et appellent à ce qu’une partie de cet argent allemand aille renflouer leurs caisses.

 

L’Allemagne, déjà perçue comme le moteur économique de l’Europe, pourrait bien renforcer son rôle de leader pour l’Union à l’occasion de la sortie de crise du Covid-19:

«C’est important que l’Allemagne agisse de la sorte, car elle va d’une certaine manière faire office de locomotive pour l’Europe», répondait Margrethe Vestager à un député italien sur ces dépenses allemandes.

En somme, une occasion en or pour Berlin d’affirmer sa position de 1re économie européenne via ses acteurs industriels sous perfusion. Ce n’est un secret pour personne, l’industrie – et tout particulièrement l’automobile – est le pilier économique d’un pays régulièrement accusé depuis la crise de l’euro d’avoir amplement profité d’une monnaie unique en parfaite adéquation avec ses capacités économiques. L’Allemagne pourrait aussi exploiter cette situation pour faire politiquement autorité au sein de l’UE.

Une occasion que refuse de saisir la France?

La France, pour sa part, ne semble pas aussi déterminée que son allié d’outre-Rhin à mettre à profit cette fenêtre budgétaire ouverte par une Commission piétinant ses principes. Bien que Paris se positionne loin en seconde position, la différence avec Berlin ne tient pas qu’à une question de sommes allouées à l’aide des fleurons nationaux, mais aussi à la manière dont ces sommes seront utilisées.

Le rapport déposé au Sénat du 21 avril, rédigé par Albéric de Montgolfier, sénateur Les Républicains (LR) et rapporteur général de la commission des Finances, souligne certes l’important écart entre les volumes de liquidités débloqués par Paris et Berlin, mais il s’attarde aussi sur deux autres points.

Tout d’abord, les rapporteurs déplorent que l’Allemagne ne soit pas le seul pays à distancier la France en termes d’injection massive de capitaux dans ses entreprises. En effet, de l’autre côté de la Manche, Londres, résolument libéral et en plein divorce avec Bruxelles, mais partageant encore le même espace économique commun, s’illustre tout autant que l’Allemagne par l’ampleur de l’aide publique déployée pour porter assistance aux acteurs économiques du pays.

L’autre point est que Berlin est monté cinq fois plus au capital de ses fleurons que Paris. Un constat face auquel le rapporteur général «appelle le Gouvernement à expliciter devant le Parlement les raisons pour lesquelles il adopte une approche plus prudente que ses homologues.»

source

Repost0
CITOYENS ET FRANCAIS - dans Industrie
8 mai 2020 10:44

C'est un fleuron de l'industrie française qui vacille. Victime d'une cascade de faillites qui a touché son principal partenaire britannique, le groupe toulonnais CNIM a été contraint d'accepter la « recherche de repreneurs et/ou d'investisseurs pour permettre l'adossement ou la cession de ses activités à des tiers à même de valoriser au mieux ses actifs. »

Ce sont les termes d'un protocole de conciliation présenté mercredi dernier au Tribunal de Commerce de Paris qu'a consulté « Les Echos ».

Les juges doivent définitivement l'homologuer au cours d'une prochaine audience prévue le 28 mai. Cette vente sera destinée au « remboursement de ses créanciers » et à « la pérennisation de ses activités », indique encore le document. Contactée, la direction de CNIM refuse de commenter mais confirme que la banque conseil Rothschild & Cie a été saisie de la recherche d'un acheteur.

Fondé en 1856, le groupe est un des principaux contributeurs français du programme de recherche nucléaire ITER et il est équipementier de premier rang de la Direction Générale des Armées. Il compte 2.600 employés et a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 588 millions d'euros (-15 % par rapport à 2018).

En décembre dernier, le spécialiste du génie civil anglais Clugston travaillant avec lui depuis seize ans sur la réalisation d'usines clé en main de valorisation de déchets ménagers, a dû se placer sous la protection des autorités après la défaillance d'un sous-traitant clé et l'accumulation de pénalités de retard.

CNIM avait alors estimé l'impact financier de cette défaillance à 60 millions d'euros et son cours boursier avait dû être suspendu après avoir dévissé de plus de 20 %. Pour sauver le groupe, son pool bancaire (une quinzaine d'établissements) ainsi qu'un de ses partenaires industriels historiques, l'allemand Martin GmbH, ont accepté d'ouvrir de nouvelles lignes de crédit et de cautionnement pour un montant total de 400 millions d'euros, dont 44 millions de trésorerie destinés à couvrir ses besoins jusqu'à fin 2020.

Titres nantis, siège vendu

Pour obtenir ce soutien, le principal actionnaire (à 56,6 %), la holding familiale Soluni dirigée par Nicolas Dmitrieff, président du groupe, a dû se plier à de sévères concessions qui doivent être définitivement entérinées ce lundi 11 mai à l'occasion de l'assemblée générale du groupe. Les principales concernent la création de quatre fiducies auxquelles seront transférés et nantis les titres des différents pôles d'activités de CNIM (Bertin Technologies, CNIM Systèmes Industriels, CNIM Environnement, CNIM EPC).

En outre, le siège parisien du groupe, 1.400 m2 situés à deux pas des Champs Elysées, a été vendu pour un montant de 41 millions d'euros. Le syndicat FO, majoritaire, voit dans ce protocole le préambule à une vente à la découpe. « Trois conglomérats chinois sont déjà sur les rangs », indique son délégué Jean-Pierre Polidori. Compte tenu de la dimension stratégique du groupe, il réclame de l'Etat « une nationalisation partielle et temporaire » assorti d'une aide de 100 millions d'euros pour traverser cette crise.

source

 

Repost0
CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie Industrie