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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 10:37

Dans son édito pour «Russeurope Express», Jacques Sapir analyse la récente hausse du chômage liée à la crise sanitaire du coronavirus. Malgré le déconfinement et la reprise de l’activité, l’économiste redoute une dépression durable.

Un édito de Jacques Sapir à retrouver en podcast dans l’émission Russeurope Express du 11 juin.

Plans sociaux en cascade, récession encore plus forte que prévu… Et si la flambée du chômage en avril n’était qu’un avant-goût de ce qui attend le marché du travail? Avec la fin programmée du chômage partiel et les faillites liées au confinement, le réveil pourrait être douloureux à la rentrée.

 

La «deuxième vague» de l’épidémie, dont on parle tant, pourrait-elle être celle du chômage? Quelle serait son ampleur? Avec quelles conséquences sociales?

La Dares du ministère du Travail annonçait il y a quelques jours une forte remontée du nombre des personnes inscrites en catégorie A: 827.000 en avril, après 243.000 en mars.
Qu’y a-t-il derrière ces chiffres? Il faut d’abord rappeler ce que signifient ces catégories: il y a la fameuse catégorie A, qui regroupe les personnes sans emploi faisant des actes dits «positifs» de recherche, puis les catégories B et C, dans lesquelles on classe les temps partiels, respectivement en dessous et au-dessus de 78 heures par mois, et enfin la catégorie D, celle des personnes sans emploi mais dispensées, pour diverses raisons comme la grossesse, de rechercher activement un travail.

 

Jacques Sapir et Clément Ollivier reçoivent Bruno Ducoudré, économiste au département Analyse et prévision de l’OFCE.

 

Mais quand on regarde bien les chiffres, on constate que cette augmentation vient essentiellement du transfert des inscrits des catégories B et C vers la catégorie A. On constate alors la montée très forte de l’ensemble A+D, qui passe de 3,5 à 4,6 millions en deux mois.

 
On constate aussi que l’ensemble, en incluant les catégories B et C, augmente bien moins. Il passe de 5,7 à 6,1 millions. En fait, les catégories B et C ont brutalement décru, passant de 2,2 à 1,5 millions.
Ces personnes qui composent les catégories B et C enchaînent petits boulots et contrats d’intérim. Ce sont des travailleurs précaires, qu’ils soient dans le bâtiment, les services ou l’hôtellerie-restauration.
Et ce sont eux qui ont été les premières victimes du confinement.
 
Graphique 2

Et puis l’on peut craindre que de nombreuses entreprises qui reprennent actuellement, confrontées à une demande qui reste faible, sombrent durant l’été qui vient. De l’automobile, avec le cas de Renault, à la grande distribution, en passant par certaines marques de prêt-à-porter, on voit que c’est une vague de licenciements qui est en train de se lever.

Globalement, les entreprises ne retrouveront pas immédiatement le niveau de demande de janvier dernier. Et cela aura des conséquences sur l’activité. Or on entend de plus en plus de voix qui demandent de baisser les salaires pour maintenir des emplois. Mais ceci nous précipiterait encore plus dans la crise.

En effet, une baisse du revenu conduirait à une nouvelle baisse de l’activité, qui pousserait à son tour les entreprises à demander une nouvelle baisse du revenu des salariés. Bref, ce qui est à craindre, c’est bien qu’à peine serions-nous sortis de la pandémie que nous tomberions dans le gouffre de la déflation.

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 20:03

Le dispositif de chômage partiel aura retardé, mais pas évité, l’explosion des chiffres du chômage. Selon la dernière note de conjoncture de la Banque de France, le taux de chômage devrait grimper à 11,5% en 2021.

«Le taux de chômage [en France] pourrait connaître un pic supérieur à 11,5 % mi-2021. Il diminuerait ensuite progressivement en dessous de 10 % fin 2022», préviennent les auteurs de la dernière note mensuelle de conjoncture que publie la Banque de France.

Expliquant que les entreprises doivent faire face à une dégradation brutale de leur activité et de leurs comptes, ils précisent que leur taux de marge et leur taux d’épargne pourraient subir en 2020 le plus fort recul enregistré depuis plus de quarante ans.

Cette situation serait la principale cause de la réduction importante de l’emploi que va connaître la France cette année ainsi que dans les années à venir, et qui marquera également un record. En effet, au plus fort de l’impact rétroactif de la crise financière de 2008/2009, la France n’avait atteint (en 2015) qu’un taux de chômage de 10,4%.

Or, malgré le très coûteux dispositif de chômage partiel mis en place en mars par le gouvernement, la saignée du marché du travail a déjà commencé.
Selon les premières estimations publiées par l’Insee, l’emploi salarié dans le secteur marchand a reculé de 2,3% fin mars par rapport à fin décembre 2019, soit une réduction de 453 800 postes, dont plus de 290 000 dans l’intérim.

Au quatrième trimestre 2020, le niveau de l’emploi serait inférieur de presque un million au niveau atteint fin 2019.En mai, le nombre de personnes indemnisées au titre du chômage devrait connaitre (les chiffres ne sont pas encore connus avec certitude) un pic pour atteindre 7 millions, soit environ 23% de la population active.

En savoir plus sur RT France

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 12:27

PARIS (Reuters) - Le nombre de demandeurs d'emploi n'exerçant aucune activité a explosé en France en avril, le confinement généralisé en raison du nouveau coronavirus se traduisant par une hausse mensuelle sans précédent ayant porté les effectifs des chômeurs de catégorie A à un record de plus de 4,5 millions de personnes.

Selon les données publiées jeudi par le ministère du Travail et Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) en France (hors Mayotte) a bondi de 22,6% le mois dernier, soit 843.000 personnes supplémentaires par rapport au mois de mars.

Cette hausse mensuelle, tout comme le nombre total d'inscrits en catégorie A, sont d'une ampleur inédite depuis le début de cette série statistique en 1996.

En tenant compte des catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d'inscrits tenus de rechercher un emploi a progressé de 3,6% le mois dernier - soit 209.300 personnes - là encore un record.

"Cette hausse, historique, était prévisible car avril est le premier mois intégralement marqué par le confinement", note le ministère dans un communiqué, en soulignant qu'elle s'explique par un arrêt des embauches et non par des licenciements en nombre.

De fait, l'accroissement des effectifs cumulés des trois catégories A, B et C le mois dernier reflète une forte baisse des sorties (-35%) parallèlement à une baisse des inscriptions (-19,1%), même si les entrées pour fin de mission d'intérim ou fin de contrat courts sont restées à un niveau élevé, la poursuite du confinement ayant conduit à des non-renouvellements de ce type de missions.

Pour le ministère du Travail, ces chiffres confirment que le système d'activité partielle mis en place en France "protège donc puissamment les emplois et les salariés".

Pour éviter que les difficultés économiques découlant de la crise sanitaire ne se traduisent par des licenciements susceptibles de faire bondir le taux de chômage, le gouvernement a mis en place un dispositif par lequel l'Etat et l'Unedic remboursent aux entreprises le montant des rémunérations qu'elles versent à leurs salariés placés en chômage partiel. A compter du 1er juin, les entreprises devront participer à hauteur de 15%.

Ce dispositif, qui comptait plus de huit millions de bénéficiaires en avril, concernait 12,9 millions de salariés en début de semaine.

(Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey)

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 22:07

La crise économique liée à la pandémie de coronavirus Covid-19 est bien là : les entreprises ont l’intention de licencier après avoir largement réduit leurs effectifs en ne renouvelant pas les CDD ou en limitant le recours à l’intérim et aux indépendants. Selon une enquête menée par la start-up StaffMe, plus d’une entreprise sur cinq compte procéder à des licenciements… dans les mois qui viennent.

22% des chefs d’entreprise comptent licencier

Dévoilée par le journal Le Parisien le 21 mai 2020, l’étude menée par StaffMe, spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et indépendants auprès de ses clients, dévoile que 22% des chefs d’entreprise comptent supprimer des emplois en 2020 pour faire face à la crise, la baisse d’activité et éviter la faillite. StaffMe travaille avec des entreprises de toutes tailles, de la TPE à la grande entreprise.

Les données sont naturellement susceptibles de changer, les chefs d’entreprise broient du noir en ce début de déconfinement. Mais il y a fort à parier que les licenciements, en 2020, seront nombreux. Ils ont déclaré à StaffMe qu’ils comptent se séparer en moyenne de 20% des effectifs, soit un salarié sur cinq.

Combien de salariés licenciés avant la fin de l’année ?

Le calcul du nombre de salariés qui risquent d’être licenciés en 2020 est donc facile à réaliser : si 22% des entreprises comptent se séparer de 20% des effectifs, cela représente 4,4% des salariés en France. Naturellement, il ne s’agit là que d’une extrapolation.

Ce taux, rapporté au nombre total de salariés en France, 22,2 millions, nous donne 976.800 personnes, soit quasiment un million. C’est 8 fois plus que la baisse du nombre de chômeurs de catégorie A sur l’ensemble de l’année 2019 qui était, elle-même, la plus forte baisse dans cette catégorie depuis 2008.

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 18:32

La CRDS, une contribution de 0,5% sur tous les revenus, devait s'éteindre en 2024. Elle sera prolongée jusqu'en 2033. C'est la première facture fiscale de la crise du coronavirus.

C'est une première hausse d’impôt, ou plutôt une non-baisse d’impôt : en tous cas  c'est la première conséquence fiscale de la crise sanitaire devenue économique. Il s’agit de la CRDS, la contribution au remboursement de la dette sociale, qui est prélevée au taux de 0,5% sur tous les revenus : les revenus salariaux, du capital, les retraites, les allocations familiales, etc. 

Cet impôt, qui rapporte beaucoup d’argent pour financer les dettes passées de la sécurité sociale, a été créé il y a bien longtemps, en 1996. Il devait s’arrêter en 2009. Puis en 2014. Puis en 2024. Eh bien voilà, le gouvernement a pris la décision de le prolonger jusqu’au 31 décembre… 2033. Un impôt devait disparaître, il est prolongé. 

Est-ce une hausse d’impôt ? 

Je laisse chacun trancher ce débat, aussi complexe que le changement d’heure d’hiver et d’été. C’est, en tout cas, la conséquence du déficit considérable de la Sécurité Sociale qui commence maintenant et va se prolonger plusieurs années. Moins d’activité économique, ce sont moins de recettes de sécurité sociale et d’impôts pour financer la maladie, la vieillesse, la famille etc. - et, à la fin, ce sont des recettes en plus à trouver. 

L’Etat va concrètementdécharger la Sécu de 130 milliards d’eurospour les transférer à la Cades – je dis cela pour les spécialistes. Sur ces 130 milliards, l’essentiel, ce sont les déficits du régime général attendus pour 2020, 2021 et 2022. Dans le paquet, il y aura aussi une nouvelle reprise de la dette des hôpitaux. 

Voilà comment un impôt qui devait passer de vie à trépas en quelques années vivra quasiment 40 ans. 

Le gouvernement a une autre idée

Une autre idée qui passera mieux et qui montre qu’Olivier Véran travaille déjà sur le monde social d’après le Covid. Il va transmettre aux partenaires sociaux un projet de loi qui va dégager un financement pour le grand âge, en clair la dépendance – au moins deux milliards d’euros. Je vous épargne là encore la technique dans laquelle je me noie aussi, pour dire qu’un petit bout de CSG va être ciblé vers les personnes âgées. 

On est très loin du compte de ce qui est nécessaire, et certains imaginent une cotisation obligatoire nouvelle. Il y aura une négociation sur ce point. 

On le voit : sur le plan fiscal, le monde d’après va ressembler furieusement à celui d’avant.

L'équipe
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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 18:38

C’est le premier grand plan d’économies dans les médias, consécutif au coronavirus et à la crise du marché publicitaire qu’il a engendrée.

Il touche la partie audiovisuelle du groupe Altice (également propriétaire de Libération, dont la cession à un fonds de dotation à but non lucratif a été rendue publique la semaine dernière).

Réunie sous l’appellation «NextRadioTV», cette activité comprend notamment les chaînes BFMTV, RMC, RMC Découverte, BFM Business, etc. Annoncé ce mardi, ce plan, dont le montant d’économies attendu n’est pas précisé, passe d’abord par des coupes dans les effectifs.

Combien exactement ?

L’entreprise ne le dit pas. Un plan de départs volontaires va être proposé aux plus de 1 600 salariés de l’entité.

Les plus précaires vont trinquer : «Le recours aux intermittents, aux pigistes et aux consultants sera divisé par deux», prévient Altice. Mais les titulaires de CDI et de CDD pourraient ne pas être épargnés.

L’entreprise explique que les effectifs «ont augmenté de plus de 50% ces six dernières années». Par ailleurs, elle confirme l’arrêt de la chaîne d’information RMC Sport News et revoit à la baisse son engagement dans les droits sportifs.

«Les licenciements contraints n’interviendraient que si le nombre de volontaires était insuffisant», ajoute le groupe Altice, maison-mère de l’opérateur télécoms SFR, détenue par le milliardaire Patrick Drahi.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 13:29
Dans les Hauts-de-France, les conséquences de l’épidémie de coronavirus sont catastrophiques : la moitié des entreprises de la région accusent une baisse de leur chiffre d’affaires. 

Les conséquences économiques de la crise sanitaire se font déjà sentir. Comme lors des mois de mars et avril, la Chambre de commerce et de l’industrie des Hauts-de-France a mené l’enquête auprès de 2 942 chefs d’entreprises, du 5 au 12 mai, pour connaître leur situation, rapporte France Bleu.

Le constat est sans appel : la situation s’aggrave au fil des semaines. Ainsi, la moitié des entreprises nordistes accusent désormais une baisse de leur chiffre d’affaire : quatre fois plus qu’au mois de mars (14%) et huit point de plus qu’au moins d’avril. La restauration et l’hôtellerie sont évidemment les secteurs d’activités les plus touchés (64%) devant les services (59%) et le commerce de détail (52%). 

Pire encore, un entrepreneur sur cinq envisagerait de licencier devant la difficulté de la situation. Une part qui grimpe même à un tiers dans le secteur de la restauration. Un point positif néanmoins : seules 1% des entreprises disent envisager un arrêt définitif.

Pour autant, les perspectives restent sombres pour les entrepreneurs des Hauts-de-France. Avec le déconfinement, seules 40% des entreprises ont repris totalement leur activité et 35% partiellement. En moyenne, les patrons estiment qu’il faudra six mois pour retrouver le niveau d’activité d’avant la crise. 

Développer des trésors d’inventivité 

France Bleu prend l’exemple de Philippe Hollebecq, dirigeant de l’entreprise Wagnon, spécialisée dans les feux d’artifice et basée à Tourcoing.

Habituellement, il réalisé 80% de son chiffre d’affaire annuel les 13 et 14 juillet. Seulement, face à l’incertitude de la situation, les communes alentours n’ont quasiment fait aucune commande. Pour survivre, Philippe Hollebecq doit être inventif. « J’ai proposé aux communes de décaler les feux à l’automne, ou de les faire sur les hauteurs pour permettre aux gens de les regarder depuis chez eux, ou encore de regarder dans sa voiture », explique-t-il à France Bleu.

L’entrepreneur envisage même une diversification de son activité : « On pourrait se tourner vers les techniques de son pour les feux d’artifice, c’est une piste ». Mais pour tous, un mot d’ordre : « Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps ». 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Déconfinement Emploi - Chômage
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 19:12

(…) Si le dispositif de chômage partiel permet de passer le cap de la crise, en suspendant les contrats de travail, il ne garantit en rien leur pérennité en sortie de confinement et reprise d’activité. Certes, l’État ne repliera pas son plan de soutien du jour au lendemain mais il ne va pas régler pendant des mois les salaires de plusieurs millions de personnes.

Et sans cette perfusion, les entreprises exsangues après des semaines à l’arrêt ou au ralenti n’auront d’autre choix que de licencier. (…)

Toute la question est maintenant de savoir ce que le gouvernement va faire face à ce déferlement attendu et inévitable de plans sociaux. Et ce d’autant que l’emploi a déjà entamé son inexorable descente aux enfers – les déclarations d’embauche ont plongé de 22,6 % en mars, les offres d’emploi cadre, de 40 % (…)

La purge qui se prépare, il faut en être conscient, va être d’une violence, inédite. Les suppressions de postes se chiffreront en centaines de milliers, si ce n’est en millions. (…)

Marc Landré – Responsable du service EcoFrance – Le Figaro

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans CORONAVIRUS Emploi - Chômage
17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:43

Lors du dernier point de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sur la question du chômage partiel, on a découvert que le nombre de salariés, qui bénéficient désormais de ce dispositif, a encore augmenté. En France, il y aura bientôt la moitié des salariés du privé qui ne travaillent plus.

9 millions de salariés au chômage partiel

Selon les derniers chiffres du ministère du Travail, dévoilés le 16 avril 2020, 9 millions de salariés bénéficient du chômage partiel en France. Naturellement, cela ne tient compte que des salariés du privé puisque les chiffres sont liés à la prise en charge à 100% de ce dispositif pour les entreprises : les salariés de la fonction publique sont exclus du décompte.

Comme l’a signalé Muriel Pénicaud, cela représente quasiment « un salarié sur deux ». Dans le privé, en France selon les chiffres officiels de l’Insee pour 2019, on comptait 19,66 millions de salariés (par ailleurs en hausse de 210.000 sur l’année). Si le nombre de salariés au chômage partiel continue de croître, le seuil des 50% sera bientôt atteint… il ne manque plus que 800.000 personnes.

Les premières inscriptions au chômage font exploser les chiffres

D’un autre côté, selon les premières données fournies par Pôle emploi, la situation commence à devenir problématique pour celles et ceux qui ne bénéficient pas du chômage partiel. Pas moins de 117.673 inscriptions à Pôle emploi ont été réalisées du 15 au 21 mars 2020, soit durant la première semaine de confinement.

Muriel Pénicaud commence même à prévenir que le gouvernement pourrait bien ne pas respecter son engagement de campagne, à savoir faire baisser le chômage sous la barre des 7% fin 2022. « Nous étions sur une excellente tendance puisqu'il y a deux mois on annonçait que le chômage était à 8,1%, le plus faible taux depuis 11 ans ; on est loin de cette situation », a-t-elle déclaré. Ce qui l’inquiète, c’est surtout la chute des offres d’emploi : -70% en mars 2020 par rapport au même mois de 2019…

Et, forcément, les chiffres des mois d’avril et de mai ne pourront qu’être pires…

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage CORONAVIRUS
16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 13:33

Si le gouvernement se félicite d'une nouvelle baisse du chômage, d'autres indicateurs nuancent cette bonne nouvelle. La statistique «chômage» écarte en effet certaines populations précaires voire inactives.

300 000 chômeurs en moins depuis le début du quinquennat, avec un taux de chômage qui s'établit désormais à 8,5% selon une publication du 14 août l'Institut national de la statistique (Insee) – se basant sur les normes du Bureau international du travail (BIT) : il n'en fallait pas plus pour enthousiasmer les membres du gouvernement. La porte-parole Sibeth Ndiaye affirme sur Twitter : «Nos réformes commencent à porter leurs fruits : des Français retrouvent un emploi, mais il reste encore trop de chômeurs.»

Ces chiffres viennent à point nommé pour la rentrée gouvernementale. Mais à y regarder de plus près, n'est-on pas face à un usage des chiffres ombrageant une réalité moins réjouissante ? Selon les chiffres de Pôle emploi, on apprend notamment, dans ses statistiques sorties le 25 juillet, que le nombre de radiations par rapport au dernier trimestre a augmenté de 12,8%, soit 45 000 personnes. Or, une radiation d'un individu, signifie une sortie de celui-ci des statistiques du chômage...

Si sur les 12 derniers mois Pôle emploi confirme également une baisse de 0,9% des demandeurs d'emploi en catégorie A, B ou C, soit une diminution d'environ 56 000 chômeurs, le nombre d'inscrits en catégorie D (sans emploi mais disposant d'une formation, d'un contrat de sécurisation professionnelle, ou atteints d'une maladie) a augmenté de 9% sur un an, pour atteindre un peu plus de 285 000 individus précaires au total.

De fait, lorsque Sibeth Ndiaye se satisfait d'un retour de l'emploi, certains commentateurs alertent et contestent la réjouissance des macronistes. L'économiste Guillaume Duval d'Alternatives économiques affirme par exemple que «le recul du chômage au [deuxième trimestre] n'a rien à voir avec une amélioration de l'emploi.

Elle est due uniquement à une baisse des taux d'activités : les gens renoncent de plus en plus à chercher un emploi». «La part de ceux en âge de travailler qui sont totalement sortis du marché du travail (ils n’ont pas d’emploi et n’en cherchent pas) a augmenté cette année», poursuit-il par ailleurs dans son article pour le magazine économique, constatant que «le taux d’emploi des 15-64 ans a diminué au second trimestre 2019».

Pour Guillaume Duval, «les mesures bureaucratiques prises au niveau de Pôle emploi pour dissuader les chômeurs de s'inscrire jouent certainement un rôle dans ce découragement croissant de nombreuses personnes».

L'Insee remarque d'ailleurs qu'au deuxième trimestre 2019, 63 000 personnes de plus sont entrées dans le «halo du chômage» – les personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas comptabilisées parce qu'elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement. Ce «halo» concernerait désormais environ 1,5 million de personnes.

Ajoutons que la croissance est toujours en berne, plafonnant à 0,2% au deuxième trimestre. Nul doute, un éventuel effet positif des réformes, notamment celle sur le code du travail, se fait attendre.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 01:41

Le Groupe Conforama va se débarrasser de 1900 salariés l’année prochaine dans le cadre d’un plan de «transformation profonde et nécessaire». Une coupe budgétaire et sociale énorme, pour une société pas réputée par ailleurs – comme beaucoup dans ces temples de la consommation – pour bien payer ses salariés (tendance à la généralisation du SMIC ou d’un tout petit peu plus que le SMIC pour les employés)

En Bretagne, 1 seul site est touché : celui de La Chapelle des Fougeretz.

Voici la liste des Conforama qui vont fermer en France :

Antibes, 2727 Chemin de Saint-Claude, 06600 Antibes

– Avallon, ZAC Du, Bois Saint-Ladre(Ouest), 89200 Avallon

– Calais, centre commercial La Française, 62231 Coquelles

– Chalon-sur-Saône, Rue des Poilus d’Orient, 71100 Chalon-sur-Saône

– Château-Thierry, 11 Rue Gustave Eiffel, 02400 Château-Thierry

– Chatellerault, rue De La Désirée Z.A. La Désirée, 86100 Châtellerault

– Chelles, 115 Avenue Gendarme Castermant, 77500 Chelles

– Cosne-sur-Loire, route Nationale 7 RN 7, 58200 Cosne-Cours-sur-Loire

– Dreux, rue Henri Potez Z.I. Nord, 28100 Dreux

– Fleury-Mérogis, Avenue de l’Hurepoix Z.I. de la Croix blanche, 91700 Fleury-Mérogis

– Gondreville, 3 Route de Nancy, 54840 Gondreville

– Grenoble, 34 Avenue de l’Europe, 38100 Grenoble

– La Chapelle des Fougeretz, Route de Saint-Malo, 35520 La Chapelle-des-Fougeretz

– La Tour Du Pin, 30 route Nationale Z.I. Pré Noir – Les Abrets-Les-Abrets FR, 38490 Charancieu

– Laon, Avenue Georges Pompidou, 02000 Laon

– Leers, rue des Verdiers Centre Commercial Auchan, 59390 Lys-lez-Lannoy

– Louvroil, Centre commercial Val de Sambre, 59720 Louvroil

– Millau, boulevard Georges Brassens Z.A.C. Cap du Crès, 12100 Millau

– Montauban, 609 Route du N, 82000 Montauban

– Morsbach/Forbach, rue Gérard Barthen, 57600 Morsbach

– Orange, route D’Avignon, N7, 84100 Orange

– Pamiers, rue André Citroën Z.A. des Canounges, 09100 Pamiers

– Paris Étoile, 10 Avenue de la Grande-Armée, 75017 Paris

– Paris Pont-Neuf, 2 Rue du Pont Neuf, 75001 Paris

– Sormiou, Chemin du Roy d’Espagne, 13009 Marseille

– Saint-Dié des Vosges, 3 Rue Antoine de Saint-Exupéry, 88100 Saint-Dié-des-Vosges

– Saint-Genis-Pouilly, 126 rue Du Salève, 126 Rue du Salève, 01630 Saint-Genis-Pouilly

– Saint-Memmie, ZAC De Voitrelle, Avenue Marc Hamet, 51470 Saint-Memmie

– Saint-Ouen, 5 avenue Du Capitaine Glarner, 89 Boulevard Victor Hugo, 93400 Saint-Ouen

– Vélizy, rue André Citroën Centre Commercial La Maison, 78140

– Vendeheim, 6 Rue des Emplettes, 67550 Vendenheim

– Vitry-Sur-Seine, 110 Boulevard de Stalingrad, 94400 Vitry-sur-Seine

Photos d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 13:49

Un ouvrage du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), « La Polarisation de l’emploi en France, ce qui s’est aggravé depuis la crise de 2008 », détaille le recul des emplois à salaire intermédiaire au profit des emplois à bas salaire et des hautes rémunérations.

Dans un ouvrage* paru en mars, deux économistes du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) ont étudié les variations de la structure de l’emploi en France entre 1994 et 2013 à partir des données annuelles déclarées par les entreprises sur leurs salariés.

Leur conclusion est sans appel : les emplois à salaire intermédiaire (techniciens de niveau intermédiaire, ouvriers qualifiés et employés de bureau) ont reculé au profit des emplois à bas salaire, souvent dans les services, et des emplois à haute rémunération (notamment les travailleurs formés aux technologies qui possèdent des compétences dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, surnommés « techies »).

Autrement dit, « les emplois de la classe moyenne se sont raréfiés ou ont même, pour certains, disparu, contribuant fortement au sentiment d’un déclassement irréversible».

Cette spirale est difficile à enrayer : «La réduction de la demande d’emploi à salaire intermédiaire entraîne une augmentation mécanique de l’emploi dans les postes à bas salaire, à la fois par un effet de dislocation des travailleurs à salaire intermédiaire se retrouvant au bas de l’échelle salariale (une personne licenciée retrouve rarement un emploi mieux rémunéré) et par les changements des opportunités d’emploi pour les jeunes arrivant sur le marché du travail», soulignent les auteurs.

Cette évolution en « sablier » de la structure des emplois, comme disent les spécialistes, c’est-à-dire d’écrasement des professions intermédiaires et des classes moyennes, a augmenté les inégalités de revenus. […]

Le Point

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 11:05

Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé ce 29 mars la liquidation judiciaire d'Arjowiggins Papiers Couchés à Bessé-sur-Braye (Sarthe), qui emploie 580 personnes, et la cession partielle de celle du Bourray (270 emplois), à Saint-Mars-La-Brière près du Mans.

«Il y a 800 salariés touchés directement, sans compter les emplois indirects. Il y a eu des liquidations qui ont touché autant de salariés mais autant dans un même département et une même zone géographique, c'est vraiment inédit», a souligné l'avocat des salariés Thomas Hollande. «C'est une catastrophe pour le département de la Sarthe», a-t-il ajouté, faisant part de sa «colère» vis-à-vis de l'Etat.

Pour l'usine de Bessé-sur-Braye, fondée en 1824, le tribunal a prononcé «la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité», a expliqué l’avocat. Pour l'usine du Bourray, il s'agit d'une cession partielle «avec le licenciement de plus de 150 salariés», selon la même source.

A Bessé-sur-Braye, des salariés bloquaient le 29 mars les sorties de camions en plaçant des bobines de papier devant les entrées du site, selon un journaliste de l'AFP. Une cinquantaine de personnes étaient réunies dans la cour intérieure dans une ambiance d'enterrement. Alain, 58 ans et 35 d'usine, faisait part de «son dégoût». «Tout le monde nous a abandonnés, on s'est fait rouler dans la farine», a-t-il estimé.

«On s'y attendait mais là c'est cuit. C'est le coup de massue», a déclaré à l'AFP Abraham Philippe, représentant CGT à Bessé-sur-Braye (580 salariés),

avant même l'annonce officielle.

Peu de perspective d'emplois à moins d'une heure de route

«Il va y avoir 600 personnes dans la région sans emploi et il n'y a rien dans le secteur», a déploré Christine, employée à la logistique, chez «Arjo» depuis 35 ans, parlant d'un «coup très dur». «Il y a une heure de route minimum pour les grandes villes, Blois, Tours ou Le Mans. On a du mal à réaliser que c'est fini», a-t-elle ajouté.

«Tout le monde est sous le choc», a renchéri Jacques Lacoche, le maire de Bessé-sur-Braye (2 200 habitants). «Il y a toujours un espoir de repreneur même après la liquidation judiciaire», a-t-il toutefois affirmé.

Le besoin de financement pour reprendre l'usine de Bessé s'élevait à 40 millions d'euros, selon Thomas Hollande, avocat des salariés, la région s'étant dit prête à apporter 20 millions d'euros.

BpiFrance, actionnaire du groupe en difficulté

Selon l'avocat, l’Etat, la Banque publique d'investissement (BPI) et les dirigeants du groupe «sont responsables de cette situation alors qu'il y avait un projet de reprise viable proposé». Ils «ont refusé de le financer intégralement», a estimé l'avocat. Les trois usines, qui appartenaient au groupe Sequana, ont été placées en redressement judiciaire le 8 janvier. BpiFrance est actionnaire de Sequana à hauteur de 15,4% du capital et détient 17,2% des droits de vote.

«C'est une nouvelle difficile pour le territoire [...] Malheureusement, les financements privés nécessaires pour équilibrer l'offre n'ont pu être réunis», a réagi Bruno Le Maire, le ministère de l'Economie dans un communiqué. 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 19:44

Pour la première fois de son histoire en France, IKEA va supprimer des emplois. Le groupe veut amplifier son adaptation à un marché qui change très vite.

Le secteur du commerce de détail, que ce soit dans l’ameublement ou ailleurs, doit s’adapter rapidement pour ne pas être pris de vitesse par le commerce en ligne. Les modes de consommation ont changé, tout comme les modes de vie : les consommateurs délaissent la voiture (quand ils en ont une), et ils veulent pouvoir récupérer les biens achetés en ligne dans les cœurs de ville. Dans ce contexte, le modèle IKEA doit évoluer.

La fin des grandes surfaces

Le géant suédois de l’ameublement a bâti son succès sur de vastes surfaces en périphérie des villes. L’entreprise doit se rapprocher de ses clients, c’est pourquoi IKEA va implanter une quarantaine de sites « click & collect », ainsi que des points relais dans les villes moyennes. Dans ce contexte, le groupe a annoncé en septembre dernier la suppression de 7 500 postes dans le monde d’ici 2020. Pour la France, ce sera une cinquantaine d’emplois qui vont disparaître.

Une cinquantaine de postes en France

D’après Le Parisien, IKEA va supprimer 209 postes, principalement dans les ressources humaines et dans l’immobilier, et en créer 160. Les suppressions de postes auront lieu avant l’été. IKEA s’est installé en France en 1981 et depuis, l’entreprise n’a cessé de croître.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 19:23

Le groupe aéronautique français veut ouvrir deux usines dans l’Hexagone mais ne parvient pas à trouver de lieux favorables en raison notamment des difficultés administratives. Son directeur général, Philippe Petitcolin, se demande même s’il n’y a pas plus d’appétit pour attirer les entreprises étrangères que françaises.

L’histoire paraît invraisemblable. En plein débat sur l’emploi industriel en France avec la fermeture de l’usine de Ford à Bordeaux ou les menaces qui pèsent sur l’aciérie d’Ascoval, un groupe industriel français veut ouvrir deux usines dans l’Hexagone plutôt qu’à l’étranger, mais rencontre toutes les peines du monde pour y parvenir en raison des lourdeurs administratives françaises.

C’est ce qui arrive aujourd’hui au groupe aéronautique Safran. Son directeur général, Philippe Petitcolin est prêt à investir près de 300 millions d’euros pour monter ces deux usines, l’une dans la fabrication de pièces en 3D, l’autre dans la fabrication de pièces en carbone. De tels sites permettraient de créer près de 300 emplois. Problème, Philippe Petitcolin ne peut confirmer aujourd’hui qu’elles verront bien le jour en France. (…)

Pas d’alignement entre les différents étages administratifs

Philippe Petitcolin a mis en lumière l’absence de politique coordonnée entre les différents centres les décisions, l’Etat, la Région, les communautés de communes, les communes.

« Les gens sont de bonne volonté. Mais rien n’est organisé. Rien n’est fait pour aider l’industriel à décider en faveur de la France. Dans les ministères, les gens sont pleins de bonne volonté. Derrière, que se passe-t-il ?

Vous vous retrouvez tout seul, vous allez dans une région, vous allez tomber sur la communauté de communes qui va vous dire que dans une commune nous avons droit à cela mais pas dans une autre, etc…

On rentre dans un ensemble administratif extrêmement complexe dans lequel chacun a son domaine de responsabilité et ne va pas au-delà. Au final, cela ne donne rien. Il faut faire soi-même le liant et même avec cela, il n’a pas toujours l’appétit pour pouvoir attirer les entreprises.

On a peut-être plus d’appétit pour les entreprises étrangères que pour les entreprises françaises même si elles sont les plus belles du monde »

(…)

La Tribune

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage économie
25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 20:31

Ford a confirmé le 25 février qu'il refusait la dernière offre de reprise de son usine de Blanquefort, près de Bordeaux, par le groupe belge Punch et qu'il continuait de privilégier un plan social pour les 850 salariés du site.

«Ce matin, Ford a confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel et rester concentré sur l'approbation du plan social», a déclaré un porte-parole de l'entreprise à l'AFP. Il a affirmé que, pour le constructeur américain, ce plan restait le choix «permettant aux salariés d'avoir le plus de visibilité sur leurs options à venir».

Le délégué interministériel aux restructurations d'entreprises Jean-Pierre Floris avait déjà annoncé le 22 février ce choix de Ford aux syndicats de l'entreprise qui en avaient informé les médias. Toutefois, ni l'entreprise, ni Bercy, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, ne l'avaient confirmé jusqu'ici.

«Si cette décision de Ford devait être confirmée, nous exigerions de l'entreprise qu'elle prenne toute ses responsabilités sociales et financières vis-à-vis de ses salariés et du site industriel», avait simplement déclaré un responsable du ministère des Finances, laissant entendre que le gouvernement se résignait à voir fermer l'usine.

Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, une réunion prévue le 25 février en fin d'après-midi à Bercy devrait être l'occasion d'entériner cette fermeture, en l'absence de repreneur solide et faute d'accord de Ford pour une solution alternative. L'administration ayant rejeté fin janvier le plan social de Ford, le gouvernement avait profité du répit pour faire pression sur tous les acteurs afin de trouver une solution.

La nouvelle offre de reprise par Punch Powerglide, dont le contenu n’a pas été rendu public, avait été annoncée triomphalement par Bercy le 28 février mais Ford avait déjà rejeté une première proposition à la mi-décembre en expliquant qu'elle ne lui paraissait pas assez solide, et affirmant qu'un plan social serait plus avantageux pour les salariés.

Une fermeture désormais presque certaine

Même les syndicats se montraient «inquiets» face à l'offre de Punch qui maintenait près de la moitié des emplois mais n'était pas accompagnée de lettres d'intention de clients, faisant redouter un carnet de commandes insuffisant pour faire tourner cette usine de boîtes de vitesse.

Pour Ford la revente du site pourrait s’avérer en fin de compte plus onéreuse que sa fermeture pure et simple. En effet, en cas d’échec du plan de reprise par l’entreprise belge spécialisée dans la construction de boîtes de vitesses, Ford pourrait conserver des responsabilités sociales vis-à vis des salariés de l’usine.

La loi (article L. 1224-1 du code du travail) stipule en effet que «lorsque survient une modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l'entreprise, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise».

Or, le constructeur automobile américain cherche depuis près de dix ans à se débarrasser de son site industriel en Aquitaine. La question s'était déjà posée en 2013. A l'époque la direction avait fini par accepter un plan quinquennal de maintien de l'emploi, en échange de millions d'euros de subventions, mais ce plan est arrivé à échéance en octobre 2018.    

Le groupe belge Punch s'est alors proposé de racheter le site mais Ford avait refusé cette proposition. Décision que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait qualifiée de «trahison», laissant planer l'hypothèse d'une nationalisation provisoire du site. Cette option semble aujourd’hui beaucoup moins vraisemblable que la fermeture définitive de l’usine.

Philippe Poutou, ancien candidat à l'élection présidentielle en 2017 et délégué CGT à l'usine de Blanquefort, a réagit dans un communiqué en déclarant : «Nous ne nous satisfaisons pas du discours d’impuissance de l’Etat.»

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage